La Semencerie est un collectif composé de six fermes francs-comtoises collaborant depuis près de deux ans sur le projet PEPs, aux côtés de la Région Bourgogne-Franche-Comté, du réseau Bio et des magasins Biocoop. Cette collaboration a pour vocation de rétablir l’autonomie alimentaire régionale et nationale, en aboutissant à la création de nouvelles variétés de légumes.
La création variétale : une réponse à des contextes de tension
Sébastien Desgeorges, maraîcher et membre de la Semencerie nous l'affirme : “nous [les agriculteurs français] dépendons de chaînes logistiques pour nous nourrir et ces chaînes dépendent de notre capacité à avoir accès aux énergies « pas chères ». Avec les guerres récentes et les modifications climatiques, cette facilité est mise à mal“.
Le projet PEPs réunit les fermes francs-comtoises pour atteindre une production orientée davantage vers la population locale, en développant de nouvelles variétés de légumes. Des essais sont réalisés par les fermes, en pratiquant le “métissage“ des graines, c’est-à-dire cultiver différentes variétés de graines sur une même terre pour favoriser le croisement entre les espèces.
Des essais favorisant l’économie locale et nationale
Le projet PEPs a pour ambition d’opérer une transition du monde agricole et dénonce “les choix faits par nos gouvernements et le syndicat agricole qui promeuvent l'agriculture industrielle et donc la majorité des surfaces agricoles françaises servent ce modèle plutôt que de produire de la nourriture consommable directement“, un modèle d’exploitation et de distribution considéré par Sébastien Desgeorges comme “déconnecté de la vie des gens“.
De nos jours, rappelle le maraîcher franc-comtois, le secteur agricole français ne produit plus pour ses habitants mais pour les marchés internationaux, tandis que les aliments que consomment les Français proviennent d’autres marchés agricoles. Sébastien Desgeorges illustre ses propos avec cette statistique : “il y a 20 ans, nous produisions 80% de nos légumes et fruits. Aujourd’hui, on en importe 80%“. Tout est dit.
Ainsi, l'organisation du collectif de la Semencerie diffère de la politique agricole actuelle, en travaillant avec des fermes d’un même territoire pour “ définir les besoins de ce territoire et d'y répondre“, c’est-à-dire construire un circuit d’alimentation vivrier, dont les fruits et légumes seront cultivés localement pour nourrir les habitants locaux.
Une campagne de dons pour soutenir le programme
Les coûts liés aux expériences variétales et aux efforts fournis par les fermes du projet PEPs s’élèvent à 65.000 euros. Depuis deux ans, le financement de ce projet agricole tient grâce à plusieurs levées de fonds, dont celles fournies par la région Bourgogne-Franche-Comté, le réseau Bio et les supermarchés Biocoop, correspondant à un montant commun de 40.000 euros, soit 61,5% des coûts du projet.
Actuellement, près de 25.000 euros doivent être versé pour couvrir l’ensemble des coûts du programme agricole. Pour parvenir à cet objectif, le collectif des fermes a lancé une campagne de crowdfunding sur la plateforme Ulule, où chaque personne souhaitant apporter sa pierre à l'édifice peut faire le don d'un certain montant et écrire un commentaire d’encouragement ou de soutien envers ce dernier. Aujourd’hui, plus de 8.100 euros ont déjà été levé par la campagne de dons.


