Elle était emblématique du paysage de Planoise pour certains, une verrue obstruant le ciel bisontin pour d’autres, la cheminée de Planoise, construite en 1972 et haute de 62 mètres, ne fera quoi qu’il en soit bientôt plus partie du paysage. Sa démolition a débuté ce mercredi 10 juin 2026 à Besançon et durera pendant près de trois semaines. La tour sera grignotée progressivement de son sommet vers sa base, le tout dans un dispositif confiné permettant de limiter les émissions de poussières.
Ce chantier s’inscrit dans un programme plus large de transformation du site, qui comprend également la dépose des anciennes cuves de charbon et de fioul. À terme, ces espaces libérés permettront l’implantation de nouveaux équipements, notamment des dispositifs de récupération de chaleur sur les fumées de combustion visant à optimiser la performance énergétique du réseau grâce à 5,1 MW de puissance supplémentaire.
Un "symbole visible d'une décarbonation réussie"
Pour Anthony Nappez, vice-président en charge des bâtiments, réseaux de chaleur et des énergies renouvelables à Grand Besançon Métropole, cette déconstruction est avant tout le "symbole visible d’une décarbonation réussie". Autrefois, la chaufferie et sa cheminée avaient été construites afin de permettre de chauffer Planoise, qui était à l’époque un quartier en plein développement, mais également le CHU et quelques bâtiments publics et tertiaires. La cheminée était alors indispensable pour disperser les fumées issues de la combustion du fioul lourd, puis du charbon à partir de 1983.

Depuis, le réseau de chaleur urbain, exploité par Engie a peu à peu muté abandonnant progressivement les énergies fossiles (charbon en 2017, fioul en 2021) au profit de la mise en service d’une chaudière biomasse, puis de la reprise de chaleur de l’usine d’incinération. Il est aujourd’hui "un réseau en pleine transformation et en plein essor", a analysé Matthieu Bonvoisin, le directeur Nord Est des infrastructures énergétiques locales Engie.
100 M€ investis d'ici 2030
Ce chantier de démolition "s’inscrit dans un programme plus large de transformation du site et du réseau" a souligné le président de Grand Besançon Métropole, Ludovic Fagaut. La déconstruction de la cheminée de Planoise marque l’entrée résolue du réseau grand bisontin "dans une nouvelle ère" avec une chaleur issue "à plus de 90% d’énergies renouvelables, des émissions de CO2 divisée par trois et un réseau qui s'étendra d'ici 2030 pour chauffer près d'un bisontin sur quatre".

D’ici 2030, GBM aura investi "plus de 100 M€ pour décarboner son énergie", a encore souligné le président. Le développement du réseau se poursuit actuellement en direction de la boucle est qui devrait aboutir "à l’horizon de septembre 2027". Si pour l’instant, du côté du secteur Est, "le projet évoqué dans les journaux d’une chaufferie au milieu du lycée Pergaud" est aujourd’hui "à l’arrêt", le président a reconnu qu’il allait tout de même falloir "réfléchir et trouver des solutions sur un réseau de chaleur sur le côté Est à l’horizon 2030".


