L'Hôpital Saint Jacques... toute une histoire !

Publié le 23/10/2012 - 08:00
Mis à jour le 20/03/2013 - 13:01

J’ai connu l’hôpital Saint Jacques en décembre 1965 quelques jours avant Noël. J’ai été abandonné par deux de mes soeurs (ma mère n’ayant pas eu le  courage de le faire ) à St Vincent de Paul,  50m à droite sous le second porche puis au 1 er étage. C’est soeur Saulnier qui nous accueillait. Elle était de la congrégation des soeurs de Pesmes. Je suis venu plusieurs fois entres les maisons d’enfants… lieu de souffrances , de séparations , lieux de parking pour enfants , maltraités , battus ou pire ! Cet hôpital ne doit pas disparaître bien au contraire lui donné un autre souffle de vie…
 

témoignage

1966. Oui je me souviens. Il y avait un cerisier dans le parc et les branches étaient très basses, il nous était défendu de prendre des cerises, j'avais 6 ans à peine, quelle erreur impardonnable de me faire prendre par ce directeur bourreau d'enfants, il m'a envoyé directement dans ce cachot pour enfants j'y suis resté 2 bonnes journées, période traumatisante de ma vie. Une pièce totalement vide, même pas un livre alors que dans les prisons en France on avait le droit à la lecture. Des gros barreaux et un jolie grillage pour m'empêcher de mettre ma main dehors, expérience de la vie , ce n'est que le début d'une longue et triste vie, chemin tortueux, chemin de croix, chemin de tortures et de peines.... On faisait quelques promenades par beaux temps pendant les vacances scolaires, on n’allait pas bien loin avec nos petites jambes, j'avais l'impression de faire des kilomètres jusqu'au château d'eau. On montait le long du mur qui séparait un grand champ d'épinard c'était des grandes feuilles vertes, déjà enfants le mot " épinard " nous faisait frémir brrr...    

Mais qui a trouvé un nom pareil ? Pas de visite, je pensais souvent à mes parents qui était loin (Besançon) parti de l'hôpital Saint-Jacques du Foyer de Saint Vincent de Paul tôt le matin 3 heures j'avais pris une micheline pour venir à Lyon, de nuit déjà la journée c'est pénible dans ces trains alors de nuit je vous dis pas et en plus c'était l'hiver on était dans une voiture sans chauffage en tout les cas je me souviens d'être arrivé en taxi à la Maison des Enfants, j'étais frigorifié, grelottant de froid.

 Dur, dur les voyages avec la DDASS c'était pas une partie de plaisir, j'étais de la viande vivante et rien d'autre, pourquoi je dis çà, tout simplement je rapportais un prix de journée que la DDASS reversait aux Maisons d'Enfants qui m'accueillaient... Des nuits entières je pleurais, la séparation avec ma famille a été rude et grave pour moi et pour mon avenir, je savais malgré mon jeune âge, que ma vie va être un long chemin pénible, du moins je le préssentais !

Je me souviens des derniers moments de cette vie collective, on avait fait un spectacle de BABAR sur les marches d'escalier qu'il y avait à l'entrée de cette grande maison, on était tous déguisés en éléphants verts, c'était  mes derniers instants avant de continuer mon périple vers  Albigny sur Saône (69)  en face de Neuville... Rayon de Soleil sauvegarde de l'enfance ...  avec ce rayon de soleil j'ai pris un sacré  " coup de soleil "   dans cette maison. Un sacré coup sur la tête !

Société

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