"Il ne faut pas que ce genre de comportement démotive les maires", souligne Jean-Claude Girard, 62 ans, qui dirige depuis 2008 la commune de moins de 1.200 habitants proche de Dijon. Le 23 mai 2021, le maire avait demandé de ralentir à un homme qui faisait du quad à vive allure sur un chemin piétonnier. "Il y a des enfants, c'est dangereux, je lui ai dit", avait raconté M. Girard lors du procès de première instance, en décembre 2023.
"Qui t'es, toi, pour me parler comme ça?", lui avait rétorqué le quadiste. "Je suis le maire de la commune, responsable de la tranquillité publique", avait souligné l'élu, pour se voir répondre: "Rien à foutre. Je descends te casser la gueule". Le quadiste avait alors appelé des "renforts" et lancé une "expédition punitive", selon les mots du parquet. Le maire avait notamment reçu un coup de barre de fer sur le crâne.
- Sept jeunes hommes ont été condamnés pour ces faits en appel, en décembre 2025, à des peines allant jusqu'à un an ferme.
"L'agression a été violente mais ce qui a été compliqué aussi, c'est la longueur du tunnel judiciaire, cette attente très longue" entre les faits, en 2021, et le procès en appel, quatre ans plus tard, souligne le maire. Mais, "à aucun moment, je n'ai remis en question le mandat en cours", assure-t-il, "parce que j'ai eu aussi énormément de témoignages de soutien, d'élus au niveau national ou local, et de citoyens".
"Et je me suis dit: la population est très attachée aux maires des communes et, donc, l'agression, plutôt que de me démoraliser, m'a permis de continuer et j'ai rebondi", lâche-t-il. M. Girard, qui avait été élu conseiller municipal en 1995 avant de devenir maire en 2008, a donc décidé de repartir en campagne pour les municipales de mars prochain.
"Il ne faut pas baisser la tête. Je comprends que certains maires ne puissent pas continuer mais, moi, c'est une fonction qui m'attire toujours". "La motivation est toujours présente", même si l'agression a laissé des traces, reconnaît-il. "Je n'y pense pas tous les jours", dit-il pudiquement, avant de reconnaître que, maintenant, il se "fait accompagner d'un élu" sur "des rendez-vous sensibles" où il pourrait être amené à dire "non" pour un problème lié à de l'urbanisme par exemple.
(Source AFP)


