"La peur va changer de camp" : Ludovic Fagaut veut être "le maire de l'ordre" à Besançon

Publié le 27/02/2026 - 17:30
Mis à jour le 27/02/2026 - 16:10

Municipale 2026 • Le candidat Les Républicains à la mairie de Besançon, Ludovic Fagaut, a présenté ce vendredi 27 février 2026 les grandes lignes de son programme consacré à la sécurité lors d’une conférence de presse organisée sur la terrasse d’un café place Jouffroy-d’Abbans, dans le quartier Battant. À ses côtés se trouvaient plusieurs colistiers, dont Manon Monnier, Emmanuelle Huot-Cusenier, Jean-Pascal Reyes et le député MoDem du Doubs Laurent Croizier.

Le choix du lieu de cette conférence de presse n’était pas anodin. Le candidat a expliqué que ”ce n’est pas un hasard si nous sommes ici pour parler de ce sujet, Battant est un lieu de vie extraordinaire, martyrisé par des incivilité, de la prostitution, les trafiquants, etc.”, évoquant également les problématiques rencontrées dans la Grande Rue, notamment "la mendicité agressive". Affirmant vouloir marquer une rupture, il a assuré : ”on va mettre un stop à tout ça.”

Une priorité affichée : restaurer l’ordre

Tout au long de son intervention, Ludovic Fagaut a placé la sécurité au cœur de son projet municipal, estimant que ”la sécurité se construit” et affirmant son ambition de devenir ”le maire de la sécurité et de l’ordre retrouvé.” Pour le candidat, ”la sécurité pour nous, c’est la liberté et sans sécurité, il n’y a pas de vie”, condition indispensable selon lui pour permettre aux habitants de vivre sereinement dans tous les quartiers.

Critiquant le mandat de la maire sortante Anne Vignot, il a jugé que ”le laisse-faire et le laxisme a assez duré”, estimant que ”six années de laxisme, ça laisse des traces : on a des chiffres accablants et tous vérifiables.” Dans cette logique, il a promis que ”la peur va changé de camp” et assuré qu’il serait ”le maire de l’ordre”, ajoutant encore : ”je ne tremblerai pas.”

Une hausse de la délinquance mise en avant

Pour étayer son diagnostic, Ludovic Fagaut a présenté plusieurs données relatives à la délinquance locale. Il a notamment affirmé que ”Planoise c’est 15% de la population avec 47% des faits de délinquance à Besançon, avec une hausse de 88% de délinquance enregistrée en 2024”, tandis que ”Battant, c’est 3% de la population et 20% des faits de délinquances.”

Rappelant que le nombre de faits recensés serait passé de 1.748 en 2023 à 3.573 en 2024, il a estimé qu’”on se doit de protéger les Bisontins pour restaurer un climat de sécurité, ce sera tolérance zéro.”

Un nouvel hôtel de police municipale

Parmi les principales mesures annoncées, figure la création d’un hôtel de police municipale au cœur de l’Arsenal, intégrant le centre de supervision urbaine. Jean-Pascal Reyes, ancien commandant de la police nationale à Besançon, a expliqué que ”l’hôtel de police municipale intégrera le Centre de supervision urbainepour être plus prêt du coeur de ville, aujourd’hui il est complètement obsolète.”

Le futur équipement doit permettre de ”recentrer hôtel de police, les services et le CSU” et comporter ”une zone d’accueil pour les bisontins et bisontines, ouverte à tous pour échanger avec les policiers municipaux”, ainsi que des espaces dédiés aux différentes brigades. L’objectif affiché est aussi d'”occuper, saturer le territoire et permettre aux gens de sortir après 18h, après 20h", assure le numéro 7 sur la liste de Ludovic Fagaut.

La candidat prévoit par ailleurs de renforcer significativement les effectifs, affirmant qu'”on va doubler les effectifs pour atteindre 100 agents de police municipale” et qu’il faudra ”saturer le territoire aujourd’hui en policiers municipaux à l’horizon du mandat.” Selon lui, l’attractivité du métier reposera notamment sur ”l’armement, les missions confiées, le respect et la considération de l’élu et la rémunération.”

Jean-Pascal Reyes a pour sa part estimé que ”l’armement létal est une évidence pour nous”, rappelant que les policiers municipaux interviennent souvent en premiers sur les scènes d’intervention.

Ludovic Fagaut et Jean-Pascal Reyes © Alexane Alfaro

Vidéoprotection et bornes d’urgence

Le candidat souhaite également renforcer la vidéo-surveillance. Alors que Besançon compte actuellement 196 caméras pour 562 rues, il estime que ”toutes nos rues doivent être équipées de caméras”. Il a notamment regretté que sur ”le plus gros point de deal qui est dans la Grande rue, vers le Café Colombus, il n’y a pas une seule caméra.”

Son programme prévoit aussi l’installation de bornes d’appel d’urgence reliées aux caméras, présentées par Jean-Pascal Reyes comme ”le maillon manquant entre le citoyen et la vidéoprotection.” Ces dispositifs impliqueraient que ”les personnes soient filmées et sanctionnées en cas d’abus, de faux signalement.”

Lors de la conférence de presse, la colistière Manon Monnier, étudiante, a évoqué une expérience personnelle survenue six mois plus tôt, expliquant avoir été suivie dans la rue, avec sa sœur, par deux hommes leur proposant des projets obscènes et avoir préféré appeler son père plutôt que la police, par crainte que celle-ci ne se déplace pas.

Dans ce contexte, Ludovic Fagaut souhaite aller ”encore plus loin” que le dispositif Angela afin de renforcer les solutions d’alerte pour les personnes en situation d’insécurité.

Incivilités, mendicité et respect des règles

Le candidat entend également agir contre les incivilités du quotidien, affirmant vouloir ”faire cesser cette mendicité agressive en faisant appliquer la loi.” Concernant les dégradations urbaines, il résume son approche par la formule : ”tu dégrades ton territoire, tu paies ou tu répares. Ce sera tolérance zéro face aux incivilités.”

Emmanuelle Huot-Cusenier a rappelé que ”ce n’est plus une infraction depuis plusieurs années, mais il y a la possibilité de prendre des arrêtés, de délimiter la portée” concernant la mendicité.

Manon Monnier et Emmanuelle Huot-Cusenier © Alexane Alfaro

Questions sociales et sécurité

Abordant la situation sociale locale, Ludovic Fagaut a déclaré que ”Besançon ne sera plus le déversoir de la misère que certaines villes ne veulent plus avoir”, tout en soulignant que ”Besançon est une terre humaniste et de solidarité, elle doit accueillir, mais à la hauteur de ses moyens, et accueillir moins mais mieux.” Évoquant une rencontre récente avec la boutique Jeanne Antide, il a rapporté que la structure était ”saturée, ils ne savent plus comment faire.”

Son programme inclut également la création d’un conseil des droits et des devoirs des familles et la promotion du contrat de parentalité.

Police de proximité et lutte contre les rodéos

Ludovic Fagaut souhaite également saisir les véhicules impliqués dans les rodéos urbains afin de ”les réduire en boîte de conserve.” Il défend le retour d’une présence territoriale renforcée, expliquant vouloir ”retrouver cette police de proximité dans tous les quartiers” grâce à des unités dédiées capables de ”tracer du maillage avec les commerçants, les habitants.”

Une police municipale des transports serait également créée pour "intensifier la présence dans les transports" en plus de la brigades de sécurisation des transports en commun de la police nationale.

"Pour Madame Vignot, l’ennemi c’est l’État, pour nous ce sont les délinquants"

Le député Laurent Croizier a dénoncé une absence de priorité accordée à la sécurité par la majorité municipale, déclarant ”je ne comprends pas pourquoi depuis 6 ans, la sécurité est un tabou pour cette municipalité” et estimant que ”ce ne sont pas les plus riches qui sont agressés.” Selon lui, ”pour Madame Vignot, l’ennemi c’est l’État, pour nous ce sont les délinquants.”

Ludovic Fagaut a néanmoins précisé qu’”il ne s’agit pas pour nous de faire de la police municipale un deuxième police nationale”, tout en souhaitant concrétiser la création d’un second commissariat à Planoise.

Jean-Pascal Reyes et Laurent Croizier © Alexane Alfaro

Un programme sécuritaire revendiqué

En conclusion, le candidat a défendu une orientation politique claire, affirmant qu’”on n’attrape pas les délinquants avec des sprays aux huiles essentielles” et promettant qu'”on mettra les bonnes personnes aux bons endroits.” Il a présenté son projet comme ”un programme de rupture, radicalement opposé à ce qu’on a vécu pendant 6 ans.”

Jean-Pascal Reyes a finalement résumé la philosophie défendue par l’équipe en affirmant que ”l’insécurité est une injustice sociale.”

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