Sécurité pendant la fête de la musique à Besançon : "On va tenir des postes clés, mais on ne sera pas armés"

Publié le 20/06/2017 - 12:09
Mis à jour le 16/04/2019 - 14:11

Le syndicat national des policiers municipaux a déposé une lettre ouverte au maire de Besançon dans laquelle il dénonce la position agents non armés pendant la fête de la musique qui se déroulera mercredi 21 juin 2017 au centre-ville de Besançon. "Est-on en état de guerre ou non ? Est-ce sérieux ? Si oui, il faut faire les choses pleinement", indique Daniel Rozzi, délégué régional de Franche-Comté.

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D'une part, "Notre problème par rapport à la fête de la musique c'est que tout le monde s'accorde à dire que l'on est en guerre, on a mis en place une sécurité autour de cette fête de la musique qui n'a jamais encore été atteinte à Besançon : on réduit les lieux, on boucle les entrées, on met des blocs de béton, etc. Et paradoxalement, les agents qui vont contrôler les points d'accès sont armés de tasers, sans arme à feu et je peux même vous dire qu'on aura deux collègues qui ne seront pas du tout armés parce qu'ils sont stagiaires !", nous explique Daniel Rozzi. Et d'ajouter : "Est-on en état de guerre ou non ? Est-ce sérieux ? Si oui, il faut faire les choses pleinement".

D'autre part, le délégué régional de Franche-Comté au syndicat national des policiers municipaux indique que "le patron des policiers nationaux, qui sont bien armés, leur interdit d'être à des postes fixes, potentiellement dangereux, par mesure de sécurité, ils devront toujours être mouvement, à pied ou en voiture". 

"100% des policiers municipaux à Besançon souhaitent porter une arme"

Un paradoxe qui invite une nouvelle fois la question de la police municipale armée ou non à Besançon dans le débat public. Jean-Louis Fousseret avait une nouvelle fois, en août 2016, après l'attentat de Nice, précisé qu'il ne cèderait pas et qu'il n'armerait pas sa police municipale. Il avait déclaré qu'armer sa police municipale "la mettrait davantage en danger". "Pourtant, 100% des policiers municipaux à Besançon souhaitent porter une arme", souligne Daniel Rozzi, "et notre direction est d'accord avec nous, elle se rend bien compte que dans nos missions quotidiennes, être armé, c'est le minimum".

Pour rappel, en Franche-Comté, les maires des villes de Belfort, de Montbéliard et d'Audincourt ont armé leurs policiers municipaux.

"On veut faire remarquer à Monsieur le Maire que s'il y a un problème, il l'aura cherché"

Le syndicat souhaite dire à la population que "nous allons assurer le service même sans être armés malgré tout ce que peuvent penser Bisontins, les policiers municipaux sont professionnels, ils sont attachés à leur travail, leur fonction et leur ville. On aurait pu dire qu'on fera grève ce jour-là, mais on y ira au boulot, mais encore une fois on veut faire remarquer à Monsieur le Maire que s'il y a un problème, il l'aura cherché, de toute façon il est responsable de notre sécurité et de celle de ses concitoyens". 

"Si quelqu'un ne veut pas présenter son sac, doit-on le plaquer au sol et le menotter ?"

La fouille des sacs ou l'exigence d'une pièce d'identité n'entrent pas dans les prérogatives d'un policier municipal. "Ce soir-là, on va pouvoir demander aux gens d'ouvrir leurs sacs. Mais si quelqu'un ne veut pas présenter son sac, doit-on le plaquer au sol et le menotter ? Appeler la police nationale ?", se demande Daniel Rozzi, "Et d'ici l'arrivée de la police nationale, qu'est-ce qui peut arriver ? On en revient toujours à la même chose : est-ce que c'est sérieux ou non ? Est-on vraiment en état de guerre ?".

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LETTRE OUVERTE A MONSIEUR LE MAIRE DE BESANCON. 

       "Monsieur le Maire, le SNPM a été saisi par des fonctionnaires de la police municipale de Besançon, par rapport aux conditions des services de sécurité en point fixe. En effet, comme vous avez  pris la décision de ne pas armer vos policiers d’armes létales, lors de ces services ils se retrouvent exposés inutilement, sans possibilité pour eux de se défendre et surtout de protéger efficacement les bisontins.

       Nous apprenons qu’un service de sécurité a été initié pour la fête de la musique sur la boucle et le square Bouchot. Les fonctionnaires de la police municipale seront donc déployés pour assurer la sécurité des lieux. Alors qu’il a été pris en compte les moyens de sécurisation, tels que : blocs en béton, accès réservés etc.., quels moyens, en cas d’attaque terroriste, avez-vous pris pour protéger vos fonctionnaires ?  Des tasers ? Sachant, en plus, que tous vos policiers n’en sont pas dotés ! (stagiaires, fonctionnaires en attente de formation).

       Il semblerait que vous ne désirez pas armer convenablement votre police, sous prétexte que vous ne voulez pas que la police municipale se substitue à la police nationale. Il semble également, que le fait de ne pas envoyer les policiers municipaux dans des endroits sensibles ne nécessite pas de les armer.

       Au SNPM, nous sommes tous des agents de terrain, en service et travaillant sur la voie publique, chaque jour et chaque nuit. Souvent primo-, et nous savons que sur le territoire français, à ce jour, tout peut arriver, partout ! Aucun lieu n’est protégé ! Chaque lieu peut devenir sensible à chaque instant. Les divers attentats que notre pays a subi, démontrent qu’aucune ville, aucun quartier, aucun lieu, n’est à l’ abri d’une attaque terroriste.

       Il devient dangereux d’exposer des fonctionnaires sans moyen de défense. Et il est légitime que vos policiers municipaux s’inquiètent de la façon dont ils se retrouvent à sécuriser des sites recevant du public sans réels moyens de dissuasion et de protection. En fonctionnaires professionnels et formés, ils assureront malgré tout ce service par respect pour vos concitoyens et parce qu’ils se sont concernés par la sécurité apportée à votre ville. Mais il semblerait que sur ce service prévu le 21 juin, la police nationale effectuera des patrouilles dynamiques, ce qui laisserait la police municipale gérer principalement cette manifestation. Nous espérons de tout cœur que rien de fâcheux ne se produira durant cette manifestation qui pourrait mettre alors en cause votre seule et entière responsabilité. Car le premier devoir d’un maire, n’est il pas de protéger sa population et son personnel ?

       Monsieur le Maire, prenez en compte les changements qui bouleversent nos habitudes et notre beau pays. De nos jours, il n’est plus possible de gérer une police municipale, comme il était possible de le faire il y a une décennie. Notre pays est en guerre et l’intérêt général nécessite de prendre des décisions fortes, qui engagent la sécurité de vos concitoyens. La police municipale est un acteur majeur de la lutte contre l’insécurité et s’inscrit également dans le plan de lutte contre le terrorisme. L’ignorer, est une erreur politique importante. La police municipale est la troisième force de sécurité de ce pays, elle est formée et professionnelle.

       Vos policiers malgré leurs inquiétudes sont prêts et volontaires pour assurer des missions qui engagent leur vie. Donnez leur les moyens de les exécuter convenablement et en sécurité

       Monsieur le Maire le SNPM se tient à vos cotés pour toute aide à apporter à la mise en place de l’armement de votre police municipale et souhaite que vous apporterez une attention toute particulière à notre requête et celle de votre police.

       Dans l’attente d’une réponse positive de votre part, veuillez agréer Monsieur le Maire, l’expression de nos sentiments distingués.

Le bureau national du SNPM."


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