Un radiologue du CHU de Besançon teste une intervention médicale en apesanteur

Publié le 02/07/2026 - 17:55
Mis à jour le 02/07/2026 - 15:40

Radiologue au CHU Besançon Franche-Comté, le Dr Romain Capocci a participé à une expérience scientifique inédite : réaliser une néphrostomie en apesanteur, à bord d’un vol parabolique. Menée dans le cadre du projet IRIS — Interventional Radiology In Space — en mars 2026, cette expérimentation vise à évaluer la faisabilité de gestes de radiologie interventionnelle en situation de micropesanteur, en prévision des futures missions spatiales habitées.

 © CHU Besançon Franche-Comté
© CHU Besançon Franche-Comté

C’est dans le cadre d’un projet associant depuis 2020 le Centre national d’études spatiales (CNES), l’Institut de médecine et physiologie spatiales (MEDES) et la Société française de radiologie (SFR), et porté par le Dr Jérôme Soussan, radiologue à l’AP-HM, que le Dr Capocci a pu réaliser cette expérience inédite, précise le CHU Besançon Franche-Comté dans son communiqué.

Avec trois autres collaborateurs, Romain Capocci a ainsi embarqué le 19 mars dernier à bord d’un Airbus A310 exploité par la société Novespace, filiale du CNES. Deux autres vols ont eu lieu, avec à chaque fois d’autres collaborateurs, radiologues et non-médecins.

Anticiper les problèmes de santé lors des missions spatiales

L’avion effectue des vols paraboliques, suivant une trajectoire en forme de cloche, recréant ainsi une situation d’apesanteur pendant environ 22 secondes par parabole. Trente-et-une "boucles" sont ainsi réalisées !

L’objectif ? Anticiper les problèmes de santé qui surviennent lors de missions spatiales. Des vols dans l’espace de plus en plus lointains se profilent, notamment vers la Lune, située à 384 000 km de la Terre, voire vers Mars, à 225 millions de km. À bord, les équipes devront donc gérer seules des urgences médicales. C’est pourquoi le projet IRIS explore une nouvelle approche de la médecine spatiale, recourant notamment à la radiologie interventionnelle, mini-invasive et adaptée pour la prise en charge de l’une des pathologies les plus fréquentes en micropesanteur : la colique néphrétique. En cas d’infection rénale non traitée, elle peut s’avérer extrêmement grave et engager le pronostic vital.

Expérimenter le drainage de rein

Durant sa mission, le docteur a donc expérimenté le drainage de rein. La pose d’un drain dans un fantôme simulant un rein est réalisée à l’aide d’une aiguille guidée par échographie. L’intervention est effectuée uniquement pendant les périodes de 22 secondes de micropesanteur, et dans une boîte dédiée afin que rien ne puisse flotter dans la cabine. De même, les circuits de drainage fonctionnent en boucle fermée pour que les fluides corporels ne se dispersent pas et les équipements sont arrimés.

Un kit complet pour astronautes

De retour sur Terre, les médecins étudient les séquences filmées, analysent les gestes réalisés avec pour objectif de fournir aux astronautes un "kit" complet leur permettant de gérer eux-mêmes une telle intervention sur l’un des leurs. Les résultats de cette expérience doivent également être analysés pour publication dans des revues scientifiques.

La radiologie interventionnelle pouvant être réalisée en autonomie par des astronautes pourrait s’avérer un recours vital lors de missions spatiales habitées, en cas de survenue de colique néphrétique mais aussi, pour d’autres pathologies (appendicite aiguë, abcès profond, pneumothorax…). Sur Terre, cette technique développée pour l’espace ouvre également des perspectives intéressantes en termes d’accès aux soins, notamment dans les déserts médicaux et dans les pays en voie de développement.

*Interventional Radiology In Space, groupe de travail de la Société française de radiologie (SFR) développé dans le cadre d’une collaboration avec le Centre national d’études spatiales (CNES), l’Institut de médecine et physiologie spatiales (MEDES).

(avec communiqué)

Santé

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