À l’initiative de l’Intersyndicale féministe, cette mobilisation s’inscrit dans la continuité des rassemblements organisés depuis le mois de juin 2026, soit depuis les débuts de l'affaire Lyhanna. Les personnes présentes entendaient rappeler aux députés que le texte ne doit pas se limiter à la prise en charge des violences, mais intégrer des mesures de prévention à long terme.
La prévention au cœur des revendications
Pour les organisatrices, la prévention constitue un élément essentiel de cette loi. Elles estiment qu’elle doit permettre d’agir durablement sur les causes des violences sexistes et sexuelles, notamment celles qu’ils attribuent à la culture patriarcale. Dans leur appel, elles défendent l’idée qu’”une loi intégrale doit aussi comporter un volet préventif solide”. Et d'ajouter : ”c'est ce volet qui peut changer notre société en profondeur et lutter sur le long terme contre les violences systémiques dues à la culture patriarcale”.
Au-delà du contenu législatif, les personnes mobilisées insistent sur les moyens nécessaires à sa mise en œuvre. Elles réclament un financement à la hauteur des objectifs annoncés, estimant que l’adoption d’une loi ne suffira pas sans ressources dédiées.
Un budget de 3 milliards d’euros réclamé dès 2027
Les participant.e.s demandent qu’un budget conséquent soit affecté à l’application du texte. Leur revendication porte sur un financement d’au moins 3 milliards d’euros dès 2027. ”La loi ne sera effective que si un budget conséquent est affecté à son application”, soulignent-ils, en fixant un seuil minimal de 3 milliards d'euros dès 2027. Sans ces moyens, préviennent-ils, ”le texte de loi restera lettre morte”. Cette exigence budgétaire constitue ainsi l’un des principaux points de vigilance de la mobilisation, alors que le vote du texte doit intervenir à l’Assemblée nationale ce mardi après-midi.
L’Espagne citée en exemple
Pour appuyer leurs revendications, les organisatrices évoquent également l’exemple espagnol. Elles mettent en avant les politiques menées dans le pays depuis plus de 20 ans en matière de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, ainsi que la création des maisons de l’enfant, appelées Barnahus, destinées à mieux coordonner l’accompagnement des enfants victimes de violences.
”Le chemin pris par l'Espagne depuis plus de 20 ans et qui se poursuit encore avec la création des maisons de l'enfant nous montre que c'est possible, souhaitable, enviable et efficace”, avancent-elles.
De nouvelles mobilisations envisagées lors du vote du budget
À l’occasion de ce rassemblement, des messages ont été affichés sur les murs du tribunal pour exprimer les attentes des participantes. ”Nous avons affiché sur les murs du tribunal, notre espoir et notre volonté de voir enfin la démocratie française investir dans la protection de ses enfants et de toutes les victimes de violences sexistes et sexuelles”, indiquent-elles.
Si le rassemblement de lundi constituait le dernier rendez-vous annoncé avant le vote de la loi, la mobilisation pourrait se poursuivre dans les prochaines semaines à l’occasion des discussions sur le budget. L’Intersyndicale féministe et les personnes mobilisées depuis juin entendent ainsi maintenir la pression pour que la lutte contre les violences sexistes et sexuelles se traduise non seulement par des dispositions législatives, mais aussi par des moyens financiers et des mesures de prévention à la hauteur des enjeux.


