Redevance incitative : alléger sa poubelle pour ne pas voir sa facture plombée

Publié le 22/10/2012 - 20:17
Mis à jour le 16/04/2019 - 14:53

Depuis le début du mois de septembre, la redevance incitative pour la collecte des déchets a été mise en place dans le Grand Besançon. L’agglomération est la plus grande en France à adopter ce système. Premier bilan après un peu plus d’un mois de pratique. 

triez-vous bien ?

Les premiers chiffres semblent encourageants. Le poids des déchets des bacs gris (déchets résiduels) a diminué de 16 à 20% dans le courant du mois de septembre. Un chiffre à prendre avec précaution. Selon les responsables de la mise en place, Il peut se produire un phénomène de rétention des déchets dans les premiers temps. Il ne faut donc pas se réjouir trop vite. 

Non ! On ne met pas ses déchets dans la poubelle jaune ! 

Pour certains usagers, la tentation est de cacher des déchets ménagers. Plus d'une centaine de cas par semaine est signalée sur les 12 000 bacs jaunes collectés chaque semaine. Dès le moindre problème, le container est localisé puis "pucé" pour connaitre les habitants indélicats. Des agents passent ensuite à domicile pour une sensibilisation au bon tri des déchets. Une autre crainte était de voir une augmentation des dépôts sauvages. "D'après nos premières constatations, ces dépôts dans la nature n'ont pas augmenté" explique Jean-Pierre Taillard, vice-président de la CAGB chargé de la gestion des déchets ménagers. "Notre objectif est de diminuer de 35% le volume des déchets en habitat pavillonnaire et de 20% en habitat collectif d'ici 2014."

Une diminution déjà en phase test...

 Pendant la phase test du dispositif, de janvier à juin, le tonnage des déchets avait déjà diminué de 6%, alors que le tri sélectif avait déjà permis de diminuer de 10% les déchets entre 2010 et 2011. "L'environnement est devenu une préoccupation de tous et même si c'est contraignant, les gens sont prêts à faire des efforts", constate le président du Grand Besançon, Jean-Louis Fousseret. "Des difficultés vont apparaître et nous devrons y répondre, mais pour l'instant la mise en place de la redevance incitative se passe bien".   L'agglomération veut ainsi éviter la construction d'un nouveau four d'incinération, qui coûterait 30 millions d'euros, soit 6 euros de surcoût par habitant pendant 20 ans, contre 1,5 euro avec l'installation de cette redevance.

Première en France à grande échelle  

L'agglomération de Besançon est donc depuis septembre la  plus grande collectivité française à appliquer une redevance incitative pour le tri des ordures: plus un habitant produit de déchets, plus il paie. La part fixe liée au volume du bac (50%), le poids des ordures (40%) et leur fréquence de ramassage (10%) déterminent depuis le 1er septembre la nouvelle facture d'enlèvement des déchets ménagers des 181.000 habitants des 59 communes de l'agglomération du Grand Besançon. 

Alléger pour ne pas voir sa facture plombée

Côté usager, à moins de choisir un bac plus petit, souvent en inadéquation avec sa production de déchets, l'objectif est plus de ne pas voir augmenter sa facture que de la voir s'alléger. Contrairement à ses poubelles ! 

Sur le terrain, les 43 rippers commencent à constater des changements dans les habitudes surtout dans les villages environnants. "Parfois, en zone pavillonnaire, des habitants ont pris le réflexe de ne mettre leur poubelle grise en même temps que leur poubelle jaune qui n'est collecté que tous les 15 jours. Une fois sur deux, dans certaines rues, la collecte est devenue très rapide. La semaine suivante est en revanche plus chargée..." explique l'un d'eux.   

Trier sur le long terme 

"L'accent mis sur le poids des déchets vise à inciter les particuliers à trier sur le long terme le papier, le verre et les matières organiques. En pavillon, il est facile d'éliminer les fermentescibles en installant un bac à compost dans son jardin, alors qu'au centre-ville c'est la cerise sur le gâteau", estime Jean-Pierre Taillard.

La redevance incitative dans l'habitat collectif, qui représente 50% des logements de la CAGB, pose des problèmes inédits et spécifiques. On vise surtout un meilleur tri du verre, deux fois moins collecté qu'en milieu pavillonnaire, ajoute-t-il. Des systèmes de compostage ont cependant été mis en place au pied d'un nombre limité d'immeubles. Dans ces ensembles, où le coût du ramassage est réparti entre les locataires, certains habitants craignent de payer pour le voisin qui ne trie pas ses déchets ou pour le non-résident qui se débarrasse de ses poubelles.

Photos ©roman

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