Dans son communiqué du 19 octobre 2026, le parti décrit une France "au bord du précipice", confrontée à la fois à des épisodes de violence et à une colère sociale qui, selon lui, s’accumule depuis plusieurs semaines.
Le PCF estime que le gouvernement et ses soutiens ont sous-évalué l’ampleur du mouvement. Il leur reproche également une gestion de la mobilisation qui aurait privilégié le maintien de l’ordre face aux manifestants plutôt que l’interpellation des auteurs de dégradations. Le parti évoque notamment des effectifs policiers insuffisants pour faire face à l’ensemble des situations.
Dans ce contexte, les communistes mettent en garde contre un débat public centré sur les seuls débordements. "Le débat ne tourne qu’autour des dégradations et invisibilise les revendications légitimes des lycéen·es, des étudiant·es, des travailleur·euses", écrivent-ils, en élargissant cette liste à celles et ceux qui constatent une dégradation de leurs conditions de vie.
Condamnation des violences et défense de la mobilisation
Le communiqué distingue les actes de violence de la mobilisation sociale dans son ensemble. Le PCF affirme que les dégradations contribuent à détourner l’attention des attentes exprimées par les manifestants pacifiques. Il avance le chiffre de 800 000 personnes ayant défilé sans violence, sans préciser dans son texte le périmètre géographique ni la source de ce décompte.
Le parti dénonce également certaines pratiques de maintien de l’ordre, évoquant des manifestants "parfois charg[és]" et encerclés par les forces de l’ordre. Il considère que ces interventions ont participé aux tensions.
Sur le plan politique, le PCF attribue au pouvoir une responsabilité majeure dans la crise. "Le pouvoir porte la totale responsabilité politique de cette grave situation", affirme le communiqué. Le parti reproche au gouvernement, ainsi qu’aux représentants de la droite et du Rassemblement national qu’il cite, de ne pas avoir su gérer le mouvement. Il avance également l’idée que les débordements auraient été volontairement laissés se développer, une accusation qui relève de son appréciation politique.
Le texte mentionne par ailleurs Laurent Nuñez et sa démission, présentée comme une reconnaissance des difficultés rencontrées dans la gestion de la crise. Cette interprétation est celle du PCF.
Une conférence sociale pour répondre aux revendications
Pour sortir de la crise, le parti privilégie une réponse institutionnelle et sociale. Il demande au gouvernement de convoquer rapidement une conférence réunissant les organisations syndicales et patronales, avec la participation des organisations de jeunesse.
L’objectif serait de mettre autour de la table les différentes professions et générations concernées par les revendications. Le communiqué cite notamment les lycéens, les étudiants, les pompiers, les pêcheurs, les routiers, les agriculteurs, les policiers, les salariés du secteur public comme du privé et les retraités.
Pour le PCF, cette diversité témoigne d’un mécontentement qui dépasse un seul secteur d’activité. "La crise touche toutes les professions, toutes les générations", souligne le parti, qui estime nécessaire d’apporter des réponses concrètes aux demandes exprimées depuis plusieurs semaines.
Le PCF souhaite également que le Parlement soit associé aux discussions. Il demande que les mesures retenues puissent être traduites dans le projet de budget pour 2027, tant du côté des recettes que des dépenses. Le parti défend ainsi une sortie de crise passant par la négociation sociale et des décisions budgétaires.
Le PCF ne participera pas au rassemblement #TouchePasÀMaMairie
À Besançon, le parti annonce qu’il ne participera pas au rassemblement #TouchePasÀMaMairie prévu ce lundi 19 octobre à 18h00. Il justifie cette décision par ce qu’il considère comme "une récupération politique de la mobilisation par Ludovic Fagaut", auquel il reproche d’"instrumentaliser le mouvement en accusant l’ultragauche".
Le communiqué fait également référence à la journée du 17 octobre et à la gestion de la crise par les représentants de la République. Les communistes estiment que ces derniers ont "failli dans leur mission" et refusent de s’associer à ce qu’ils décrivent comme des démonstrations d’attachement aux valeurs républicaines qu’ils jugent peu convaincantes au regard des événements.
Le parti assure néanmoins que sa position ne remet pas en cause son attachement aux principes républicains. Il affirme avoir démontré cet engagement dans ses actions et entend maintenir une distinction entre la contestation sociale, les dégradations et les violences.
Maintenir les revendications au centre du débat
En conclusion, le PCF de Besançon réaffirme sa condamnation des violences tout en défendant le droit à la mobilisation. "Nous condamnons les dégradations et la violence sans ambiguïté, mais nous reconnaissons la légitimité de cette mobilisation", indique le communiqué. Le parti affirme vouloir continuer à "porter pacifiquement les revendications exprimées par les manifestants". Sa position repose sur deux axes : "refuser les violences et obtenir une réponse politique aux difficultés sociales dénoncées."


