Dans son communiqué, l’association À Gauche Citoyens ! distingue les revendications exprimées lors de la mobilisation des incidents survenus en marge du rassemblement. Elle dénonce des ”comportements inadmissibles” qui, selon elle, ”desservent le mouvement non violent et viennent masquer les revendications légitimes”. L’association rappelle que 10 000 personnes ont défilé dans le calme à Besançon, selon les chiffres avancés dans son texte. À l’échelle nationale, elle estime la participation entre 550 000 et 800 000 personnes.
Si elle condamne les violences et les dégradations, À Gauche Citoyens ! attribue la responsabilité du climat social au président de la République et à la politique menée par ses gouvernements successifs depuis près de dix ans. Elle juge que ”tenter aujourd'hui d'étouffer la contestation sociale par le mépris, la répression et le discrédit est irresponsable et dangereux”.
Salaires, éducation et services publics au cœur des revendications
L’association met en avant plusieurs préoccupations sociales et économiques. Elle cite notamment la pauvreté, qu’elle associe à un taux de 15,4 % de la population, soit environ 9,8 millions de personnes. Elle pointe également la dégradation des conditions d’études et de vie des lycéens et des étudiants, ainsi que le manque de moyens des services publics, notamment dans l’éducation, les hôpitaux, la justice et la culture.
Pour l’association, la réponse gouvernementale ne peut se limiter au maintien de l’ordre. ”La seule réponse du gouvernement ne peut pas être qu'ordre et brutalité”, affirme-t-elle dans son communiqué.
À Gauche Citoyens ! appelle ainsi à des mesures portant sur les conditions d’enseignement, les rémunérations et l’égalité professionnelle. Parmi ses revendications figurent ”l'augmentation significative des salaires” et ”l'égalité salariale entre les femmes et les hommes”. Le texte défend également des services publics accessibles et de qualité, la relocalisation de l’industrie et les investissements dans la transition écologique.
Le budget du gouvernement Lecornu dans le viseur
L’association estime que le projet de loi de finances ne répond pas aux attentes exprimées lors de la mobilisation. Elle reproche au gouvernement de poursuivre une politique de rigueur et d’austérité, notamment en refusant, selon elle, de taxer les superprofits et les plus grandes fortunes.
À travers ces critiques, À Gauche Citoyens ! souhaite replacer les incidents du 17 octobre dans un contexte plus large de contestation sociale. Son communiqué met en cause les choix économiques et budgétaires du gouvernement, qu’elle considère comme insuffisants face aux difficultés rencontrées par une partie de la population.
L’association refuse l’appel du maire de Besançon
Dans ce contexte, À Gauche Citoyens ! annonce qu’elle n'a pas participé à l’appel lancé par le maire de Besançon. Elle estime que cette initiative vise à ”instrumentaliser la situation”.
L’association met également en cause Les Républicains, parti auquel appartient le maire de Besançon, qu’elle présente comme "membre actif du gouvernement et responsable de la politique sociale menée". Cette prise de position traduit son opposition à toute démarche qui, selon elle, ne prendrait pas en compte les causes sociales et politiques de la mobilisation.


