Une banderole au message raciste associant migrants et violeurs, a été une nouvelle fois déployée depuis la façade d’un appartement bisontin situé sur le parcours du carnaval. Le collectif Nemesis a également une nouvelle fois défilé sur le chemin du parcours du carnaval en brandissant deux panneaux mentionnant "Libérez-nous de l'immigraiton" et "violeurs étrangers dehors" comme en atteste une vidéo posée sur leur page Facebook.
Sur sa page Facebook, la Ville de Besançon a dénoncé les faits en évoquant "une grande banderole à caractère politique". Elle rappelle que le carnaval "est un moment populaire, familial et rassembleur" qui n’a pas vocation "à devenir un espace d’expression politique ou militant".
La Ville précise encore que le maire Ludovic Fagaut "a immédiatement donné l’ordre à la sécurité de faire évacuer les fauteurs de troubles et demandé à la Police municipale d’intervenir". Et ajoute que "malgré cette réaction rapide, la banderole n’a pas pu être retirée pendant le défilé".
Séverine Véziès appelle le maire à porter plainte
De son côté, la cheffe de file de La France insoumise à Besançon Séverine Véziès a condamné les faits : "à nouveau le collectif d’extrême droite Némésis est venu déverser sa haine et sa banderole mensongère". Elle estime que "les autorités doivent agir et sanctionner ces actions qui incitent à la haine" et invite le maire de Besançon à déposer plainte.
Sur ce point, la Ville de Besançon précise que le procureur de la République, la préfecture et la police nationale ont été informés de la situation et que "des mesures juridiques seront prises, en concertation avec les services compétents".
Anne Vignot et Anthony Poulin : "le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit"
D’autres membres de l’opposition ont également demandé au maire de déposer plainte. C’est le cas d’Anne Vignot et Anthony Poulin. Dans un communiqué publié dans la soirée du 12 avril, les élus dénoncent "des amalgames haineux" et rappellent que "le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit".
Ils estiment qu’un dépôt de plainte viendrait "renforcer les procédures déjà engagées" dans le but d’aboutir à "une condamnation définitive des membres du collectif d’extrême droite". Quelques jours à peine après le rassemblement contre le racisme qui a eu lieu jeudi dernier à Besançon, Anthony Poulin et Anne Vignot rappellent qu’il est "temps de mettre fin à la banalisation et à l’ambiguïté entretenue par certains à l’égard de leurs discours".
Jean Sébastien Leuba réclame "un travail collectif"
Enfin, le président du groupe Socialiste et Citoyens Jean-Sébastien Leuba, a pour sa part exigé une "réaction rapide et coordonnée pour prévenir de nouvelles dérives" face à ces actes répétés. Dans son communiqué, il s’étonne du fait que la banderole soit restée en place tout au long du carnaval : "au-delà des messages diffusés et de la stigmatisation qu’ils visaient à propager, nombreux sont ceux qui s’étonnent et s’interrogent sur le fait que cette banderole ait pu rester en place aussi longtemps au cours du défilé. Sans nier les obstacles réels, il est insupportable que son retrait n’ait pas pu être réalisé immédiatement".
Après avoir évoqué la question posée à l’Assemblée nationale par Mme Céline Thiébault-Martinez, publiée au Journal Officiel du 7 avril 2026, qui interroge le Gouvernement "sur les agissements du collectif Némésis, notamment au regard des risques graves de troubles à l’ordre public", Jean-Sébastien Leuba appelle le maire de Besançon à engager un "travail collectif" pour "comprendre ce qui a manqué et permettre, à l’avenir, une réaction plus rapide et plus efficace face à ce type de situation". Cela dans le but, selon lui, de "construire des réponses à la hauteur des enjeux pour la ville".


