Les investigations ont été effectuées par les enquêteurs spécialisés de la brigade de gendarmerie des transports aériens (BGTA) de Bâle-Mulhouse et du bureau d’enquêtes et d’analyses pour la sécurité de l’aviation civile (BEA) du Bourget.
Il a été confirmé que l’aéronef est un ULM Zenair 601 (biplace) que pilotait un homme âgé de 43 ans et ne comportait aucun autre passager. Ce dernier était sapeur-pompier au grade d’adjudant-chef avec la qualification de secouriste en milieu périlleux. Il était par ailleurs sapeur-pompier volontaire dans le Haut-Rhin. Pilote d’avion depuis plusieurs années, passionné d’avion, il avait fait l’acquisition de cet ULM quelques semaines auparavant, un modèle d’ULM assez ancien (de plus de 10 ans). "Il ne s’agissait pas du premier aéronef qu’il possédait", nous est-il précisé.
Un retour annoncé par le pilote via sa radio
Ayant décollé en début de matinée du Val d’Ajol dans les Vosges, il se dirigeait sur Gap dans les Hautes-Alpes, pour y effectuer une révision de son appareil, lorsqu’aux environs de 9h45, un problème est survenu au niveau de l’aéronef.
"Plusieurs riverains ont fait état d’un important bruit de type explosion, susceptible de correspondre à la dislocation de plusieurs éléments de l’appareil, suivi, quelques minutes plus tard, de nouveaux bruits à la suite desquels d’autres éléments de l’aéronef (réservoir et aile notamment) se sont disloqués et ont chuté au sol", explique Paul-Edouard Lallois.
Quelques minutes avant la survenue de ce problème, il a été noté que le pilote venait d’annoncer à la station radio de Bâle-Mulhouse qu’il faisait demi-tour, décidant de changer de direction pour rentrer au Val d’Ajol suite à de mauvaises conditions climatiques. "Lors de ce contact radio, à aucun moment, il n’a évoqué de quelconques avaries ou difficultés, mécaniques ou physiques", précise le procureur.
Les très nombreux débris de l’appareil, ayant atterri sur une vaste zone sur le hameau de Chaux-les-Clerval, plusieurs débris ayant été retrouvés dans des arbres notamment, mais aucun d’eux n’ayant touché de personnes ou de véhicules, ont pu être récupérés par les enquêteurs à l’issue du minutieux travail mené depuis mardi, leur permettant de reconstituer l’épave de l’appareil. Cette épave est en cours d’acheminement sur le site du BEA au Bourget où elle fera l’objet d’investigations de nature technique.
Une explosion ?
"À ce stade des investigations, la nature du problème survenu en vol, ayant conduit à ce qui semblerait être une explosion suivie de la dislocation de plusieurs pièces de l’aéronef qui s’est ainsi partiellement désintégré en quelques minutes avant le crash, est ignorée", est-il expliqué.
La victime était père d’un enfant et résidait dans le Haut-Rhin. Plusieurs membres de sa famille résident en Haute-Saône d’où il est natif.
"Notre association d’aide aux victimes, France Victimes Nord Franche-Comté, se mobilise pour leur apporter soutien et accompagnement", souligne le procureur.
Une autopsie réalisée en début de semaine prochaine
Dans le cadre des investigations médico-légales habituelles, le parquet de Montbéliard a ordonné une autopsie qui sera réalisée en début de semaine prochaine au service de médecine légale du CHU de Besançon.
"Ces investigations médico-légales visent notamment à déterminer si la victime a pu ou non perdre connaissance avant le crash de l’appareil, étant précisé que le parachute de sa cabine ne s’est pas ouvert, sans que nous puissions déterminer à ce stade si cette absence d’ouverture du parachute est due à une perte de connaissance de la victime, à un dysfonctionnement ou à une difficulté matérielle quelconque", conclut le procureur en remerciant les professionnels qui ont œuvré sur le terrain ainsi que les maires des communes alentour.


