Épidémies et grève des médecins : le système de santé régional sous tension en Bourgogne Franche-Comté

La région Bourgogne Franche-Comté traverse depuis plusieurs semaines une période de forte pression sanitaire, liée à la circulation de plusieurs virus hivernaux et à un mouvement de grève des médecins libéraux. L’Agence régionale de santé (ARS) affirme toutefois rester en capacité d’assurer la continuité des soins dans un communiqué du 9 janvier 2026.

© Alexane Alfaro

Depuis début décembre 2025, la Bourgogne-Franche-Comté est touchée par ”une double épidémie de grippe et de bronchiolite dont l’intensité reste élevée”, selon l'ARS BFC. Cette situation sanitaire s’inscrit dans un contexte hivernal propice à la diffusion des virus respiratoires.

À cette pression épidémique s’ajoute l’appel à la grève des médecins libéraux, du 5 au 15 janvier, qui contribue à la forte activité des services hospitaliers, en particulier des urgences.

Des établissements sous tension

Face à cet afflux de patients, plusieurs hôpitaux et cliniques ont dû adapter leur organisation. ”A date, une quinzaine d’établissements de santé sur un total de 110 en Bourgogne-Franche-Comté, ont déclaré des tensions avec plans de mobilisation interne, voire plans blancs”, précise l’ARS, soulignant que ”la situation reste très évolutive”.

Pour coordonner la réponse, l’agence indique que ”des cellules d’information et d’appui sont activées à l’échelon départemental et régional pour anticiper, organiser la réponse sanitaire, et appuyer les établissements de santé”.

Des mesures face à la grève des médecins

Pour faire face au mouvement social des médecins libéraux, l’ARS agit en lien avec les pouvoirs publics. ”Conformément aux consignes ministérielles, des mesures de réquisitions sont prises en lien avec les préfets, pour garantir la permanence des soins en médecine de ville comme dans les cliniques”. L’agence ajoute que ”ces mesures proportionnées sont d’ores et déjà mises en œuvre en tant que de besoin”.

Une évolution encore incertaine des épidémies

Sur le plan épidémiologique, aucune tendance nette ne se dégage encore. ”Il est prématuré à ce jour de définir les contours précis de l’évolution (repli ou reprise d’intensité)”, indique l’ARS, qui insiste toutefois sur l’importance des comportements individuels pour limiter la propagation des virus.

Prévention : gestes barrières et vaccination

Les autorités sanitaires rappellent que ”l’ensemble des mesures de prévention qui sont à la portée de tous restent fondamentales pour freiner la circulation des virus et protéger les plus fragiles”. Parmi les gestes recommandés figurent le port du masque en cas de symptômes (toux, éternuements, fièvre…) ou de contact avec une personne malade, le lavage fréquent des mains et l’aération quotidienne des espaces de vie.

La vaccination reste également un levier majeur. ”La vaccination contre la grippe saisonnière et contre le COVID-19 est toujours possible, et fortement recommandée aux personnes âgées de 65 ans et plus, femmes enceintes, personnes atteintes de certaines maladies chroniques”. Selon l’ARS, ”les vaccins contre la grippe et contre le COVID-19 réduisent la mortalité et les formes graves”.

Recommandations au public

Dans ce contexte tendu, les autorités sanitaires invitent la population à anticiper ses démarches de soins. Il est conseillé de ”contacter l’établissement au préalable pour vous assurer qu’il est en capacité de vous accueillir” avant une prise en charge en clinique, ou encore de vérifier la disponibilité de son médecin traitant avant de se déplacer.

En cas d’indisponibilité, ”appelez le 15 pour disposer d’un avis médical et de l’orientation, au besoin, vers un autre médecin”. Les soirs et week-ends, ”les médecins généralistes de garde sont disponibles en ville dans le cadre de la permanence des soins ambulatoires”, mais il est recommandé de ne les solliciter que si la situation médicale ne peut attendre.

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