Un ado condamné à 4 ans de prison pour menace de mort sur sa principale

Publié le 27/02/2026 - 08:09
Mis à jour le 27/02/2026 - 08:09

Quatre ans de prison, dont deux avec sursis probatoire, ont été prononcés, jeudi, contre un collégien condamné à Dijon pour avoir menacé de mort avec un couteau la directrice de son collège dans un quartier sensible de la banlieue dijonnaise, en 2024.

 © Ekaterina  BOLOVTSOVA
© Ekaterina BOLOVTSOVA

La peine prononcée est légèrement inférieure aux cinq ans de prison requis par l'accusation, également avec deux ans probatoire, ont indiqué à la presse les avocats sortant du procès, tenu à huis clos au tribunal pour enfants de Dijon. Le mineur encourait une peine maximale de vingt ans de prison.

Le 15 mars 2024, cet élève de 3e, alors âgé de 15 ans, avait brandi un couteau devant la principale (directrice) du collège Édouard-Herriot, un établissement situé dans un quartier prioritaire de Chenôve, près de Dijon. L'adolescent, qualifié de "difficile" et déjà exclu de l'établissement en 2024, s'était d'abord présenté à son cours d'anglais, dont il avait pourtant été exclu. La professeure l'avait renvoyé vers le bureau de la cheffe d'établissement. Arrivé devant la principale, le collégien avait présenté une lettre: "Si vous lisez ce message, c'est qu'il y a une prise d'otage dans une de vos salles. Je ne le fais pour aucune raison. Ah si! C'est pour mes frères qui sont morts le 18 novembre 2015", était-il écrit en référence au raid policier qui avait suivi les attentats jihadistes du 13 novembre 2015, où 130 personnes avaient été tuées à Paris et sa banlieue.

L'ado avait alors pointé un couteau dans la direction de la cheffe d'établissement. La directrice avait réussi à fuir, déclenchant l'alarme anti-intrusion. Le collégien avait été arrêté une demi-heure plus tard.

Un appel probable

Interrogé lors de l'enquête, l'élève avait d'abord assuré avoir voulu "planter" sa professeure d'anglais, avant d'affirmer avoir été "recruté pour la tuer" en échange d'une rémunération. Ses déclarations "pourraient être en lien avec une volonté de se donner de l'importance, ce qui a été confirmé par un expert psychiatre", avait déclaré le parquet à Dijon. Le parquet antiterroriste ne s'est d'ailleurs pas saisi.

C'est "un gamin en difficulté et qui voulait faire peur", a plaidé Samuel Estève, défendant l'adolescent. "Ce n'est ni un tueur, ni un terroriste", a-t-il asséné, estimant "probable" qu'il ferait appel du jugement. "Son action a été posée", a rétorqué Stéphane Colmant, avocat de la professeure d'anglais menacée. Le conseil estime que "le pire a été évité". "Il n'y avait pas qu'une simple menace", a-t-il assuré. "On a une personne qui avait savamment préparé les choses", assure-t-il, se disant "extrêmement satisfait" de la peine prononcée. 

Ce procès intervient peu après une série d'agressions de personnels de l'Éducation nationale. Une enseignante de Sanary-sur-Mer (Var) a été grièvement blessée, le 3 février, poignardée par un élève de 14 ans et, en juin 2025, une surveillante a été tuée à coups de couteau à Nogent (Haute-Marne) par un adolescent également de 14 ans. Face à la recrudescence de signalements d'armes blanches dans les écoles - qui ont bondi de 15% entre février 2024 et février 2025, selon le gouvernement, des contrôles de sacs ont été renforcés. Environ 525 armes blanches ont ainsi été saisies entre mars et décembre 2025.

(AFP)

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