”Le nom de Charles Weiss m’apparaît être tout indiqué pour baptiser ce nouveau lieu culturel”, écrit-il dans son courrier à l'édile. La démarche reçoit déjà le soutien de plusieurs acteurs du patrimoine local, dont l’association des Amis de la Madeleine. La Société d’Émulation du Doubs et le Collectif Histoire des Chaprais pourraient également rejoindre les soutiens à cette proposition selon Gilles Champion.
Un destin lié à la première bibliothèque publique de France
Né le 15 janvier 1779 dans le quartier Battant à Besançon, Charles Weiss grandit à quelques pas de Charles Nodier, futur écrivain romantique, avec lequel il nouera une amitié durable. Après avoir travaillé à la mairie de Besançon et intégré l’Académie de la ville, il est nommé conservateur de la bibliothèque municipale en 1818, année d’ouverture de cet établissement créé à l’initiative de la municipalité.
Pendant plus d’un demi-siècle, il œuvre au développement des collections et à la reconnaissance de l’institution bisontine. Sous son impulsion, la bibliothèque s’agrandit et voit ses fonds considérablement enrichis. Gilles Champion rappelle qu’il fait de l’établissement ”l’une des plus importantes bibliothèques de France”.

Un homme au cœur de la vie intellectuelle du XIXe siècle
Au-delà de son rôle de conservateur, Charles Weiss est un acteur majeur des échanges intellectuels de son époque. Collaborateur de la Biographie Universelle de Michaud, pour laquelle il fournit plus de 5 000 notices, il entretient une importante correspondance avec des écrivains, historiens et scientifiques. Ami de Charles Nodier, il contribue également à faire connaître et soutenir de nombreux talents comtois, parmi lesquels les peintres Lancrenon et Gigoux, les sculpteurs Clésinger ou encore le poète Demesmay.
”La liste est longue de tous ceux qui ont bénéficié d’une façon ou d’une autre de son appui”, souligne Gilles Champion dans son portrait consacré au bibliothécaire.
Un héritage culturel et humaniste
Charles Weiss ne se contente pas d’enrichir les collections de la bibliothèque. Il participe aussi à la sauvegarde du patrimoine, notamment en recueillant des éléments remarquables comme la double arcade romane issue de l’abbaye Saint-Paul, installée ensuite dans la cour de la bibliothèque.
Membre de l’Institut et officier de la Légion d’honneur, il meurt à Besançon le 11 février 1866. Son testament témoigne également de son attachement aux habitants de sa ville : une partie importante de son héritage est destinée aux établissements scientifiques et hospitaliers ainsi qu’au bureau de bienfaisance.
Gilles Champion souhaite, à travers cette proposition de baptême, que la future médiathèque ne soit pas seulement un équipement moderne, mais aussi un lieu portant la mémoire d’un homme qui consacra sa vie aux livres, au patrimoine et à la transmission des savoirs.
La décision finale reviendra désormais à la municipalité bisontine.



