Pendant ce week-end, 189 auteurs sont attendus à Besançon et dans plusieurs communes du Grand Besançon. Plus de 100 rencontres, performances, lectures musicales et concerts dessinés sont programmés.
Un festival qui veut sortir du cadre de la librairie
En ouvrant cette 11e édition, Ludovic Fagaut a insisté sur la volonté de faire du festival un rendez-vous qui dépasse les seuls lieux consacrés au livre : ”Grand Besançon Métropole sera la capitale française du livre sur ce week-end.”
Le président de Grand Besançon Métropole a également rappelé la diversité des auteurs invités, des écrivains primés ou mondialement connus aux auteurs de premiers romans, en passant par les auteurs régionaux, la littérature jeunesse, les scénaristes et les dessinateurs de bandes dessinées. Le festival investira de nombreux sites de Besançon et de son agglomération : écoles, bibliothèques, Bastion, cinéma Mégarama, Nouveau Théâtre, Comédie de Besançon, Sénacle, Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie, Maison Victor Hugo, Centre hospitalier, commerces et cafés.
”Le livre ne se vivra pas seulement en librairie, il s’incarnera tout au long du territoire grand bisontins", a-t-il souligné.
Lire, mais aussi croiser les disciplines
Au-delà de la littérature, les organisateurs souhaitent faire dialoguer le livre avec d’autres formes artistiques, notamment la danse, le théâtre, la musique et le dessin. Une orientation également défendue par Nabia Hakkar-Boyer : ”Notre vocation, à nous, élus, festivaliers, écrivains, auteurs, à tout l'écosystème qui tourne autour du livre et de la culture en général, c'est de faire revenir ce public vers le livre.”
La vice-présidente de la Région Bourgogne-Franche-Comté a également souligné les difficultés rencontrées actuellement par le secteur et la nécessité, selon elle, ”on doit soutenir le livre et la culture quand tout va mal.” Elle a par ailleurs présenté le livre comme un outil permettant de se forger une réflexion personnelle : ”Le livre est un vrai refuge, c'est un outil merveilleux pour se construire une opinion étayée, pertinente et juste.”
La responsable régionale a aussi mis en avant les passerelles entre les différentes disciplines artistiques, en prenant l’exemple du président d’honneur de cette édition, à la fois comédien et auteur.

Des retombées économiques revendiquées
L’inauguration a également été l’occasion de mettre en avant le poids économique du festival pour le territoire. Selon les chiffres présentés par Ludovic Fagaut, le chiffre d’affaires attendu pour les librairies s’élève à environ 180 000 euros sur le week-end. Plus de 350 nuitées ont par ailleurs été réservées et plus de 1 000 repas sont annoncés. Au total, Grand Besançon Métropole estime à plus de 400 000 euros les retombées économiques directes de la manifestation pour le territoire.
Selon l'élu, ”nos efforts ont donc été renouvelé pour construire un festival agile, inédit, qui attirera un nouveau public et un public plus large au bénéfice de toute une économie locale.”
Le Crédit Agricole Franche-Comté, partenaire du festival depuis ses débuts, a également défendu cette dimension territoriale. Jean-Philippe Marguier a rappelé la volonté de l'établissement de participer au développement local au-delà de son rôle de financeur en déclatant : ”Nous sommes une banque territoriale, on est souvent associé à une notion de financeur du territoire, mais nous avons la prétention et l'envie d'être un façonneur de ce territoire.”
Le partenariat évolue également avec l'organisation d'une soirée intégrée à la programmation. Cette année, le Crédit Agricole Franche-Comté accueillera Olivia Ruiz pour une lecture musicale de son nouveau roman Vamos, au conservatoire, samedi soir. La soirée affiche complet.
Une attention particulière portée à la création régionale
Le festival entend également mettre en avant les auteurs et éditeurs de Bourgogne-Franche-Comté. Trente-cinq auteurs édités dans la région sont annoncés, représentant 17 maisons d’édition. Grand Besançon Métropole a décidé de créer un prix ”coup de cœur” destiné à mettre en valeur les nouveautés éditées en région.
Ludovic Fagaut a également rappelé le contexte difficile auquel sont confrontés les professionnels du livre, évoquant notamment la fermeture de nombreuses librairies en France et la liquidation judiciaire de la Maison du Livre et de la Presse à Besançon, après 60 années d’existence, ainsi que la recherche d'un repreneur pour les Sandales d'Empedocle.
Guillaume de Tonquédec raconte son rapport aux livres
Président d’honneur de cette 11e édition, Guillaume de Tonquédec a livré un témoignage personnel sur son rapport à la lecture et à l’écriture. L’acteur a notamment raconté ses difficultés scolaires lorsqu’il était enfant et le rôle joué par la culture dans son parcours. ”J'ai eu beaucoup de mal à apprendre à lire et à écrire. J'ai eu beaucoup de mal. J'ai bataillé avec les mots quand j'étais petit, et ça n'a pas été de soi pour moi.”
Il a ensuite évoqué le livre-disque Pierre et le loup, qui lui a permis de mieux appréhender les mots grâce à l'écoute du texte lu par Gérard Philippe. L’acteur a également raconté l’importance prise par la lecture de Le Désert des Tartares de Dino Buzzati dans son parcours personnel. ”Aucun livre n'a changé ma vie. Je pense profondément que la culture peut changer la vie", a-t-il déclaré.
Pour Guillaume de Tonquédec, la culture permet notamment de sortir du quotidien et d'imaginer d'autres vies : ”Je me suis dit que c'était quand même extraordinaire de pouvoir peut-être vivre plusieurs vies en une seule, de pouvoir s'évader du quotidien.”
Son intervention s’est achevée sur un appel à préserver les espaces consacrés à la culture et à la rencontre. ”Je pense vraiment qu'un endroit comme celui-là est essentiel, pas important, essentiel", a-t-il conclu.

Les partenaires revendiquent leur engagement
Fabrice Jeannot, président du groupe immobilier SMCI, a de son côté rappelé l'accompagnement du festival par son entreprise depuis ses débuts. Il a souligné le lien entre l'activité du groupe immobilier et la qualité de vie des habitants : ”La lecture, c'est important. Nous, nous construisons des logements ou nous rénovons des logements pour que les gens soient bien à l'intérieur. Et je pense que la lecture fait partie également de l'équilibre.”
L'inauguration s'est déroulée en présence de nombreux élus, partenaires et acteurs locaux. Les organisateurs ont également rappelé la mobilisation des équipes techniques et des structures culturelles associées à la manifestation. Cette année, le festival propose notamment des visites guidées du chantier de la Grande Bibliothèque. Les 400 places prévues pour ces visites ont toutes été réservées.

Le prix ”coup de cœur”
À l’issue de l’inauguration, une remise de prix est venue compléter ce temps d’ouverture du festival. Parmi une sélection de trois livres retenus, le premier prix a été attribué à Jean-Pierre Favard pour son polar humoristique Ça dégringole à Dole. Très heureux et surpris par cette distinction, l’auteur a profité de l’occasion pour mettre en avant la présence des petites maisons d’édition et des éditeurs régionaux au sein du salon. ”Il y a une vraie actualité, il y a une vraie vivacité autour des petits éditeurs. Il y a de gros éditeurs ici, il y a des auteurs nationaux, et puis il y a les petits locaux. Il ne faut pas les oublier, donc soyez curieux et n'hésitez pas à prendre quelques risques en venant nous rencontrer.”
Jean-Pierre Favard a ensuite présenté son roman, une enquête se déroulant à Dole, dans le Jura, dans laquelle plusieurs corps réapparaissent mystérieusement et qui est menée par un trio de retraités. ”C'est un polar plutôt rigolo, ça se passe à Dole, comme son nom l'indique, c'est quelques corps qui vont réapparaître, une enquête qui va être menée par un trio de papis-mamies.”



