"Soit nous avons les outils et nous sommes maîtres de notre destin, soit nous y renonçons et nous laissons la main aux autres", explique François Sauvadet (UDI), président du département bourguignon, pour justifier la création locale d'un cloud (stock de données accessibles à distance).
"Le constat est alarmant : en Côte-d'Or, près de 60% des communes utilisent encore des adresses mails non souveraines (type Gmail ou Yahoo) et stockent leurs données chez des géants étrangers", ajoute le président de centre-droit dans un discours aux maires locaux, cité mercredi par le département.
"Elles sont des cibles faciles pour les rançongiciels et les usurpations d'identité. Nous avons refusé cette fatalité. C'est pourquoi la Côte-d'Or est
devenue le premier département de France" à se doter d'un cloud "100% Côte d'Or", déclare M. Sauvadet. Moyennant un investissement de "près de cinq millions d'euros", le cloud consiste en l'établissement d'un "data-center", une infrastructure numérique, purement locale, qui permet de stocker jusqu'à 1,8 pétaoctet de données, avec une puissance de calcul équivalant à 50.000 ordinateurs.
Moyennant un forfait de 500 euros, le département offre aux collectivités intéressées un "boîtier de protection contre les cyberattaques et les cybermenaces", permettant de bloquer les tentatives d'intrusion, les fuites de données et de filtrer les contenus malveillants, ainsi qu'une adresse mail sécurisée qui est hébergée au sein du datacenter départemental, sorte de "coffre-fort de haute sécurité", selon le département. "Près de 200 communes" ont pour l'instant adopté ce système, selon la même source.
M. Sauvadet, qui est également le président des Départements de France (104 collectivités adhérentes, dont 95 départements) espère bien que cette initiative intéresse d'autres territoires. "Si nous ne nous organisons pas collectivement, d'autres décideront pour nous", juge Stephen Loureiro, directeur de la transformation au département de Côte-d'Or, replaçant cette création dans le contexte de la présence grandissante de l'intelligence artificielle. "L'IA est un enjeu de souveraineté, d'efficacité et de qualité du service public", souligne-t-il, cité dans le communiqué du département.


