Droit de réponse - L’Association de la Garde Médicale Bisontine répond à Séverine Véziès et au Codes 25

Publié le 11/02/2026 - 13:59
Mis à jour le 11/02/2026 - 14:02

À la suite de l’article publié le 10 février 2026 sur macommune.info, ayant traité un communiqué de presse du Codes 25 présentant la maison médicale de garde de Besançon comme une "fausse bonne idée" et un communiqué de Séverine Véziès, candidate LFI à la mairie de Besançon évoquant une "privatisation rampante du service public de santé", l’Association de la Garde Médicale Bisontine (AGMB) souhaite exercer son droit de réponse ce 11 février.

CHU de Besançon © Alexane Alfaro
CHU de Besançon © Alexane Alfaro

"Maison médicale de garde de Besançon : rétablir les faits, expliquer le sens, défendre l’intérêt général

L’Association de la Garde Médicale Bisontine (AGMB) regroupe les médecins libéraux qui ont participé activement à la mise en place de la maison médicale de garde (MMG) située à l’entrée des urgences du CHU de Besançon, en lien étroit avec l’ACORELI (Association des médecins régulateurs libéraux), l’ARS Bourgogne-Franche-Comté et le CHU de Besançon (bureau des entrées, service des urgences, administration).

À la lecture des propos de Mme Séverine Véziès et du CODES 25, relayés les 9 et 10 février sur macommune.info, qualifiant cette structure de "fausse bonne idée" et évoquant une "privatisation rampante du service public de santé", il nous paraît indispensable d’apporter des éléments factuels et de rappeler le cadre, les objectifs et la réalité de ce dispositif.

  1. Une initiative portée par les médecins libéraux, sur la base du volontariat

Lors de l’épidémie grippale de 2024, SOS Médecins ne pouvait plus absorber la demande et la régulation n’avait d’autre choix que d’orienter vers les urgences des patients relevant de la médecine générale.

Face à cette situation, les médecins libéraux se sont organisés autour d’une ligne de garde temporaire en cabinet de ville afin d’éviter que des patients ne se retrouvent sans solution en première partie de nuit, les week-ends et jours fériés.

Pour pérenniser cette organisation et sécuriser son fonctionnement, nous avons porté la création d’une maison médicale de garde.

Elle repose sur un principe simple : des médecins libéraux volontaires assurent des heures supplémentaires, après 20 heures, en plus de leur activité quotidienne, afin d’améliorer l’accès aux soins non programmés.

Il ne s’agit ni d’une obligation, ni d’un transfert de charges de ou vers l’hôpital, mais d’un engagement volontaire de terrain pour répondre à une carence structurelle de l’offre de soins sur les horaires de garde.

  1. Un objectif partagé : désengorger les urgences, soulager SOS Médecins et mieux orienter les patients

Accessible uniquement après appel au 116-117 (numéro gratuit) et évaluation par un médecin libéral régulateur, la MMG permet :
- une orientation rapide des patients, sur rendez-vous ;
- une prise en charge adaptée des soins non urgents ;
- un gain de temps et de sécurité pour les patients comme pour les soignants ;
- une meilleure continuité des soins sur les heures de garde.

Ce dispositif n’est pas concurrent des urgences : il est complémentaire et construit avec elles. Il constitue un exemple concret de coopération ville-hôpital efficace.

  1. Un modèle économiquement responsable pour le contribuable

Contrairement à ce qui est suggéré, la maison médicale de garde est une solution sobre et efficiente sur le plan économique.

Les faits sont établis :
- de nombreux centres de santé publics ou parapublics présentent aujourd’hui des déficits structurels ;
- la MMG fonctionne sans création de structure lourde, sans salariat médical permanent et sans coûts fixes excessifs.

Elle représente donc une solution significativement moins coûteuse pour la collectivité qu’un centre de soins public, tout en étant immédiatement opérationnelle.

  1. Des tarifs strictement encadrés, identiques partout en France

Les actes réalisés en maison médicale de garde sont strictement tarifés selon la convention nationale, identiques à ceux pratiqués dans toutes les gardes de médecine générale en France, et pris en charge à 70 % par l’Assurance Maladie et à 30 % par les complémentaires.

Il n’existe aucun surcoût, aucune médecine à deux vitesses, aucune discrimination dans l’accès aux soins.

Conclusion

Les médecins libéraux prennent leur part, au-delà de leurs obligations, dans un esprit de responsabilité collective, avec le soutien du CHU et de l’ARS.

La maison médicale de garde de Besançon est utile aux patients, utile aux urgences, économiquement responsable et fidèle aux principes de la médecine libérale conventionnée."

Dr Pierre-Louis Helias
Médecin généraliste libéral
Président de l’AGMB

Dr Benoît Rabier
Président de l’ACORELI

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