À 11h30, sur le quai A de la gare de Dijon, a été donné le coup d'envoi du nouveau dispositif de sécurité, porté par le président de la région Bourgogne-Franche-Comté, Jérôme Durain (PS), à bord des trains Mobigo.
Tous les jours, 80 000 voyageurs sillonnent la région à bord de 600 trains Mobigo. Pour les rendre sûrs, le conseil régional investit 20 millions d'euros chaque année, tous transports confondus.
"Les trains sont sûrs"
Jérôme Durain a déclaré dans la rame accueillant le dispositif : "les trains sont sûrs". Les 100 patrouilles prévues, chacune composée de trois gendarmes réservistes, "n'étant pas tous d'anciens militaires" tient à préciser le général Christophe Husson également présent lors de cette matinée, seront déployées pendant une année sur les lignes avant l'évaluation du dispositif.
Trois-cents gendarmes seront mobilisés pour un coût de 118 000 euros. Cette initiative a pour but de permettre aux effectifs réservistes d'accompagner les contrôleurs SNCF dans leur travail quotidien. En plus d'une présence "dissuasive", le général veut utiliser ce dispositif afin de servir sa mission "de contrôle des flux" dans un territoire qui relève à 98 % de la responsabilité de la gendarmerie. Le trafic de stupéfiants étant particulièrement dans le viseur de la Région et des militaires.
"Compléter une offre existante"
Nabil Djaafer, représentant de la SNCF, a rappelé que cette nouvelle mission ne se substituera pas aux 200 agents de sécurité de l'entreprise ferroviaire ni aux 300 contrôleurs qui officient sur le territoire régional. Les gendarmes pourront néanmoins verbaliser les usagers, pratiquer fouilles corporelles et d'effets personnels, ainsi que des contrôles d'identité.
Le représentant de Ghislain de Rugy, président de la SNCF en Bourgogne-Franche-Comté, veut voir cette présence comme une façon de renforcer le "sentiment de sécurité". Sentiment d'insécurité qui semblerait davantage présent chez certains contrôleurs que chez les usagers. Lors du trajet Dijon-Beaune parcouru par le train, Jérôme Durain a interrogé des voyageurs afin de savoir s'ils ont dû faire face à des problèmes liés dans les trains. Leur réponse est unanime, ce sont les retards qui posent davantage problème que la sécurité.
En revanche, l'un des contrôleurs présents nous a dit avoir le sentiment que les situations difficiles ont augmenté depuis ces 20 dernières années. C'est d'ailleurs la SNCF qui oriente la présence des gendarmes sur les lignes. Julie (elle n'a pas souhaité donner son nom de famille), qui supervise les contrôles dans les TER dans le secteur de Dijon, a expliqué qu'elle essaiera de "les répartir le plus équitablement possible sur les lignes" mais qu'elle mettra tout de même l'accent sur certaines lignes en fonction des chiffres qui remontent des agents de la sûreté ferroviaire.
Une arrestation en guise d'inauguration
Un jeune homme ayant été contrôlé avec un billet invalide, car valable pour le lendemain, s'est vu infliger une amende. Ne pouvant pas la régler sur le moment, le chef de la patrouille de gendarmes réservistes lui a demandé sa carte d'identité. Ce dernier a découvert que l'individu possédait deux photos de deux pièces d'identité différentes avec deux noms ne correspondant pas dans son téléphone. Aucun des deux noms ne figurant au fichier central, le gendarme a décidé de l'interpeller et de le remettre à la brigade de gendarmerie territoriale de Beaune afin d'éclaircir la situation.
L'efficacité de ce dispositif expérimental sera évaluée par les trois acteurs, à savoir la Région, la gendarmerie et la SNCF, d'ici une année.


