L'inscription de l'IVG dans la Constitution française sera-t-elle votée par le Sénat ?

Publié le 28/02/2024 - 11:07
Mis à jour le 28/02/2024 - 11:07

Le Sénat se prononcera mercredi 28 février 2024 après-midi sur l'inscription de l'IVG dans la Constitution, un vote rendu très incertain par les réticences de la droite et qui pourrait bouleverser le calendrier parlementaire de la réforme. C'est l'étape la plus périlleuse de la révision constitutionnelle promise par le président de la République, Emmanuel Macron : l'exécutif ne pourra la faire aboutir sans un vote majoritaire des 348 parlementaires du Palais du Luxembourg.

 © Sénat/Facebook
© Sénat/Facebook

Suspense à la Chambre haute : l'inscription de l'interruption volontaire de grossesse (IVG) dans la Constitution se heurte, mercredi 28 février, aux réticences de la droite lors d'un vote indécis au Sénat, où certains pourraient tenter de freiner la réforme à défaut d'être suffisamment nombreux pour la rejeter.

Les débats s'annoncent tendus à partir de 16 h 30 au Palais du Luxembourg. D'un côté, le gouvernement soutenu par la gauche en faveur de cette révision promise par Emmanuel Macron ; de l'autre, une partie de la droite et des centristes encore sceptiques devant la formulation retenue par l'exécutif.

"La loi détermine les conditions dans lesquelles s'exerce la liberté garantie à la femme d'avoir recours à une interruption volontaire de grossesse." Le texte soumis au vote des 348 sénateurs peine à convaincre les rangs de la majorité sénatoriale, une alliance entre Les Républicains (LR) et le groupe centriste.

Pourtant, un vote favorable – et sans modification – de la Chambre haute est un préalable à cette révision constitutionnelle soutenue par 86 % des Français, selon un sondage Ifop de novembre 2022. Modifier le texte suprême n'est pas simple : l'Assemblée nationale et le Sénat doivent valider la réforme à l'identique, avant la réunion d'un Congrès du Parlement à Versailles où une majorité des trois cinquièmes sera requise.

Les associations de défense des droits des femmes comme les collectifs d'opposition à l'IVG ont multiplié les initiatives ces derniers jours pour convaincre les sénateurs. Plusieurs rassemblements pro et anti-constitutionnalisation sont annoncés aux abords du Sénat dans l'après-midi.

Changements d'avis

Dans les rangs de la droite, la pression sociale ou familiale a fait basculer certains votes : en privé, plusieurs sénateurs reconnaissent qu'ils ont changé d'avis et ne s'opposeront pas à la réforme, laissant entrevoir une nette majorité en faveur de l'inscription de l'IVG dans la Constitution.

Le président LR de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand a lui aussi exhorté sa famille politique à ne pas "se tromper de combat", dans une tribune publiée dans le magazine Elle. La question est surtout de savoir si le texte sera modifié, ce qui obligerait l'Assemblée à s'en saisir à nouveau et repousserait le calendrier de la réforme.

"Il n'y a pas d'opposition pour la constitutionnalisation, à condition que ce soit fait proprement", résume la rapporteuse Agnès Canayer, désignée par le groupe LR. Cette dernière s'interroge sur la notion de "liberté garantie".

Un amendement de suppression du mot "garantie", au profit d'une simple "liberté", est ainsi défendu par une partie de la droite et des centristes. Cette rédaction avait déjà été approuvée par le Sénat en février 2023. "Le seul objectif : faire échouer le texte", s'est insurgée l'écologiste Mélanie Vogel, déterminée comme toute la gauche à obtenir une adoption sans modification.

Une trentaine de sénateurs LR portent par ailleurs un autre amendement pour inscrire dans la Constitution la clause de conscience des médecins, non tenus de pratiquer l'IVG s'ils ne le souhaitent pas. Parviendront-ils à réunir une majorité de sénateurs ? "J'ai des doutes", reconnaît un élu LR bien au fait des rapports de force. De quoi relancer le suspense.

(avec AFP)

Soyez le premier à commenter...

Laisser un commentaire

Politique

Menace de taxes douanières sur les vins : Macron et Genevard montent au créneau face aux menaces de Trump

La France a vivement réagi après la nouvelle menace de Donald Trump d’imposer des droits de douane de 200 % sur les vins et champagnes français. L’entourage d’Emmanuel Macron, tout comme la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, ont condamné ces déclarations, mardi 20 janvier 2026.

Municipales 2026 : la liste “Faire mieux pour Besançon” présente ses candidat(e)s sur les réseaux sociaux

La liste “Faire mieux pour Besançon”, soutenue par La France insoumise et menée par Séverine Véziès, candidate à l’élection municipale de Besançon, a diffusé le 19 janvier 2026 un communiqué annonçant le lancement d’une série de publications en ligne. Cette initiative s’inscrit dans la campagne des élections municipales prévues les 15 et 22 mars prochains.

Vers le rétablissement d’un quatrième aller-retour ferroviaire entre Paris et Lausanne ?

Jacques Grosperrin, sénateur LR du Doubs et conseiller régional de Bourgogne-Franche-Comté, et Éric Liegeon, député LR du Doubs, annoncent, dans un communiqué du 19 janvier 2026, travailler conjointement au rétablissement d’un quatrième aller-retour ferroviaire entre Paris et Lausanne. 

Comprendre et suivre l’extrême droite en Franche-Comté : lancement de l’Obex FC à Besançon

L’Observatoire de l’extrême droite en Franche-Comté (Obex FC) a été présenté officiellement vendredi 16 janvier 2026 à la presse, puis au public lors d’une conférence organisée le soir même salle David à Besançon. Cette plateforme régionale se donne pour objectif de documenter, analyser et rendre accessibles les phénomènes liés à l’extrême droite en Franche-Comté. L’Obex FC est porté par trois fondateurs, membres de l’association Comité pour Clément : "Toufik de Planoise", journaliste, "Walden", militant anti-extrême droite, et "Yoann Muson", universitaire.

Loup : la hausse des tirs autorisés relance la controverse entre État et scientifiques

Plusieurs organisations de protection de la nature réunies au sein du Groupe national Loup ont publié un communiqué mardi 13 janvier 2026 critiquant l’annonce du gouvernement visant à relever le plafond annuel de destruction des loups. Cette prise de position intervient alors que la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a évoqué, parmi d’autres mesures, une hausse du taux maximal de tirs autorisés contre l’espèce.

Municipales 2026 : quand Séverine Véziès parodie Ludovic Fagaut sur les réseaux sociaux…

Depuis le lancement de sa campagne municipale, Ludovic Fagaut, candidat Les Républicains à la mairie de Besançon, publie régulièrement des vidéos sur les réseaux sociaux. On l’y voit parcourir différents quartiers de la ville, exposer sa vision et critiquer la situation actuelle. Ce format très reconnaissable a récemment été repris et détourné par Séverine Véziès, candidate de La France insoumise, dans une vidéo lundi 12 janvier 2026 consacrée à la neige, à un tire-fesses jusqu'à la gare et des pingouins à la Citadelle...

Sondage – Comptez-vous aller voter aux élections municipales 2026 ?

Les élections municipales se dérouleront les 15 et 22 mars 2026. Les alliances se sont resserrées et la campagne commence bel et bien à l’approche du premier tour… Reste encore à avoir les programmes complets des candidats.. Et vous ? Comptez-vous aller voter aux prochaines élections municipales ? C’est notre sondage de la semaine.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 -0.19
couvert
le 21/01 à 06h00
Vent
1.76 m/s
Pression
1011 hPa
Humidité
85 %