Rencontre avec Jean Josselin, ancien champion de boxe bisontin...

Publié le 22/03/2017 - 09:42
Mis à jour le 08/02/2021 - 14:37

PORTRAIT • Le 7 février 2017, une pétition a été publiée sur la toile demandant au maire de Besançon de reconnaître Jean Josselin, ancien champion d’Europe de boxe bisontin dans les années 60. Nous avons rencontré cet athlète à la retraite dans son petit appartement rue Battant. Il a aujourd’hui 77 ans…

Carte d'identité

  • Jean Josselin
  • Né le 6 janvier 1940 à Besançon
  • Vit à Besançon
  • Divorcé, trois enfants
  • Retraité

Jean Josselin est né le 6 janvier 1940 à Besançon, "le jour des Rois, je ne sais pas le roi de quoi, mais…" plaisante-t-il. C'est à l'âge de 14 ans qu'il découvre la boxe au club le Ring Olympique Bisontin. "Je faisais du jardinage depuis que j'avais 12 ans, j'étais costaud, j'avais une bonne pogne, je faisais 65 kg et j'avais envie de perdre du poids", nous confie-t-il. Il s'entraîne à l'époque avec "Monsieur Monnin et Monsieur Lucas". Dans les années 50, il faut avoir 16 ans pour obtenir une licence. En 1954, en attendant d'atteindre cet âge, il fait des exhibitions avec ses collègues.

117 combats entre 1956 et 1961

Deux ans plus tard, Jean Josselin a 16 ans et participe aux championnats de Franche-Comté amateur, qu'il remporte, puis aux championnats de France qu'il gagne également. Il fait ses preuves au Bataillon de Joinville, en section boxe, une ancienne unité militaire de l'armée française accueillant des appelés sportifs. De 1956 à 1961, l'athlète amateur participe à 117 combats et compte seulement 7 défaites. La boxe n'a alors plus de secret pour le jeune Bisontin qui devient boxeur professionnel en 1961. "En 61, je boxais un peu tout le monde pour me mettre dans le coup, c'est-à-dire que je faisais des combats de 6 rounds au début pour m'habituer, puis 8 rounds et enfin 10".

Ce fameux soir de 1966 à Dallas… 

Au bout de 40 combats, Jean Josselin devient champion de France professionnel en 1965, puis champion d'Europe la même année. C'est en 1966 qu'il participe aux championnats du monde à Dallas (Texas – États-Unis) et se retrouve en finale face au Texan Curtis Cokes. "J'ai perdu en 15 rounds : mon adversaire était chez lui, le match était difficile, l'arbitre le laissait m'accrocher et comme il était plus grand que moi… Aller boxer chez le collègue c'est délicat", nous confie-t-il.

Jean Josselin boxe jusqu'en 1972, après 96 combats professionnels, dont une quinzaine de défaites. "À la fin, je boxais un peu pour l'argent, je boxais des champions du monde pour gagner des sous, il m'est arrivé de toucher des 10 000 €". À l'âge de 31 ans, Jean Josselin décide d'arrêter la boxe "parce que j'avais l'âge", précise-t-il.

"Le Ring"

Même champion de boxe professionnel et souvent sur la route, Jean Josselin ne cesse de travailler pour l'entreprise Bourgeois Trépillot (aujourd'hui R. Bourgeois) jusqu'en 1975. "Quand je partais boxer loin, j'avais des congés, on me laissait y aller. J'étais comme un bouche-trou, on m'avait mis à la mécanique et au tournage sur métaux et quand j'étais pas là, je ne manquais pas parce qu'il y avait toujours quelqu'un pour me remplacer", nous explique-t-il.

En 1975, il décide d'acheter un bar qu'il appelle "Le Ring", rue Jean Petit à Besançon, près du marché couvert (aujourd'hui marché Beaux-Arts). Pourquoi un bar ? "Quand j'ai arrêté la boxe, j'étais parti pendant 3 ans chez un copain qui tenait un bar à Strasbourg, alors je tenais le bar, et j'aimais discuter, rencontrer des gens". Dans son bar, Jean Josselin propose des plats qu'il cuisine dans la cave transformée en restaurant. Le jeune entrepreneur attire les clients notamment grâce à sa notoriété : "On me demandait de parler de ma carrière de boxeur, c'était sympa et puis je faisais des fondues, ça plaisait bien", se souvient-il.

La retraite à 75 ans

Suite à la période du "Ring", le boxeur à la retraite vend son commerce et divorce de son épouse. "J'ai pris ma liberté, j'ai travaillé chez les autres dans un bar de la rue des Granges, pour un copain, Grandjean, ancien boxeur aussi et puis dans d'autres bars."

Jean Josselin prend sa retraite en 2015, alors qu'il a 75 ans. Depuis deux ans, "je fais un peu mon chez-moi, je m'occupe de mes papiers un peu, mais j'ai bien du mal… En gagnant 600€ par mois… c'est difficile". 

En manque de reconnaissance ?

"Non, pas du tout", nous répond Jean Josselin, "j’aime pas aller pleurer moi, je n'ai aucune attente : on fait les choses de bon cœur ou on ne les fait pas". L'ancien athlète reconnaît qu'il a exporté l'image de Besançon partout où il allait. "Mais j'ai tout de même eu l'Ordre du mérite sportif quand j'étais dans l'équipe de France", précise-t-il.

Si des athlètes bisontins sont reconnus à Besançon de diverses façons, il n'y a aucune trace des exploits de Jean Josselin dans sa ville natale. C'est pourquoi l'un de ses proches a lancé une pétition le 7 février dernier pour demander à Jean-Louis Fousseret, maire de Besançon, de reconnaître Jean Josselin "avec une rue à son nom et une aide financière, car il a contribué à faire connaître sa ville dans les années 60."

Nostalgique ?

Quand Jean Josselin parle de sa carrière sportive, "je ne suis pas nostalgique, ça me fait plaisir, je suis content, je trouve que j'ai fait une bonne carrière, d'autant plus qu'il était très difficile à cette époque-là de devenir professionnel parce qu'il y avait beaucoup de boxeurs, et puis j'ai été pendant 2 ans au Bataillon de Joinville".

Le retraité ajoute que "j'aimais ça et il fallait que je fasse ça. Quand j'étais gosse à l'école, je me battais déjà tout le temps. La boxe m'a bien discipliné. Et je ne me suis jamais battu en dehors de la boxe. J'étais très sensibilisé, je savais ce que c'était de donner un coup à quelqu'un, ça peut être dangereux." 

Un souvenir en particulier ? 

"J'ai boxé à Dallas, Los Angeles, en Côte d'Ivoire, à Johannesburg", se remémore Jean Josselin. "Je n'ai pas de souvenir à raconter en particulier… Peut-être un combat que j'appréhendais contre un boxeur gaucher aux championnats d'Europe à Paris. Je n'aimais pas me battre contre des gauchers. Et finalement j'ai gagné au bout de 3 rounds, il avait abandonné".

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