Réforme des collèges : pourquoi ils ont manifesté...

Publié le 19/05/2015 - 17:59
Mis à jour le 20/05/2015 - 16:00

300 personnes se sont mobilisées à Besançon ce 19 mai 2015 contre la réforme des collèges de la ministre de l’Education Najat Vallaud-Belkacem. Nous avons rencontré quelques manifestants présents dans les rangs de la protestation.

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Dans le cortège, Sébastien Mercier, secrétaire académique du SNFOLC Besançon, rappelle que "la réforme du collège est une des 155 mesures du pacte de responsabilité, qui vise à faire économiser 50 milliards d’euros sur la fonction publique. Cette réforme se traduit alors par la suppression du nombre d’heures disciplinaires."

L'interdisciplinarité en cause

Une professeure d’anglais insiste sur la nécessité de "solidifier les bases des élèves", tandis qu’une autre souligne qu’ "il faut déjà enseigner notre matière correctement avant de faire de la transversalité". Elle regrette un "nivellement par le bas" et l’ "alignement sur le modèle anglo-saxon". En effet, la réforme prévoit la mise en place d’Enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI) au détriment d’heures disciplinaires comme l’histoire ou le français.

Une enseignante s’interroge sur les critères de sélections des EPI, votés en Conseil d’administration de chaque établissement. Sébastien Mercier rappelle alors que "les établissements devront organiser le contenu des programmes." Et d'ajouter "il y a 5000 collèges en France. Doit-on s’attendre à 5000 organisations différentes ?" Le secrétaire académique du SNFOLC remet alors en question la pertinence de "diplômes nationaux" comme le brevet. Pour le militant, la réforme se traduit par l’éclatement de l’école républicaine.

Contre la suppression des langues... 

La réforme de Najat Vallaud Belkacem prévoit la suppression des "options" comme l’apprentissage du latin et du grec. La ministre de l’Éducation a également annoncé une diminution considérable des classes bi-langues et la suppression des classes européennes, jugées "élitistes", ne profitant qu’à une minorité d’élèves.

Or, Patrick Bastien, professeur d’anglais au collège de Gy (70)  contredit l’argument de l’élitisme. En effet, dans la plupart des collèges "les élèves latinistes, ou issus de classes européennes, sont dispersés dans plusieurs classes".

L’enseignement de l’allemand est menacé, raison pour laquelle une enseignante d’anglais a manifesté "en solidarité avec ses collègues professeurs d’Allemand, qui vont devoir faire des compléments de service".

...mais pour une réforme !

Alors que le niveau des élèves est en baisse pour un ancien professeur de biologie, "il est clair qu’il faut faire travailler les élèves autrement". Il ajoute qu’il faut "adapter l’enseignement à un nouveau contexte, par exemple en orientant les élèves beaucoup plus tôt".

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