Qu’est-ce que le programme Sylvae ?
Initié en Auvergne en 2018, ce programme est porté par les Conservatoires d’espaces naturels. Son but est d’identifier les plus vieux massifs forestiers français et d’y acquérir des îlots pour les placer en libre évolution, c’est-à-dire n’y effectuer aucune intervention sur la végétation. Les parcelles ciblées pour l’acquisition concernent les vieilles forêts, mais aussi les forêts dites "à haute valeur écologique", précisent les conservatoires d’espaces naturels BFC, autrement dit, présentant des enjeux particuliers pour la biodiversité.
"L’achat par les Conservatoires garantit l’absence de toute exploitation forestière et permet la préservation de ces écosystèmes sur le long terme. Les arbres pourront ainsi accomplir leur cycle biologique complet, de la croissance au vieillissement puis à la régénération naturelle, un cycle qui s’étend sur plusieurs centaines d’années !", explique Samuel Gomez, coordinateur du programme au Conservatoire de Bourgogne.
Qu’est-ce qu’une vieille forêt ?
Les vieilles forêts sont des forêts anciennes, qui ont au moins 200 ans d’existence, et, matures, c’est-à-dire qu’elles se distinguent par la présence de gros bois, de vieux arbres et d’une quantité importante de bois mort au sol et sur pied. En Bourgogne-Franche-Comté, selon l’Institut national de l’information géographique et forestière, seulement 5 % de la surface forestière comporte des forêts anciennes et matures.
Pourquoi préserver les vieilles forêts ?
Pour les Conservatoires d’espaces naturels "les enjeux sont multiples : ce sont des forêts particulièrement riches en espèces, notamment grâce au bois mort qui accueille 40 % de la biodiversité forestière. Elles sont beaucoup plus résilientes face aux perturbations comme celles liées au dérèglement climatique. Ce sont d’importants pièges à carbone pour la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre". Enfin, "elles représentent un patrimoine culturel et historique, certaines remontant à l’époque médiévale, voire au-delà", peut-on encore lire dans le communiqué.
À quoi serviront les dons ?
Les sommes collectées cette année seront "réparties équitablement entre la Bourgogne et la Franche-Comté" et serviront "uniquement à l’achat de parcelles de vieilles forêts ou de forêts à haute valeur écologique, ainsi qu’au règlement des frais d’actes notariés, parfois en complément de fonds publics ou privés", précisent les Conservatoires d’espaces naturels de BFC.
"Pour ces acquisitions, nous avons ciblé certains secteurs, notamment les régions forestières du Puisaye, du Morvan, du Beaujolais et Clunisois, de la Saône et de la Bresse, des Vosges ainsi que du Haut-Jura. Mais nous serons bien sûr attentifs aux opportunités à venir !", ajoute encore Luc Bettinelli, coordinateur du programme en Franche-Comté. "Nous cherchons par exemple actuellement à acheter 110 hectares d’une magnifique forêt jouxtant la Réserve naturelle nationale des ballons comtois, à Lepuix, dans les Vosges sâonoises. Nous avons donc besoin d’une belle mobilisation des citoyens !", conclut-il.

Infos +
- Les Conservatoires d’espaces naturels de Bourgogne-Franche-Comté sont des associations loi 1901 agréées par l’État et la Région, reconnues pour leur expertise dans différentes disciplines (écologie, foncier, pédagogie...) dans le but de préserver les milieux naturels, la biodiversité et les paysages de notre région
(avec communiqué)


