Budget 2026 : des syndicats appellent à la mobilisation le 2 décembre

Publié le 26/11/2025 - 08:30
Mis à jour le 25/11/2025 - 17:10

Alors que se poursuit l’examen du budget 2026, la CGT estime que le débat démocratique est fragilisé par les délais parlementaires et par les positions de la droite et de l’extrême droite. Le syndicat appelle à "maintenir la pression pour gagner de vraies mesures de justice fiscale" et organise une journée de mobilisation intersyndicale (FSU, la CGT et Solidaires) le 2 décembre.

 © Alexane Alfaro
© Alexane Alfaro

Selon le communiqué, les discussions parlementaires se déroulent sous une forte contrainte temporelle. Deux échéances clés sont identifiées.

La première intervient le 23 novembre : les député·es doivent avoir examiné les amendements restants, faute de quoi le projet de loi serait transmis automatiquement au Sénat "dans l’état où il se trouve" et sans vote de l’Assemblée nationale.

La seconde échéance, le 23 décembre, marque la fin du délai global de soixante-dix jours. Avant cette date, le Sénat doit s’être prononcé, au plus tard le 12 décembre, et un accord doit être trouvé entre les deux chambres. À défaut, "le gouvernement peut mettre en œuvre son budget par ordonnance, sans vote, sans débat, sans contrôle parlementaire".

Pour la CGT, ces contraintes conduisent à un débat tronqué : "Le débat démocratique sur l’argent public est aujourd’hui étouffé, et les parlementaires n’ont quasiment plus la main sur les grandes orientations fiscales."

Des avancées limitées sur la justice fiscale

Le syndicat estime que les mesures actuellement envisagées ne constituent « pas de révolution en matière de justice fiscale ». Il liste plusieurs dispositions jugées insuffisantes, malgré une mobilisation sociale qu’il juge déterminante dans l’ouverture du débat.

Parmi elles :

  • une surtaxe des grandes entreprises, avec un taux porté à 35,3 %, et des ETI, à 5 %, considérée comme "bien insuffisante" ;
  • une taxe sur les "superdividendes", dont le rendement dépendra "des décrets d’application et de l’assiette retenue" ;
  • le doublement de la taxe sur les services numériques, de 3 à 6 %, qualifié de mesure "bien marginale" ;
  • le rétablissement de l’"exit-tax", dont le produit attendu est de 60 à 80 millions d’euros par an.

La CGT souligne par ailleurs l’absence de réforme concernant les niches fiscales, qui auraient coûté 91,8 milliards d’euros en 2025, et dénonce que "de nouveaux dispositifs d’évitement fiscal ont été rétablis ou créés".

Un appel à la mobilisation le 2 décembre

Face à ce constat, la CGT appelle à une journée de grève et de manifestation le 2 décembre, afin de défendre "un budget de progrès social". Le communiqué met en avant plusieurs revendications :

  • la conditionnalité des aides publiques aux entreprises, estimées à 211 milliards d’euros en 2024, notamment sur l’emploi, les salaires, l’investissement productif ou l’égalité femmes-hommes ;
  • la suppression de la "flat tax" et l’alignement fiscal des revenus du capital sur ceux du travail, pour un rendement annoncé de 2,2 milliards ;
  • une plus grande progressivité de l’impôt sur le revenu, évaluée à 12 milliards ;
  • une taxe plancher de 2 % sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros, susceptible de rapporter 24 milliards.

Pour le syndicat, la ressource fiscale existe : "De l’argent il y en a : dans les poches des ultra-riches et du patronat !"

Social

Mobilisation du 7 novembre : le préfet du Doubs interdit les rassemblements dans le centre-ville de Besançon

À la veille d’une nouvelle journée de mobilisation annoncée pour ce samedi 7 novembre 2026, la préfecture du Doubs renforce les mesures de sécurité à Besançon. En l’absence de déclaration de manifestation, le préfet Rémi Bastille a pris un arrêté interdisant tout rassemblement sur la voie publique dans le centre-ville bisontin, de 9 heures à 22 heures. Plusieurs autres restrictions s’appliqueront également dans l’ensemble du département.

5 novembre à Besançon : la CFDT et l’UNSA quittent la manifestation à 600 mètres du départ " pour des raisons de sécurité "

À l’occasion de la manifestation intersyndicale organisée jeudi 5 novembre à Besançon, la CFDT et l’UNSA ont décidé de quitter le cortège quelques centaines de mètres après son départ. Dans un communiqué publié vendredi 6 novembre, les deux organisations expliquent avoir pris cette décision après qu’une partie des manifestants a emprunté un itinéraire interdit par arrêté préfectoral.

Manifestation du 5 novembre dans le Doubs : un cortège dispersé à Besançon, sept interpellations

La journée de mobilisation intersyndicale organisée ce jeudi 5 novembre 2026 dans le Doubs a rassemblé 9 000 personnes à Besançon et 800 à Montbéliard, selon le bilan communiqué par la préfecture. À Besançon, le cortège s’est scindé en plusieurs groupes, entraînant des tensions dans le secteur de Battant. Sept personnes ont été interpellées et deux policiers blessés.

9.000 personnes se sont mobilisées ce jeudi 5 novembre à Besançon (chiffre préfecture)

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