CINEMA : Le Chat du rabbin

Publié le 12/06/2011 - 08:02
Mis à jour le 12/06/2011 - 08:02

L’adaptation très réussie de la bande dessinée de Joann Sfar.

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**** A voir absolument

 L’Algérie, 1920. Alger et ses rues étroites et sinueuses. Ici vit le rabbin Sfar, avec son énergique fille Zlabya et son chat élancé qui se trouve être aussi doué de parole.

Pas de surprises, Le Chat du rabbin est une adaptation fidèle et condensée des 5 tomes de  la bande dessinée de Joann Sfar. Mais d’emblée, on est frappé par la richesse des couleurs. Le trait si caractéristique de l’auteur, les personnages originaux et sympathiques, les paysages saisissants, tout y est.

 

Le chat lui est un vrai régal. Impertinent (c’est François Morel, chroniqueur sur France Inter qui fait sa voix), il dispense à tous ses théories et ressentis sur la religion, sur dieu, sur les hommes, sur l’amour. Tout est simple selon le chat. Ce sont les hommes qui compliquent tout. Alors quand le rabbin veut l’éloigner de sa fille, le chat, très amoureux d’elle, décide de faire sa bar mitsva. La découverte d’un réfugié juif russe le conduira à une expédition à travers l’Afrique et jusqu’en Éthiopie, prétendu « paradis » du peuple juif africain.

 Le Chat du rabbin est un film à mettre entre toutes les mains. D’abord parce qu’il est visuellement très agréable et très beau. Et qu’il est d’une subtilité rare. Tout le monde en prend pour son grade sans être montré du doigt. Le film met en avant les petites incompréhensions du quotidien entre les hommes qui peuvent mener à l’irrespect, à la persécution et qui poussent des hommes à fuir à la recherche de lieux utopiques où il ferait bon vivre. Terre à terre, le chat est un regard simple et sans ambiguïté sur le monde et sur son temps. Les querelles entre juifs et musulmans paraissent soudain bien désuètes. Le film se fend même d’un petit passage avec Tintin, caricature du reporter prétentieux avec un accent belge à couper au couteau (François Damiens prête sa voix pour l’occasion). Tous les mythes sont égratinés. Savoureux.

 

Quentin Buchberger

 

  • Réalisation : Joann Sfar et Antoine Delesvaux
  • Scénario : Joann Sfar et Sandrina Jardel
  • Avec les voix de : François Morel, Maurice Benichou, Hafsia Herzi, François Damiens, Mathieu Amalric
  • Durée : 1h40
  • Genre : Animation
  • Photographie : Jérôme Brezillon
  • Musique : Olivier Daviaud
  • Année de production : 2009
  • Distribution : UGC Distribution
  • Date de sortie : 1 juin 2011

A voir du même réalisateur : Gainsbourg Vie héroïque (2010)

 

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