La gendarmerie explique que cette méthode d'escroquerie repose sur un appel téléphonique au cours duquel un individu se fait passer pour un employé du service des fraudes d'une banque, en l'occurrence le Crédit Agricole.
L'escroc informe sa victime de prétendus mouvements frauduleux sur ses comptes afin de créer ”un état d'urgence et de panique”. Dans le cas rapporté, il affirme qu'un prélèvement de plus de 80 000 euros est en attente et demande à l'agriculteur d'effectuer lui-même des virements vers des IBAN présentés comme des comptes sécurisés.
Convaincue par ”la crédibilité de l'interlocuteur et la gestion multi-comptes sur une seule application bancaire” selon la gendarmerie, la victime réalise trois virements pour un montant total de 85 651 euros.
Une intervention rapide limite les pertes
L'agriculteur comprend rapidement qu'il a été victime d'une escroquerie et se rend immédiatement en gendarmerie pour déposer plainte.
Les enquêteurs déclenchent alors plusieurs procédures d'urgence. ”Le service TRACFIN a été alerté immédiatement pour geler les fonds auprès des partenaires bancaires étrangers (Irlande et Malte) et la banque de proximité a bloqué les opérations en cours”, précise le communiqué.
Parallèlement, ”une demande d'entraide judiciaire a été lancée via le parquet de Besançon”. La banque mobilise également ses structures internationales afin de récupérer les sommes déjà transférées.
À ce jour, 79 683 euros ont été recouvrés, soit la quasi-totalité de la somme détournée.
Les recommandations de la gendarmerie
Face à ce type d'escroquerie, la gendarmerie rappelle plusieurs règles de prudence à destination des agriculteurs et des trésoriers de coopératives. Elle recommande notamment de ”ne jamais effectuer de virements sur demande téléphonique”. Elle rappelle qu'”un banquier ne vous demandera jamais d'effectuer des virements vers des comptes tiers pour "sécuriser" vos fonds”.
En cas d'appel suspect, les forces de l'ordre invitent également les victimes potentielles à ”vérifier l'identité de l'interlocuteur” en raccrochant puis en rappelant leur établissement bancaire via ses numéros officiels.
Enfin, si un virement a déjà été effectué, la gendarmerie recommande de contacter immédiatement la Gendarmerie ainsi que votre établissement bancaire pour tenter d'intercepter les fonds avant leur transfert international.
Un appel à la vigilance
Dans son communiqué, le groupement de gendarmerie du Doubs souligne que ”la Gendarmerie nationale reste mobilisée pour protéger les professionnels de l'agriculture contre ces dérives”. Elle rappelle enfin que ”la vigilance et la réactivité sont vos meilleures armes” et invite les victimes ou les personnes confrontées à une tentative d'escroquerie à contacter leur brigade de gendarmerie de proximité.


