Cette rencontre est rare, et ce, pour deux raisons. En premier lieu, cette espèce n’est pas des plus courantes et certaines estimations parlent de 300 à 400 mâles en France. Ensuite, par ce que le bougre sait admirablement se cacher.
Lorsqu’il fait le guet, le butor étoilé est parfaitement immobile et comme suspendu à un fil. Son plumage varie entre le brun clair et le brun roux. Ce brun vire au noir pour créer des lignes accentuant sa capacité à se cacher. En effet, derrière lui, le rideau de roseaux n’est jamais régulier, mais troué d’espaces d’obscurité…
Si vous avez un jour la chance de l’observer, vous remarquerez que, dans cette position immobile, son bec pointe vers le ciel. De chaque côté, ses yeux latéralement implantés peuvent surveiller les intrus comme sa pitance (larves, grenouilles, petits poissons…).

Et puis, à d’autres moments, quand notre fantôme se déplace à la lisière de la roselière, il perd sa forme effilée, un peu à la manière d’un héron.
Quant à l’endroit où j’ai eu la chance de le photographier, je ne sais pas s’il y vit à demeure. En effet, j’ai entendu plusieurs versions de son comportement. Il y aurait des migrateurs venus d’Europe du nord, passer l’hiver (chez nous, mais ailleurs également), quand d’autres affirment que c’est un oiseau sédentaire, une fois son territoire choisi…


