À La Chenalotte, dans le Haut-Doubs, la tourbière fait l’objet d’un programme de restauration hydrologique destiné à préserver son fonctionnement naturel. D’une superficie d’environ 35 hectares, ce milieu tourbeux a bénéficié de plusieurs aménagements réalisés entre le 20 septembre et le 19 décembre 2025. Les travaux seront présentés au public lors d’une inauguration organisée samedi 14 novembre 2026.
L’objectif de cette opération est de "limiter l’assèchement" du site en empêchant l’eau de s’évacuer trop rapidement par les anciens fossés de drainage. Un enjeu environnemental important, puisque les tourbières jouent un rôle dans la régulation du climat grâce à leur capacité à stocker le carbone dans les sols.
Des anciens fossés à l’origine de l’assèchement
La tourbière de La Chenalotte porte les traces de son exploitation passée. Dès le début du XIXe siècle, elle était utilisée pour fournir du combustible à la population locale. Elle a ensuite fait l’objet de travaux de drainage, notamment en 1942, afin de permettre des plantations forestières.
Aujourd’hui, ces anciens fossés continuent de favoriser l’évacuation de l’eau et contribuent à l’assèchement progressif du milieu. Or, lorsque les sols tourbeux restent saturés en eau, la matière organique se décompose très lentement et s’accumule sous forme de tourbe. Ce processus permet de stocker durablement du carbone dans les sols.
À l’inverse, lorsque la tourbière s’assèche, la dégradation de cette matière organique s’accélère et entraîne des émissions de gaz à effet de serre. La restauration hydrologique vise donc à maintenir l’eau plus longtemps sur le site, à préserver les stocks de carbone et à favoriser le retour d’un fonctionnement naturel.
Près de deux kilomètres de fossés neutralisés
Pour atteindre cet objectif, les travaux ont consisté à neutraliser les anciens fossés de drainage. Au total, 1 955 mètres linéaires de fossés ont été traités, au cours de treize semaines de chantier.
Plusieurs techniques ont été utilisées en fonction de la configuration des fossés et de la profondeur de tourbe : installation de panneaux de bois, mise en place de palissades en madriers et réalisation de bouchons à partir de marne prélevée directement sur le site.
Une attention particulière a également été portée à la fragilité des sols tourbeux. Des équipements adaptés ont ainsi été mobilisés pour limiter l’impact du passage des engins pendant les interventions.
Le montant total du marché s’élève à 108 905,80 € HT, soit 130 686,96 € TTC.
Ces aménagements doivent permettre de ralentir l’écoulement de l’eau, de limiter l’assèchement de la tourbière et de préserver les habitats naturels ainsi que la biodiversité qui leur est associée. Malgré les effets encore visibles de l’épisode de sécheresse de l’été 2026, les observations réalisées sur place indiquent que les travaux ont permis de conserver l’eau plus longtemps.
Une inauguration pour découvrir les aménagements
Pour présenter les interventions et leurs premiers effets, une matinée de découverte est organisée samedi 14 novembre 2026, à 10 heures.
La rencontre débutera par une visite de terrain. Les participants pourront découvrir la tourbière après les travaux, comprendre les différentes techniques employées et prendre connaissance des objectifs de cette restauration.
Les échanges se poursuivront autour d’un verre de l’amitié à la salle des fêtes de la mairie. Un film consacré au déroulement du chantier, comprenant une présentation avant/après, sera également diffusé.
Le rendez-vous est fixé chemin Jacquin et Roncevaux, à La Chenalotte. Un stationnement est possible à l’entrée du site.
Un programme de restauration à l’échelle du Haut-Doubs
Cette opération s’inscrit dans le programme européen LIFE Climat tourbières du Jura, prévu sur la période 2022-2029. Celui-ci accompagne la restauration de plusieurs tourbières et la préservation de leur rôle dans l’atténuation du changement climatique.
Le projet est porté par l’EPAGE Doubs Dessoubre, avec l’assistance à maîtrise d’ouvrage du Conservatoire d’espaces naturels de Franche-Comté. La commune de La Chenalotte, propriétaire des parcelles, et l’Office national des forêts (ONF) sont partenaires de l’opération. Les travaux ont été réalisés par l’entreprise Jura Natura Services (JNS).
La tourbière de La Chenalotte appartient au complexe tourbeux des Belles Seignes, qui s’étend sur plusieurs communes du Haut-Doubs. D’autres opérations de restauration sont programmées dans le cadre du LIFE, notamment au Bélieu et à Noël-Cerneux.
À plus long terme, la mise en place d’un pâturage extensif adapté aux enjeux écologiques du site est également envisagée. Cette pratique aurait pour objectif de limiter l’embroussaillement et de contribuer au maintien des milieux ouverts.


