Faire des déchets organiques une ressource plutôt qu’un rebut : c’est l’ambition portée par Aline Vieille à travers Trivial Compost, une structure bisontine engagée dans la prévention et le traitement local des biodéchets.
Créée en 2010 sous forme associative, Trivial Compost a franchi une nouvelle étape à la fin de l’année 2022 en devenant une société coopérative ouvrière de production (Scop), agréée Entreprise solidaire d’utilité sociale (ESUS). Historiquement partenaire du syndicat intercommunal local, le Sybert, pour développer le compostage en pied d’immeuble, la structure a progressivement élargi son champ d’intervention.
Collecte de biodéchets, compostage, location de toilettes sèches, formation, conseil ou encore lutte contre le gaspillage alimentaire : ses activités couvrent désormais plusieurs aspects de la transition écologique. Trivial Compost emploie aujourd’hui huit salariés, représentant 6,7 équivalents temps plein.
À la tête de l’entreprise, Aline Vieille assure le développement économique, les partenariats et les marchés publics. Elle continue également à participer régulièrement aux collectes aux côtés de son équipe, au contact direct des activités de terrain.

Une distinction nationale pour une action ancrée dans le territoire
Le 15 octobre 2026, à Paris, Aline Vieille a été distinguée lors de la première édition du Prix des dirigeantes de l’Économie sociale et solidaire, organisée par France Active et Mirova Foundation, à l’occasion du Forum national des associations et fondations (FNAF).
Elle a remporté le prix dans la catégorie "Transition écologique", parmi neuf finalistes sélectionnées à partir de plus de 50 candidatures remontées par les territoires. Les deux autres lauréates sont Joanne Boachon, fondatrice de Mineka, à Villeurbanne, récompensée dans la catégorie "Économie circulaire et réemploi", et Eva Muringer, cofondatrice de Flavi, à Montpellier, lauréate dans la catégorie "Solidarité". Chacune reçoit une dotation de 5 000 euros destinée à soutenir le développement de son activité.
À travers cette récompense, les organisateurs entendent valoriser des initiatives qui apportent des réponses concrètes aux enjeux sociaux et environnementaux. Au-delà de leur impact, les projets sont également distingués pour leur capacité à développer de nouveaux modèles économiques, à agir au plus près des territoires et à faire vivre les principes de coopération et de gouvernance partagée propres à l’ESS.
Soutenir l’entrepreneuriat des femmes
Pour France Active, ce nouveau prix s’inscrit dans un engagement en faveur d’un entrepreneuriat plus inclusif et d’un meilleur accès des femmes à la création et au développement d’entreprise. "À travers ce Prix, nous voulons mettre en lumière des dirigeantes qui apportent des réponses très concrètes aux besoins de leur territoire et aux grandes transitions que nous devons mener", explique Pierre-René Lemas, président de France Active, et d'ajouter : "Soutenir les femmes entrepreneures, c’est contribuer à construire une économie à la fois plus inclusive, plus durable et plus représentative de la société".
Selon les chiffres avancés par France Active, près d’un entrepreneur financé sur deux par l’organisme en phase de création est une femme. Par ailleurs, 93 % des femmes entrepreneures soutenues seraient toujours en activité trois ans après leur création, contre 75 % en moyenne nationale, selon les données de l’Insee citées par l’organisme pour 2023.
De son côté, Mirova Foundation, fonds de dotation de Mirova, soutient des initiatives d’intérêt général autour de trois priorités : l’éducation, l’emploi et l’accès aux ressources essentielles. Pour Anne-Claire Roux, de Mirova Foundation, cette distinction doit permettre de donner aux lauréates "à la fois des moyens, de la visibilité et une reconnaissance". L’objectif est de contribuer à la consolidation de leurs activités et à leur changement d’échelle.


