Comme chaque année, la préfecture encadre le nombre d'animaux que les chasseurs auront le droit d'abattre, avec des quotas maximums et des minimums requis.
Pour l'administration, il s'agit de "rechercher une gestion concertée et raisonnée de ces espèces (cerf et chamois) dans l'objectif d'atteindre et de conserver un équilibre “agro-sylvo-cynégétique". Celui-ci vise à garantir la présence durable d'une faune sauvage riche et variée, tout en permettant la pérennité écologique et la rentabilité économique des écosystèmes agricoles et forestiers”.
Dans son communiqué, l'Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS) dénonce : les "supposés dégâts agricoles et forestiers" évoqués lors de la consultation du public ne sont qu'un prétexte fallacieux pour satisfaire le lobby des chasseurs du Doubs : la FDC / La Belle Chasse du Doubs a maintenant carte blanche pour choisir le nombre de chamois à tuer pour cette "activité de loisir récréative" ”.
Recensement
Pour la saison 2026/2027, le nombre maximal de chamois attribué est de 331, et celui des cerfs de 312. Cela vaut pour l'entièreté du territoire du Doubs. Ces chiffres sont ensuite découpés et répartis sur des zones de chasse, en fonction des observations du nombre d'animaux comptabilisés pendant les recensements. Le comptage est fait par des membres de la fédération de chasse du Doubs et encadré par un protocole établi par l'Office français de la biodiversité (OFB).
Population en baisse selon les territoires
Selon la préfecture, le nombre d'attribution des cerfs sur le territoire est relativement stable. Néanmoins, elle précise que le nombre de "réalisation", soit le nombre d'animaux effectivement abattus, oscille entre 67 % et 70 % dans le Haut-Doubs depuis trois ans. Elle attribue cet écart à l'installation du loup.
Concernant le chamois, la population semble en baisse, d'où un nombre d'attribution restreint de moins 32 % entre 2023/2024 et 2024/2025. Cette année, c'est moins 26 % sur la fourchette maximale. La note de présentation de la préfecture met en avant de fortes disparités territoriales. Si sur le secteur du Haut-Doubs et Nord-A36 l'espèce semble bien implantée, la préfecture baisse de 8 % le nombre d'animaux maximum à prélever sur le secteur Loue-Lison, et de 44 % sur la vallée du Dessoubre.
La délégation de l'ASPAS estime que la population de chamois est passée de 3 000 à 1 100 têtes entre 2021 et 2027.
Prédateurs et réchauffement climatique
Deux arguments sont mis en avant par l'association qui s'interroge sur les conditions de la chasse : la régulation naturelle par les prédateurs que sont le lynx et le loup, ainsi que la forte pression exercée par le dérèglement climatique sur les ongulés sauvages.
Dans son communiqué, la préfecture reconnaît qu'actuellement “aucune donnée publiée ne permet d'avoir une vision globale de ces effets (du changement climatique), ni de leur intensité sur les populations présentes dans le Doubs ”. Elle affirme cependant que le contexte de prédation naturelle par le lynx et le loup est pris en compte dans l'attribution des quotas, et que l'impact particulier du loup “est en cours d'expertise dans le cadre d'un programme d'étude piloté par la FDC25, associant l'université de Lausanne et l'OFB, entre autres, et qui vise à mieux comprendre le système d'interactions complexes entre le grand prédateur et ses proies ”.
Pour l’ASPAS ce n’est pas suffisant : “dans la période actuelle de transition écologique, développement durable et éco-responsable, bien-être animal et respect de l'environnement, ces violences et destructions récréatives gratuites faites au vivant et à notre biodiversité méritent d'être dénoncées ”.


