Logement en Bourgogne–Franche-Comté : une "évolution lente" face aux mutations démographiques selon l'Insee

Publié le 29/11/2025 - 09:30
Mis à jour le 28/11/2025 - 16:06

L'Insee Bourgogne–Franche-Comté a présenté, le 27 novembre 2025, un diagnostic régional mettant en lumière un parc de logements qui peine à suivre les transformations démographiques et sociales. La progression de la vacance, la diminution de la taille des ménages et les tensions dans certaines zones structurent un paysage contrasté.

Archives © DP
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Selon l’Insee, la mobilité est particulièrement marquée au début du parcours de vie. L’institut souligne une mobilité forte entre 18 et 30 ans, notamment du rural vers l’urbain (études, 1er emploi aux âges les plus jeunes)”.

Elle est également "plus élevée dans le parc privé que dans le parc social", avant un mouvement inverse avec l’augmentation de la taille des ménages, caractérisé par "un retour vers le rural proche des pôles urbains".

Après 40 ans, la mobilité chute : "Moins d’un ménage sur dix après 40 ans", avec un regain seulement "après 85 ans avec l’arrivée de la dépendance”.

Un parc de logements qui évolue très lentement

Entre 2010 et 2021, le parc progresse de manière modérée : le parc de logement progresse de 0,6 % par an, avec une hausse de 0,85 % par an liée aux constructions neuves, compensée en partie par une baisse de 0,25 % par an par des sorties de parc (démolitions, changement de destination).

La structure du parc change peu, la part des maisons stagne autour de 64,0 %, tandis que la part de logements d’au moins 5 pièces progresse.

Vacance : une progression encore forte malgré un ralentissement

La région se distingue par une hausse particulièrement marquée de la vacance. L’Insee rappelle que "la Bourgogne-Franche-Comté est la deuxième région de province par la progression du nombre de logements vacants, malgré la plus faible croissance de son parc”.

Le rythme ralentit toutefois : + 4 800 logements par an entre 2010 et 2015, contre + 1 900 entre 2015 et 2021.

Des déséquilibres territoriaux à l’origine de la vacance

L’institut attribue cette progression à une inadéquation entre offre et demande. Dans les EPCI en déprise démographique, « 60 % des nouveaux logements vacants » se concentrent entre 2015 et 2021, contre 30 % sur la période précédente. L’Insee évoque des "constructions excédentaires dans des EPCI en croissance", ou encore une offre au "mauvais emplacement" ou de qualité insuffisante.

Certaines intercommunalités enregistrent un recul de leur parc grâce à des démolitions financées par l’ANRU, mais "ces reculs sont souvent insuffisants pour contrebalancer la baisse du nombre de ménages”.

Un parc ancien difficile à remobiliser

La vacance structurelle est surtout marquée dans les territoires en perte de population, où le parc est ancien et où les coûts de rénovation sont jugés élevés au regard des prix du marché, avec un prix médian d’une maison : 87 000 euros.

Dans ces espaces, des transactions ont lieu, souvent du fait de propriétaires bailleurs vendant des biens énergivores à leurs locataires. Ces ventes "laissent entier le risque de vulnérabilité énergétique, sans rénovation d’ampleur”, selon l'Insee.

Des logements chers dans les territoires attractifs ou transfrontaliers

Dans les zones attractives ou en tension, la remobilisation des logements vacants est plus facile, portée par des prix élevés. Cependant, " l’achat d’un logement nécessite des revenus relativement élevés ou des emprunts sur de très longue durée”.

Les loyers du parc privé limitent également l’accès au logement, notamment dans la bande frontalière : "Les loyers sont également élevés dans les territoires en tension, ce qui pose des difficultés d’accès au logement pour les ménages modestes”.

Un parc social concentré en zone urbaine

Le parc social se concentre dans les communes urbaines, notamment dans les grandes agglomérations, en raison des obligations légales, selon l’Insee. Dans les territoires frontaliers en tension, "les prix élevés poussent les ménages modestes à demander un logement social, alors que l’offre est faible".

Ailleurs, certains EPCI ruraux disposent d’une offre très limitée, "ne répondant pas à une demande pourtant peu importante".

Ménages plus petits, logements toujours grands

La taille des ménages continue de diminuer sous l’effet du vieillissement, de la baisse de la natalité et de la décohabitation : une hausse de 1 % par an du nombre de ménages d’au plus 2 personnes, soit un rythme deux fois plus rapide que l’ensemble des ménages.

Pourtant, 60 % des ménages d’au plus 2 personnes vivent dans un logement d’au moins 4 pièces. La sous-occupation est "plus forte en Haute-Saône et dans des EPCI à proximité de Dijon et Besançon”.

Une construction de petits logements limitée

Seuls les territoires en tension adaptent leur production aux évolutions démographiques : "Les T1, T2, T3 représentent moins d’un logement neuf sur cinq dans les EPCI ruraux", indique l'Insee BFC, tandis que "la progression de la part de petits logements [est] portée par la construction dans les EPCI en tension”.

Des défis majeurs pour les années à venir

En conclusion, l’Insee résume trois enjeux centraux : ”60 % des nouveaux logements vacants dans les EPCI en déprise”, et une rénovation privée coûteuse ; un accès au logement privé et social difficile pour les ménages modestes en zone frontalière ; une croissance des petits ménages à laquelle le parc ne répond que partiellement, puisque "six ménages sur dix de 1 à 2 personnes vivent dans un logement d’au moins 4 pièces”.

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