Opération Barkhane : après six mois passés au Sahel, le colonel Catar revient sur la mission...

Publié le 03/06/2021 - 16:30
Mis à jour le 07/06/2021 - 08:41

Le colonel Lionel Catar, chef d’état-major de la 1re division est de retour six mois passé au Sahel avec une partie de son état-major dans le cadre de l’opération Barkhane.

Le colonel Lionel Catar a rejoint la 1re division en tant que chef d’état-major à l’été 2019. Il conclut cet été deux années denses d’activités d’entraînement suivies d’une projection de plus de six mois au sein de l’opération Barkhane.

Projeté avec une grande partie de son état-major de l’automne 2020 au printemps 2021, le colonel Catar a occupé le poste de chef d’état-major du poste de commandement interarmées de théâtre (PCIAT).

Il était situé à N’Djamena tout en ayant en charge l’ensemble des opérations se déroulant sur le théâtre Barkhane (Mali, Niger et Burkina-Faso).

Comment se prépare un état-major à une mission de commandement d’une opération comme Barkhane ?

Comme tout déploiement opérationnel, la préparation est la somme d’efforts individuels et collectifs. Chaque titulaire d’un poste se prépare activement à tenir sa fonction, mais ce qui fait la force d’un état-major, ce sont bien les interactions et synergies collectives qui en font une machinerie bien huilée. C’est donc au prix d’un effort individuel et collectif que l’état-major Barkhane est pleinement opérationnel d’emblée.

Il n’y a pas de « round d’observation » ; il faut être dans le rythme de ce théâtre exigeant tout de suite.

Cette préparation à « une » guerre s’inscrit dans une préparation dans la durée à « la » guerre. Ainsi, les états-majors opérationnels de l’armée de Terre s’entrainent régulièrement en France dans différents contextes opérationnels, national, européen, OTAN, etc…

Pour l’état-major de la 1ère division, nous avions révisé nos gammes avec nos partenaires britanniques dans le cadre des exercices de l’hiver 2019-2020 en vue de la certification du corps expéditionnaire franco-britannique (Combined joint expeditionary Force – CJEF).

A partir du printemps, et malgré l’épidémie, nous avons concentré nos efforts sur la préparation à la mission Barkhane à Besançon comme dans les différents centres d’entrainement : séminaire interarmées, présentation des forces en présence, briefing renseignement, visioconférences avec le théâtre, reconnaissance sur place pour l’équipe de commandement, exercice synthèse en septembre juste avant le déploiement. Tel a été le marathon de cette préparation afin d’être apte d’emblée.

Comment avez-vous menée la mission de Barkhane en tant que chef d’état-major du PCIAT ?

Barkhane est au cœur d’une alliance internationale qui œuvre au Sahel. Depuis le sommet de Pau début 2020, Barkhane articule ses actions au sein de la « Coalition pour le Sahel » organisée en 4 piliers complémentaires : la lutte anti-terroriste, le renforcement des capacités militaires des pays de la région (G5 Sahel), l’appui au retour de l’Etat et des administrations et, dernier pilier, les actions de développement. Si Barkhane produit des effets militaires qui contribuent à ces 4 piliers, vous comprendrez aisément que ce sont les deux premiers (antiterrorisme, entrainement et accompagnement au combat des forces locales) qui concentrent nos efforts.

L’état-major de Barkhane a ainsi pour mission de planifier, conduire et contrôler les opérations militaires selon les directives du général commandant la force. Ainsi, l’état-major travaille selon des temporalités très différentes : si le centre opération est focalisé sur les opérations en cours et celles des prochains jours, les planificateurs préparent les semaines suivantes et une autre partie de l’état-major réfléchit en liaison avec les autorités parisiennes à la suite de la campagne à six mois. C’est bien au chef d’état-major d’anticiper, répartir les équipes et toujours veiller à répondre à l’urgence opérationnelle comme aux attentes politico-militaires des plus hautes autorités.

En ce qui concerne notre mandat, il s’est caractérisé par la poursuite de l’effort cinétique contre les groupes armés djihadistes décidé lors du sommet de Pau et rappelé à N’Djamena en février 2021, une densification du partenariat avec les forces locales notamment au cours de deux opérations majeures en octobre (Niger) et en janvier (Mali et Burkina) et enfin l’accentuation du caractère international de Barkhane par la montée en puissance réussie et les premières opérations de la TF Takuba regroupant des unités des forces spéciales européennes pour accompagner des unités maliennes d’intervention.

De retour à Besançon, quels sont les prochains rendez-vous de l’état-major dans les mois à venir ? 

Il nous faut tout d’abord soutenir l’autre partie de l’état-major qui est actuellement en mission jusqu’en septembre. Pour ceux qui m’ont accompagné au Sahel, je ne vous cache pas également le besoin de repos et de retrouvailles au sein de nos familles après ces plus de six mois d’absence.

Dès le mois de juin, nous serons de nouveau sur pied pour préparer la rentrée, accueillir et former les nouveaux arrivants cet été, tout en continuant à entrainer nos subordonnés (Brigades interarmes et régiments) à leurs missions en France comme en opération extérieure. A noter que nous prendrons début octobre l’alerte opérationnelle (échelon national d’urgence) qui est un des outils de la réactivité de l’armée française face à toute crise internationale.

Nous allons être par ailleurs sollicités pour aider et conseiller ceux qui se préparent à partir au Sahel cet automne. Nous en avions bénéficié l’an dernier. Cette transmission d’expérience et ce mentorat font partie des points clefs de la préparation opérationnelle en France.

Enfin, notre axe d’effort pour l’an prochain est de reprendre nos gammes en visant des standards de conflits plus durs, de haute intensité, où l’adversaire est à parité technologique et tactique. Vous suivez comme nous l’actualité internationale et cette exigence plus élevée de préparation opérationnelle s’inscrit bien dans un contexte indéniable de tensions géostratégiques. Dans ce cadre, l’état-major de la 1ère division, fort de son expérience et de ses compétences, vivra un nouveau cycle opérationnel 2021-2022 dense et formateur.

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