Un réquisitoire supplétif (qui ajoute des faits complémentaires à une saisine initiale) a été pris afin d'enquêter sur "huit autres personnes" potentiellement victimes, a indiqué Nadia Debbache, avocate d'un jeune homme dont la plainte pour agressions sexuelles a été à l'origine de la mise en examen, fin mai 2025, du père Grosjean.
Les faits remontent à 2010, quand le plaignant avait 12 ans. Le prêtre de 69 ans du diocèse de Dijon, incarcéré depuis sa mise en examen en mai dernier, a reconnu trois autres actes en France. Mais un collectif a recensé 17 victimes potentielles, sur un total de 57 hommes joints en France par l'association parce qu'ils ont été en contact avec le prêtre quand ils étaient mineurs.
Mercredi, lors d'une audience de la Chambre de l'instruction de Dijon, lors de laquelle la libération du prêtre a été rejetée, Me Debbache a précisé que, sur les huit autres victimes potentielles, trois cas pouvaient être considérés comme prescrits, concernant notamment des actes ayant possiblement concerné des scouts de France dans les années 80-90.
En contact avec "400 à 500" mineurs
Durant sa carrière en Bourgogne, en tant que responsable de scouts et prêtre, le curé a dû être en contact avec "400 à 500" mineurs, avait récemment évalué auprès de l'AFP la présidente du collectif, Emmanuelle Dancourt.
Ce chiffre ne concerne pas les sept années que le père Grosjean a passées à Rabat après y avoir été "exfiltré" en 2017 à la suite d'une première plainte pour agressions sexuelles sur mineur en France, depuis classée sans suite. Il y est rentré en 2024, après de nouvelles accusations, cette fois au Maroc.
Une commission rogatoire internationale a été lancée auprès des autorités marocaines afin d'étendre l'enquête dans ce pays.
(AFP)


