Refus d’agrément de l’avenant 72 : une décision contestée dans le secteur de l’aide à domicile

Publié le 24/03/2026 - 10:00
Mis à jour le 23/03/2026 - 15:22

Le 17 mars, marqué comme la journée nationale des aides à domicile, ”aurait pu être l’occasion pour le gouvernement de témoigner concrètement de sa reconnaissance envers les professionnels de la Branche de l’aide à domicile”. Deux jours plus tard, une décision gouvernementale est venue susciter l’incompréhension dans le secteur. C'est ce que déplore l'Union nationale de l'aide, des soins et des services aux domiciles (Una).

Résidente en EHPAD © Maxime C. / mCi
Résidente en EHPAD © Maxime C. / mCi

La ministre de la Santé, des Familles, de l'Autonomie et des Personnes handicapées a annoncé le refus d’agrément de l’avenant 72 à la convention collective. Cette décision, prise ”suivant l’avis défavorable de Départements de France”, concerne un texte pourtant présenté comme conforme aux objectifs de lutte contre ”les rémunérations conventionnelles inférieures au SMIC” et ”le tassement des grilles de rémunération”.

Un avenant destiné à revaloriser les salaires

L’avenant 72 visait à répondre à une problématique centrale du secteur : ”garantir des niveaux de rémunération décents et contribuer à restaurer l’attractivité d’un secteur essentiel”. Le domaine de l’aide à domicile fait face à des tensions importantes, entre ”une pénurie de main-d’œuvre croissante” et ”une demande d’accompagnement en forte hausse, liée au vieillissement de la population”, alerte l'Una.

Des données antérieures confirment ces difficultés. Le rapport El Khomri de 2019 soulignait déjà la précarité des professionnels, dont ”17,5% vivent sous le seuil de pauvreté, contre 6,5 % pour l’ensemble des salariés en France”. Plus récemment, les constats de l’Inspection générale des affaires sociales évoquent ”l’insuffisance structurelle des rémunérations” comme cause principale des tensions du secteur.

Une ”incompréhension” exprimée par les employeurs

Face à cette décision, USB-Domicile, organisation représentative d’employeurs, fait part de ”sa plus vive incompréhension et son profond désaccord”. L’organisation alerte notamment sur le risque d’”une nouvelle année blanche sans revalorisation salariale — la quatrième consécutive” pour des professionnels déjà fragilisés.

Selon elle, le refus d’agrément revient à ”aggraver la situation déjà critique des services d’aide à domicile”, décrits comme ”aujourd’hui exsangues”. Les structures seraient ainsi privées ”des moyens humains nécessaires pour remplir leurs missions”, tandis que les salariés continueraient de subir ”une dégradation de leur pouvoir d’achat”, dans un contexte de hausse des prix, notamment du carburant.

Une gouvernance du secteur remise en question

Au-delà de la question salariale, la décision met en lumière des tensions structurelles dans la gouvernance du secteur. L’USB-Domicile évoque ”une impasse préoccupante”, pointant le renvoi de responsabilités entre l’État et les Départements.

L’organisation souligne également l’existence de ”pratiques hétérogènes, voire d’une légalité contestable” dans les modalités de financement, qui ”fragilisent grandement les structures et interrogent sur la soutenabilité du modèle”.

Un enjeu social et démographique majeur

Pour les acteurs du secteur, les conséquences pourraient être durables. ”À terme, c’est la capacité même à accompagner les publics fragiles qui est menacée”, dans un contexte de vieillissement accéléré de la population.

L’USB-Domicile insiste sur le caractère structurel de la crise : ”la question des rémunérations doit être traitée à la hauteur des enjeux”. Plus largement, ”c’est l’ensemble du modèle de l’aide à domicile qui est questionné”.

L’organisation prévient également qu’”il ne pourra y avoir ni ‘plan Grand Âge’, ni virage domiciliaire ambitieux sans un investissement réel dans les services à domicile”.

Un appel à réagir et une nouvelle proposition attendue

Dans ce contexte, l’USB-Domicile appelle ”le gouvernement et les Départements de France à prendre pleinement la mesure des conséquences désastreuses de cette décision”. Elle annonce par ailleurs qu’”un nouvel avenant de revalorisation des rémunérations sera proposé aux organisations syndicales de salariés”, lors de la prochaine réunion paritaire prévue le 24 mars 2026. Cette échéance pourrait constituer une nouvelle étape dans les négociations, alors que le secteur de l’aide à domicile reste confronté à des défis structurels majeurs.

Social

Refus d’agrément de l’avenant 72 : une décision contestée dans le secteur de l’aide à domicile

Le 17 mars, marqué comme la journée nationale des aides à domicile, ”aurait pu être l’occasion pour le gouvernement de témoigner concrètement de sa reconnaissance envers les professionnels de la Branche de l’aide à domicile”. Deux jours plus tard, une décision gouvernementale est venue susciter l’incompréhension dans le secteur. C'est ce que déplore l'Union nationale de l'aide, des soins et des services aux domiciles (Una).

Municipale 2026 à Besançon : Force ouvrière interpelle les candidat(e)s dans une lettre ouverte

Le syndicat Force Ouvrière (FO) a rendu public le 18 février 2026 une lettre ouverte adressée aux candidats à l'élection municipale prévue à Besançon. Dans ce courrier, le syndicat souligne son souhait de connaître la position des futurs élus sur plusieurs thématiques touchant directement les agents de la Ville, du Grand Besançon Métropole (GBM) et du CCAS.

Gel des tarifs des complémentaires santé : l’UFC-Que Choisir Besançon-Belfort veut faire appliquer la loi

INTERVIEW • Alors que les tarifs des complémentaires santé ne cessent d’augmenter, la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 prévoit un gel exceptionnel des cotisations. Une mesure contestée par les organismes assureurs, qui refusent pour l’instant de l’appliquer. À l'UFC-Que Choisir Besançon–Territoire de Belfort, son administrateur Jean-Pierre Courtejaire appelle au respect de la loi et invite les assurés à faire valoir leurs droits. Il revient pour nous sur les enjeux juridiques, économiques et politiques de ce bras de fer inédit entre pouvoirs publics, complémentaires santé et défenseurs des consommateurs.
 

Municipales 2026 à Besançon : les travailleurs sociaux interpellent les candidats sur l’urgence sociale

LETTRE OUVERTE • À l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars, les travailleurs sociaux de Besançon prennent la parole. Dans une lettre ouverte adressée aux candidats le 15 février, ils les interrogent sur leurs engagements en matière de politique sociale, d’accès aux droits et de soutien aux publics les plus fragiles.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 14.32
nuageux
le 24/03 à 12h00
Vent
2.26 m/s
Pression
1022 hPa
Humidité
45 %