Le constat dressé par les services de l’État semble préoccupant : dans le Doubs, la situation hydrologique continue de se dégrader malgré les pluies de la fin août et le retour de températures plus fraîches. Le mois de septembre a été ”particulièrement sec et chaud” selon la préfecture du DOubs, et les débits des cours d’eau sont désormais plus faibles que lors de plusieurs épisodes historiques de sécheresse.
Le Haut-Doubs est particulièrement surveillé. Les derniers relevés montrent une forte diminution de la ressource en eau et des tensions sur l’eau potable sont signalées dans plusieurs secteurs du département.
Le lac de Saint-Point pour préserver les réserves
Face à cette situation, le préfet du Doubs, Rémi Bastille, a réuni mardi 6 octobre les principaux acteurs de l’eau du secteur de Pontarlier. Services de l’État, communauté de communes du Grand Pontarlier, Établissement public d'aménagement et de gestion de l'eau (EPAGE) Haut-Doubs Haute-Loue, chambre d’agriculture et syndicats de Dommartin et de Bians ont participé aux échanges. L’enjeu est désormais d’anticiper une éventuelle dégradation de l’approvisionnement. Plusieurs solutions ont été examinées pour ”éviter d’éventuelles ruptures d’alimentation en eau potable”.
Une première mesure concrète concerne le barrage de Saint-Point. La vanne sera partiellement fermée afin de conserver davantage d’eau dans le lac. Cette réserve est considérée comme essentielle pour sécuriser l’alimentation en eau potable du secteur. Cette décision aura néanmoins une conséquence immédiate sur le Doubs. Le débit du cours d’eau sera réduit en aval du lac.
Une pêche de sauvegarde dans le Doubs
La baisse du débit pourrait affecter la faune piscicole. Une pêche de sauvegarde est donc organisée mercredi 7 et jeudi 8 octobre, avec la fédération départementale de la pêche et de la protection des milieux aquatiques du Doubs. Cette opération doit permettre de limiter les conséquences de la diminution du débit sur les poissons présents dans le secteur concerné. Mais la fermeture partielle de la vanne ne constitue pas une garantie pour les semaines à venir. La préfecture estime que ”la sécurité fournie par les eaux du lac pourrait cependant, au regard des prévisions météorologiques, ne pas suffire à éviter une aggravation de la situation”.
La crainte d’une aggravation dans les prochaines semaines
Les autorités demandent donc aux usagers de poursuivre leurs efforts. La sensibilisation aux restrictions en vigueur doit être renforcée, avec un appel à la sobriété dans tous les usages de l’eau.
La préfecture prévoit également d’anticiper d’éventuelles difficultés pour les activités économiques. Un travail de cartographie des usages prioritaires va être engagé avec les filières concernées avec l’objectif de déterminer les besoins à préserver en cas de coupure potentielle de l’alimentation en eau potable.
Pour les services de l’État, la situation impose donc de maintenir la vigilance et les économies d’eau. ”La préservation de la ressource en eau est de la responsabilité de tous pour assurer la continuité des usages”, rappelle la préfecture.
Le Doubs reste, à ce jour, en situation de crise sécheresse. Et dans le Haut-Doubs, la baisse continue de la ressource impose désormais d’anticiper un scénario où les réserves disponibles pourraient ne plus suffire.


