Un festival pour fêter les 11 ans du label Hands in the dark à Besançon

Publié le 30/11/2021 - 12:01
Mis à jour le 01/12/2021 - 09:25

Le label musical bisontin Hands in the dark s’offre un festival pour son 11e anniversaire du 2 au 5 décembre 2021 à Besançon – le 10e ayant été annulé l’année dernière à cause de la crise sanitaire. 11 ans d’activisme, d’accompagnement d’artistes, de musiques expérimentales, de passion… Les fondateurs de ce label devenu international, Onito et Morgan, nous en parlent.

Rappelez-nous comment est né le label Hands in the dark il y a 11 ans…

Onito : "Le label a vu le jour à l'initiative de Morgan, qui souhaitait partager ses audacieux coups de coeur musicaux. J'avais déjà à l'époque une petite expérience dans la production discographique et il m'a demandé si ça me bottait de l'accompagner dans son projet, car on partageait une affinité particulière pour certains groupes qui proposaient des musiques originales, pas ou peu représentées dans le paysage culturel en France."

Morgan : "L'idée initiale était de faire 2/3 sorties...je ne pensais certainement pas qu'on serait toujours là après 11 années d'activité."

Les musiques, les groupes soutenus par votre label sont du domaine de l'expérimental, Pourquoi ce choix ? Qu'est-ce qui vous intéresse dans ce style ? Ce choix a-t-il évolué en 11 ans ?

Onito : "Je pense que c'est plus une évolution naturelle de nos goûts au fil des années qui nous a tourné vers les musiques expérimentales. Nous avons toujours eu cette volonté de défricher, de nous ouvrir vers des musiques qui nous font ressentir des choses fortes et nouvelles lorsque nous les écoutons. Notre catalogue reflète d'ailleurs, je pense, assez bien cette trajectoire. Si vous écoutez les disques que nous avons sortis, vous trouverez beaucoup de musique ambiante électronique, mais également de la dream pop, du rock psychédélique ainsi que de la musique acoustique. Les formes que prennent ces musiques sont riches et variées, mais ont en commun une vision résolument avant-gardiste dans la manière dont les instruments sont utilisés et dans leur sonorité."

Morgan : "L'étiquette 'musique expérimentale' est très vaste et pas toujours pertinente tant elle rassemble une multitude de sous-genres. Entre Tomaga et Ben Shemie par exemple, il y a assez peu de sonorités communes. Je crois que ce qui caractérise tous les artistes présents dans notre catalogue, c'est sans doute leur liberté et leur goût pour l'expérimentation. Un dénominateur commun réside aussi cette prise de risque artistique permanente et cette volonté de s'extraire des cases dans lesquelles on cherche à placer les musiciens habituellement. C'est aussi ça Hands in The Dark selon moi. Aller où bon nous semble quitte à parfois décevoir."

Pour les plus néophytes, quand on parle de musique expérimentale, on pense à des bruits, plutôt que de la musique… vous en pensez quoi ? Comment casser cette idée reçue ?

Onito : "C'est un très vaste sujet tant la musique expérimentale a des facettes différentes! Elle ne suit pas les codes imposés par les standards commerciaux en termes de structure, de durée et dans les émotions qu'elle procure aux auditeurs, c'est ce qui peut rendre de prime abord son accès un peu moins facile alors que ce n'est pas forcément le cas! Si sa diffusion largement est confidentielle pour les non-initiés, nous essayons néanmoins d'ouvrir un public toujours plus large à ces musiques assez personnelles et des langages artistiques singuliers à chaque artiste. L'analogie qui serait facile à comprendre serait la vision d'un peintre comme Picasso qui déciderait de briser la manière dont on représente une personne, un objet ou un visage. C'est la même chose que font nos musiciens avec la musique et nos productions sont accessibles à tous sur toutes les plateformes de streaming ou encore gratuitement sur handsinthedarkrecords.bandcamp.com"

Morgan : "Je crois qu'il est également important de casser cette image élitiste de la musique expérimentale. Cela demande effectivement souvent de l'attention et une écoute active, mais elle n'est pas exclusivement réservée à un public d'initiés. C'est selon moi à l'image d'autres disciplines, un apprentissage. Plus on se plonge dedans, plus on a envie d'aller loin..."

À ce jour, combien d'EP, albums… avez-vous accompagnés et combien d'artistes nationaux et internationaux ?

Onito : "Nous comptons 58 références discographiques, principalement des albums sortis en vinyle. Nous avons eu le plaisir de travailler avec une quarantaine de groupes et artistes solo depuis notre création. Ces musiciens viennent principalement de France, des États-Unis et d'Angleterre, mais aussi de Pologne, d'Italie, d'Allemagne, de Belgique, du Canada, de Norvège ou encore de Suède."

© Morgan Cuinet

Vous organisez aussi des concerts, combien par an ?

Onito : "Les concerts que nous organisons, à Besançon, Paris ou même Londres sont des évènements plutôt ponctuels, qui servent promouvoir certaines sorties ou artistes, ou en réponse à des organisateurs qui souhaitent mettre en avant le label. Il nous est aussi arrivé de monter des tournées européennes ou des dates en France pour certains de nos groupes qui viennent des États-Unis."

Morgan : "Pour être honnête, le coeur de notre projet s'incarne vraiment dans la production de disques et dans la mise en lumière d'artistes nouveaux par ce biais. Néanmoins, on est vraiment flatté d'avoir été invité en un peu plus de 10 ans à la Route du Rock, au Festival Invisible, au Festival Stéréolithe, au prestigieux Café Oto à Londres ou encore plus récemment à la Sye Electric."

Vous deviez fêter les 10 ans du label l'année dernière, mais pour les raisons que l'on connaît vous fêtez finalement les 11 ans cette année : la programmation a tout simplement été reportée ou a-t-elle dû être modifiée ?

Onito : "Nous avions initialement travaillé sur un programme un peu plus étoffé, avec notamment plus d'artistes étrangers, mais la situation sanitaire étant encore compliquée cet été, nous avons considéré qu'il serait plus sage de faire simple. L'essentiel pour nous est avant tout de réunir les gens autour d'un état esprit et d'une vision artistique ouverte, d'attiser la curiosité à un moment où ce n'est pas forcément facile, mais néanmoins nécessaire culturellement, mais aussi socialement."

Pour ce festival, les concerts se dérouleront dans des lieux très différents (PDZ, Frac, Citadelle, FJT Les oiseaux, les Bains Douches…). La musique expérimentale doit-elle être écoutée et regardée un peu en dehors des salles de concert habituelles selon vous ? Parle-t-on d'expériences plutôt que de concerts ?

Onito : "Tout à fait ! On considère ces évènements comme des performances et des expériences, qui peuvent s'avérer physiques dans certains cas.

Il nous tenait à coeur de mettre en avant des lieux intimistes auxquels le public n'est pas forcément familier, mais qui se prêtent tout aussi bien aux différents artistes et projets proposés. Certains de ses lieux nous soutiennent depuis longtemps et partagent notre démarche et ouverture d'esprit. Cette diversité et cet état d'esprit sont très importants à nos yeux, surtout à l'heure actuelle."

Parlez-nous des artistes programmés : ce sont uniquement des artistes que vous accompagnez avec le label ? Qui sont-ils ?

Onito : "Tous les artistes et DJs présents pour le festival ont collaboré directement avec le label à un moment ou à un autre. Pour ce festival, nous avons la chance de pouvoir compter sur de talentueux musiciens amateurs et professionnels venant des quatre coins de la France, mais aussi du Canada (Ben Shemie), de Pologne (Piotr Kurek) ou encore de Belgique (Razen)."

Morgan : "Et pour la plupart d'entre eux, ce sera aussi l'occasion de découvrir Besançon !"

Quels sont les projets de Hands in the dark pour ces trois prochaines années, si ce n'est les 10 prochaines ?

Onito : De continuer à découvrir des artistes fascinants, de prendre autant de plaisir à partager leurs musiques innovantes et originales. Nous allons continuer à essayer de proposer 4 à 5 albums par an malgré la difficulté actuelle à presser les vinyles pour cause de pénurie de matières premières, de conditions sanitaires imprévisibles et d'augmentation de la demande de la part des majors. On espère avoir la chance d'organiser un autre festival en 2030 !"

Morgan : "Rester actif et pertinent."

Le programme du festival Hands in the dark du 2 au 5 décembre 2021

Jeudi 2 décembre

  • Matthias Puech (Paris) + Hands In The Dark & friends (DJ) + Vernissage de la rétrospective des pochettes du catalogue du label
  • FJT Les Oiseaux, Les Cras
  • 20h30-23h00 // Gratuit
  • Event : www.facebook.com/events/398615681159379

Vendredi 3 décembre

Samedi 4 décembre

  • Ben Shemie (Montréal, Canada) + Cankun (Clermont-Ferrand)
  • DJs Mathilde Machin & Chevreuil (Lausanne, Suisse)
  • Les Passagers du Zinc, Battant
  • 20h00-02h00 // 7 euros
  • Event : www.facebook.com/events/535022391198718/

Dimanche 5 décembre

©

Culture

“Le Désespéré” de Courbet vendu à l’étranger : l’État impuissant ?

Dans un communiqué daté du 20 avril 2026, le sénateur du Doubs, Jean-François Longeot, président de la Commission de l’Aménagement du Territoire et du Développement Durable, revient sur l’acquisition de l’œuvre Le Désespéré de Gustave Courbet par Qatar Museums. Saisi de cette situation, l’élu a interrogé la ministre de la Culture afin de comprendre les conditions dans lesquelles cette œuvre majeure a quitté le territoire français.

Deux artistes de Besançon à l’honneur à la Maison de la Bourgogne Franche-Comté à Mayence

À Haus Burgund, à Mayence, sept artistes issus de cinq écoles d’art et de design de Bourgogne-Franche-Comté présentent l’exposition Territoires croisés, Über die Grenzen, du 29 avril à fin août 2026. Ce projet met en lumière une diversité de pratiques contemporaines, allant de la peinture à la vidéo, en passant par la sculpture, la céramique ou encore l’édition. Deux artistes bisontin.es, anciennes étudiant.es de l’ISBA, seront mises à l’honneur : Jean(ne) Masson et Mathilde Noir.

L’institut Gustave Courbet célèbre les 50 ans de la donation du musée Gustave Courbet au Département du Doubs

Le 15 avril 1976, Robert Fernier, président de l’association des Amis de Gustave Courbet (aujourd’hui Institut Gustave Courbet) et Pierre Beziau, préfet de la Région Franche-Comté, préfet du Doubs, signaient l’acte de cession au département du Doubs du Musée Courbet, créé et inauguré en 1971 avec la donation des collections.

À Besançon, un futur festival dédié à Victor Hugo en quête de mécènes

À Besançon, un projet de festival consacré à Victor Hugo se prépare pour début 2027, mais sa concrétisation repose encore sur un appel au mécénat. À l’initiative de Mikaël Demenge, fondateur de la page Facebook ”Besançon j’aime ma ville” suivie par 34 000 abonnés, l’événement cherche activement des soutiens financiers.

La Bourgogne-Franche-Comté s’allie à l’Onda pour soutenir la diffusion du spectacle vivant

La Région Bourgogne-Franche-Comté a annoncé, dans un communiqué du 9 avril 2026, la signature prochaine d’un partenariat avec l’Office national de diffusion artistique (Onda). L’objectif est de soutenir la diffusion des œuvres régionales à l’échelle nationale et d’accompagner les évolutions du secteur du spectacle vivant.

Une nouvelle salle d’exposition permanente au musée comtois de la Citadelle

Situé au cœur de la Citadelle de Besançon, le Musée comtois, inaugure une nouvelle salle permanente consacrée aux migrations en Franche-Comté, a-t-on appris ce jeudi 9 avril 2026. Elle propose de découvrir une histoire souvent méconnue : celle d’une région façonnée depuis des siècles par les circulations, les départs et les arrivées de femmes et d’hommes venus d’horizons variés. À travers des objets, des archives, des photographies et des témoignages, ce nouvel espace "invite à mieux comprendre ces mobilités humaines et leurs impacts sur la société régionale", précise la Citadelle.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi
 4.82
ciel dégagé
le 22/04 à 03h00
Vent
4.07 m/s
Pression
1017 hPa
Humidité
81 %

Sondage