Lors de la cérémonie, plusieurs élus ont salué un projet à la croisée des enjeux sociaux et écologiques. Anne Vignot, maire de Besançon et présidente de Grand Besançon Métropole, a souligné l’engagement local en déclarant : ”nous sommes une terre d’accueil”. Elle a également affirmé : ”nous souhaitons montrer l’exemple de la solidarité et de la fraternité”, avant d’ajouter : ”la générosité est un modèle de société que vous êtes en train de créer”.
Jérôme Durain, président de la Région Bourgogne - Franche-Comté, a mis en avant la dimension environnementale du projet : ”cela nous force à réfléchir autrement” et ”la région est très présente pour ce projet”. Il a rappelé les enjeux liés aux déchets : ”le meilleur déchet reste celui que l’on ne produit pas” et ”souvent lorsque l’on va à la déchetterie, on a un sentiment de l’absurde qui nous vient. Tous ces déchets, c’est vertigineux. Mais c’est contre ce vertige et cette économie consumériste que vous luttez”. Il a aussi noté : ”La Bourgogne - Franche-Comté est une bonne élève en la matière puisque nous nous classons 3eme en matière de traitement de déchets” et conclu : ”nous sommes tous unis autour de ce projet qui donne du sens au fait de jeter”.

Un ancrage historique dans la solidarité
L’histoire d’Emmaüs Besançon débute en 1975 avec la création d’un comité d’amis Emmaüs. Après plusieurs implantations, la communauté s’installe durablement à la Bergerie en 1983. Depuis, le site n’a cessé d’évoluer : reconstruction, agrandissements successifs, nouveaux hangars et extensions du magasin de vente. Les nouveaux ateliers construits en 2024–2025 constituent la dernière phase de ce développement.
Fidèle à l’esprit du mouvement fondé par l’abbé Pierre, l’association place au cœur de son action le partage, l’accueil inconditionnel et le travail comme levier de dignité et d’autonomie.
Une communauté d’accueil et de vie
Emmaüs Besançon est une communauté de vie accueillant des personnes en difficulté sans distinction d’âge, d’origine ou de convictions. Les seules conditions sont l’adhésion aux règles communautaires et les places disponibles. Depuis sa création, plus de 1.500 compagnons ont été accueillis, c'est-à-dire des personnes sans papier, pour une durée moyenne d’environ trois ans.
Aujourd’hui, 30 compagnons et compagnes vivent sur le site, ainsi que trois enfants. Ils sont accompagnés par 89 bénévoles et une équipe salariée de quatre personnes. La vie communautaire repose sur des règles simples : absence de violence, d’alcool et de drogue, respect mutuel et engagement collectif.

Le travail comme moteur d’insertion
Les activités de la communauté reposent principalement sur la récupération, le tri, la réparation et la revente d’objets donnés. Ce travail permet à la fois de financer la solidarité et de redonner une place active aux personnes accueillies.
En 2024, 903 tonnes d’objets ont été collectées, avec un taux de valorisation de 92,46 %. Le site de la Bergerie organise deux ventes par semaine et accueille plus de 500 clients par vente. "Il nous arrive, en une seule matinée un samedi matin de vendre jusqu'à 1.000€ de livres uniquement et avec des livres à 0,50€ !" nous confie Martine, bénévole depuis 12 ans.
La communauté gère également l’écocentre des Tilleroyes depuis 1992, en lien avec le Sybert. En parallèle, l’activité de ressourcerie a permis de détourner 237 tonnes d’objets des bennes en 2024. La collecte textile représente 297 tonnes supplémentaires, auxquelles s’ajoutent 131 tonnes de rebuts textiles orientés vers une filière régionale de recyclage.
Un projet pour renforcer l’action sociale
Le nouveau projet de ressourcerie–recyclerie vise à augmenter la capacité d’accueil de la communauté et à renforcer son autonomie financière. À terme, une dizaine de places supplémentaires pourraient être créées.
Implanté sur un terrain de plus de 2,2 hectares acquis en 2019, le nouveau bâtiment principal développe 2.130 m² d’ateliers de tri et de démantèlement. La réorganisation du site a permis d’ajouter 970 m² d’espace de vente et 865 m² d’espaces de tri supplémentaires, portant la surface totale de vente à 2.966 m².
Un bâtiment pensé pour le réemploi et l’écologie
La construction des nouveaux ateliers a privilégié le réemploi et les matériaux biosourcés. De nombreux éléments, portes, matériaux de bardage, équipements sanitaires, mobilier, matériel informatique, sont issus de la récupération. Le bois utilisé provient notamment des forêts du Haut-Doubs. L’isolation repose largement sur des matériaux biosourcés et des panneaux solaires ont été installés pour l’autoconsommation.
Le chantier a généré très peu de déchets, la majorité des matériaux déconstruits ayant été réutilisés sur site.

Un financement largement soutenu par les collectivités
Le coût global du projet s’élève à 4.088.650 euros. Les collectivités territoriales ont contribué à hauteur de 1.859.752 euros, répartis entre la Région, Grand Besançon Métropole, la Ville de Besançon, le Département et l’Ademe. La Fondation Bruneau a apporté 55.000 euros. L’association a autofinancé 2.173.898 euros, soit 53 % du montant total.
Infos pratiques
- Emmaüs est ouvert au public le mercredi de 9h00 à 12h00 et de 13h30 à 17h00, ainsi que le samedi de 9h00 à 13h00.
- Le dépôt de dons est ouvert tous les jours de 8h00 à 12h00 et de 13h30 à 17h30.
- 9 chemin des Vallières (La Bergerie - Port Douvot) - 25000 Besançon
- Tél : 03 81 52 80 07


