Ceta- Mercorsur : " Nous refusons que ces accords déséquilibrés sacrifient notre modèle agricole" (M-G Dufay)

Publié le 22/07/2019 - 17:27
Mis à jour le 22/07/2019 - 17:27

Tribune •

À l'instar de Nicolas Hulot, ministre démissionnaire de la transition écologique, Marie-Guite Dufay, la présidente de la région Bourgogne Franche-Comté explique ce lundi 22 juillet 2019 pourquoi elle s'oppose à la ratification du Ceta et Mercosur. Elle appelle le gouvernement et les parlementaires à "écouter les forces vives de Nation".

Marie-Guite-Dufay
Marie-Guite-Dufay
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Contesté par lune partie de l’opinion publique, le vote du CETA (accord commercial conclu entre l’Union européenne et le Canada) se déroulera à l’Assemblée nationale ce mardi 23 juillet. La présidente de la région Bourgogne Franche-Comté rappelle que « plus de 70 organisations (notamment les ONG, associations de défense de l’environnement, et acteurs agricoles),  mettent en garde la représentation nationale sur ses effets néfastes sur le climat et les filières agricoles ».

« Nous empoignons à peine le combat pour le climat »

Si l’accord devait être signé, Marie Guite Dufay souligne que c’est la « capacité à légiférer en matière environnementale, sociale et sanitaire qui se trouverait obérée » alors même que « nous empoignons à peine le combat pour le climat ».

À titre d’exemple, elle évoque les récentes analyses de l’institut Veblen et la fondation Nicolas Hulot qui notent « une hausse des émissions de gaz à effet de serre » suite au CETA. Ce qui est « en totale contradiction avec l’Accord de Paris », indique la présidente.

Cet accord va même plus loin pour Marie Guite Dufray qui s’insurge : « par les conditions laxistes d’importation concédées, il organise la destruction des filières bovines françaises au profit du bœuf canadien produit dans des conditions moins vertueuses (farines animales, activateurs de croissance …) et insécurise notre alimentation ».

Même topo pour le Mercosur…

Cet accord avec les pays d’Amérique du Sud pourrait, lui aussi, « déstabiliser un peu plus notre agriculture avec l’importation massive de viandes et autres produits agricoles au bilan carbone catastrophique, à bas coût de salaire », s’inquiète la présidente qui évoque les difficultés financières des éleveurs qui « peinent à tirer un SMIC de leur exploitation ».

L’environnement pourrait, lui aussi, en pâtir, selon la présidente qui ne souhaite pas qu’on « caricature » et réduise son opposition à « du protectionnisme primaire ».  » Nous, acteurs locaux et élus de la Région Bourgogne-Franche-Comté, refusons que ces accords déséquilibrés sacrifient notre modèle agricole basé sur des exploitations familiales engagées en faveur des attentes sociétales de nos concitoyens (polyculture élevage, prairie permanente, bien-être animal, niveau sanitaire exigeant, fermes de taille humaine …), refusons qu’une concurrence déloyale conduise au moins-disant environnemental, social et sanitaire sous prétexte de libre-échange, affirmons que le libre-échange doit être équilibré en imposant pour les produits importés la réciprocité des normes et les accords en vigueur dans les pays concernés », conclut-elle.

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