Jacques Moretti est arrivé avec son épouse Jessica, peu avant son audition, qui devait démarrer à 9h30 (08h30GMT) à Sion. Se tenant par la main, ils sont entrés sans s'exprimer par un autre bâtiment que celui où se tiennent les auditions, loin de la foule des journalistes.
"Ces auditions ont pour objectif de permettre aux avocats des parties civiles de poser les questions qu'ils n'ont pas pu poser" lors de sa précédente audition, a indiqué le ministère public valaisan lundi. "C'est la première fois qu'ils (les Moretti) pourront leur adresser directement des mots. Ils sont dans l'empathie mais en même temps ils sont isolés. C'est très dur aussi pour eux de ne pas pouvoir s'exprimer directement puisque l'épreuve judiciaire impose qu'il n'y ait pas de contact", a déclaré l'avocate du couple, Me Yaël Hayat, en arrivant.
Mme Moretti, également propriétaire du bar Le Constellation, doit de son côté être auditionnée jeudi.
"On est dans une bataille. Je dois être là"
Leila Micheloud, dont deux filles ont été blessées dans l'incendie qui a fait 41 morts et 115 blessés, a tenu à assister à l'audition de mercredi. "C'est un chemin de guérison. On attend des réponses, la vérité, qu'ils disent la vérité, on ne demande rien de plus", a-t-elle déclaré aux journalistes. "On est dans une bataille. Je dois être là (...). Je n'appréhende pas le moment, vous savez quand vous avez deux de vos enfants qui ont failli mourir, vous n'avez peur de rien", a-t-elle ajouté.
M. Moretti avait été placé en détention provisoire le 9 janvier, puis libéré le 23 après le paiement d'une caution, et placé comme son épouse sous mesures de contrainte.
L'enquête dirigée contre le couple "pour homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence" a été depuis étendue à l'actuel responsable du service de sécurité de Crans-Montana et à son prédécesseur, qui a quitté son poste en 2024.
L'incendie du bar, qui a principalement frappé des adolescents et de jeunes adultes, a été provoqué selon l'enquête par les étincelles de bougies "fontaine" qui ont enflammé une mousse insonorisante au plafond du sous-sol de l'établissement.
L'enquête doit lever le voile sur les circonstances exactes de l'incendie, le respect des normes par les propriétaires et les responsabilités, la commune de Crans-Montana ayant déjà reconnu l'absence de contrôles incendie dans le bar depuis 2019 alors qu'ils doivent être effectués tous les ans.
(AFP)


