Procès Zepeda pour l'assassinat de Narumi Kurosaki : de nouvelles recherches sur un ADN inconnu

Publié le 19/03/2026 - 09:50
Mis à jour le 19/03/2026 - 08:45

Dix ans après la disparition d'une étudiante japonaise à Besançon, la cour d'assises du Rhône a demandé mercredi 18 mars 2026 à la police de tenter d'identifier un ADN trouvé sur son oreiller, accédant à la demande des avocats de son ex-petit ami chilien Nicolas Zepeda, rejugé pour assassinat.

Nicolas Zepeda Contreras et Narumi Kurozaki ©DR ©
Nicolas Zepeda Contreras et Narumi Kurozaki ©DR ©

Bien qu'il nie l'avoir tuée et que le corps n'ait jamais été retrouvé, l'accusé, 35 ans, a été condamné à 28 ans de prison en 2022 puis à la même peine en 2023 en appel, mais la cour de cassation a annulé le verdict pour un vice de procédure. Pour semer le doute chez les jurés de ce nouveau procès, prévu sur deux semaines, les avocats du Chilien ont adopté une ligne de défense résolument agressive à l'égard des enquêteurs, qu'ils accusent d'avoir "bâclé" des investigations focalisées sur "un unique suspect".

Me Sylvain Cormier et Robin Binsard ont réclamé quatre suppléments d'enquête, mais le président de la cour Eric Chalbos ne leur en a accordé qu'un : passer au Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques (FNAEG) une faible trace d'un ADN inconnu trouvé sur l'oreiller du lit de Narumi Kurosaki.

Cet ADN est un "élément crucial" parce que l'oreiller est présenté par l'accusation comme l'une des "armes potentielles du crime", par asphyxie de la jeune femme de 21 ans, ont plaidé les avocats.

Une trace "faible" provenant probablement d'un membre du personnel de ménage ou de la blanchisserie de la résidence universitaire, a fait valoir Sylvie Galley, l'avocate de la famille de Narumi, en citant l'enquête. Les vérifications pourront avoir lieu en parallèle des audiences et ne devraient pas perturber le calendrier.

"Inhabituel"

Parmi les autres requêtes de la défense, la cour a rejeté une nouvelle demande à Facebook pour la localisation d'adresses IP de connexion internet que Nicolas Zepeda est accusé d'avoir utilisées pour "faire vivre virtuellement" Narumi après sa disparition. Neuf jours durant, ses amis, son compagnon français, l'administration de la fac et sa famille au Japon ont reçu emails et messages des comptes Facebook et Messenger de Narumi se voulant rassurants mais au style "inhabituel" et "incohérents".

Les enquêteurs ont minutieusement retracé les localisations IP de ces messages, de Besançon jusqu'au Chili, et conclu qu'ils émanaient de Zepeda. Il a envoyé ce dernier leurre deux heures après son atterrissage au Chili où il s'est senti suffisamment "en sécurité" pour cesser définitivement, a estimé Me Galley. Quatre ans plus tard, la justice chilienne extradait Zepeda, depuis en détention provisoire.

Nicolas et Narumi avaient noué une relation en 2014 au Japon. En 2016, la Japonaise quitte Zepeda, rentré au Chili, un mois après son arrivée à Besançon où elle vient étudier. Zepeda vient fin novembre en France. Pour ses études, dira-t-il d'abord aux enquêteurs. Mais les bornages de son téléphone, de sa voiture de location et des témoins démontrent que le Chilien a épié Narumi et son nouveau petit ami quatre jours durant.

Il assure être tombé sur elle "par hasard" le 4 décembre et qu'ils se sont réconciliés avant d'avoir des relations sexuelles dans sa chambre la même nuit. Au cours de laquelle de nombreux étudiants entendent les "cris de terreur" d'une femme puis un long râle.

L'enquête a mis au jour nombre d'indices "concordants" démontrant qu'un Zepeda éconduit et enfermé dans son orgueil de "mâle blessé" avait prémédité et commis un crime de "possession", selon l'accusation. Et fait disparaître le corps dans un sous-bois bordé par une rivière.

(AFP)

narumi

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