À Dijon, la justice autorise un arrêté interdisant le voile dans les conseils municipaux

Publié le 19/03/2026 - 08:20
Mis à jour le 19/03/2026 - 08:11

Un tribunal de Dijon a débouté mercredi 18 mars deux élus LFI, dont une portant le voile islamique, qui contestaient un arrêté du maire ex-LR de Chalon-sur-Saône, Gilles Platret, interdisant des "signes religieux ostensibles" dans les conseils municipaux.

 © Alexane Alfaro
© Alexane Alfaro

"La liberté de conscience d'un membre élu d'un conseil municipal doit être conciliée avec le principe de laïcité qu'il est tenu de respecter", écrit le tribunal administratif de Dijon dans les motivations de son jugement, obtenu par l'AFP. L'interdiction de "signes religieux ostensibles" en conseil municipal ne porte pas "une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de conscience", ajoute le juge des référés.

Deux conseillers municipaux LFI de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), Damien Saley et Lamia Sabrina Sari, avaient saisi la justice, s'estimant "directement visés" par l'arrêté. Sabrina Sari porte le foulard islamique. Ces deux conseillers ont été élus aux municipales de dimanche dernier, remportées par Gilles Platret à plus de 61% dès le premier tour. "Nous ne baissons pas les bras", a réagi dans un communiqué M. Saley, promettant de "tout faire" contre cet arrêté qui devra être prochainement jugé au fond. "C'est une satisfaction", a en revanche commenté M. Platret auprès de l'AFP, évoquant "un exemple qui pourrait être suivi par tous les conseils municipaux".

À la suite du jugement, l'arrêté s'appliquera dès la première réunion du nouveau conseil municipal, samedi matin. "J'espère que Mme Sari viendra sans voile", a dit le maire, ne voulant pas se prononcer sur une éventuelle exclusion.

L'arrêté, pris le 14 janvier, reprend le règlement de l'Assemblée nationale de 2018, interdisant tout signe religieux "ostensible", qui a lui-même repris la loi de 2004 pour les écoles, collèges et lycées publics. "On a pris le modèle sur la plus haute instance. Comment imaginer qu'elle pourrait, elle, avoir ce règlement, et pas nous ?", a déclaré Gilles Platret en sortant de l'audience.

Selon le maire, l'arrêté fait en sorte que "la laïcité ne puisse être attaquée par des élus qui viendraient au conseil municipal pour y faire du prosélytisme, au mépris du principe de neutralité". Son avocate, Julie Callot, a assuré que l'arrêté "ne visait pas une religion déterminée et vaut aussi pour une grande croix autour du cou ou une kippa". "Le principe de laïcité s'impose à tout élu" et exclut une "tenue de propagande", a-t-elle plaidé. "La laïcité, c'est d'abord la liberté de croire (...) Mme Sari serait exclue si elle venait avec un foulard, ce qui atteint à sa liberté d'exercer son mandat", a au contraire argumenté l'avocate des conseillers LFI, Marion Ogier.

M. Platret, un ex-LR un temps tenté par un ralliement à Reconquête!, est un habitué des arrêtés polémiques. Il avait notamment tenté d'interdire en juin le drapeau palestinien sur toute la commune, deuxième ville de Bourgogne avec 45.000 habitants, estimant que ce drapeau était devenu "le signe de ralliement de bandes islamistes". L'arrêté a été suspendu par la justice. Le maire a également tenté, encore en vain, d'interdire en 2015 des menus sans porc dans les cantines scolaires et de ne pas célébrer un mariage franco-turc.

(AFP)

Justice

Violences sexistes et sexuelles : un dernier rassemblement à Besançon avant le vote d’une loi " intégrale "

Réunies lundi 12 octobre devant le palais de justice de Besançon, des membres de l’Intersyndicale féministe et des personnes mobilisées chaque lundi depuis juin dernier, ont appelé une dernière fois les députés à adopter une loi dite intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, assortie de moyens financiers conséquents et d’un volet préventif renforcé.

Interpellation d’un lycéen à Belfort : enquête ouverte pour tentative de meurtre, l’IGPN saisie

Une enquête a été ouverte pour "tentative de meurtre" après la plainte déposée contre un policier par un lycéen interpellé à Belfort, a indiqué mercredi 7 octobre 2026 le parquet de Vesoul, qui a confié les investigations à l'inspection générale de la police nationale (IGPN).

Interpellation aux abords d’un ruisseau à Belfort : l’enquête visant un policier dépaysée

La plainte pour tentative de meurtre déposée contre un policier par un adolescent de 17 ans, lui-même mis en cause pour avoir pris part à des violences contre ce fonctionnaire vendredi à Belfort en marge du mouvement lycéen, a été dépaysée à Vesoul, a indiqué mardi 6 octobre 2026 le parquet général de Besançon.

Le lycéen interpellé par le policier agressé à Belfort porte plainte pour tentative de meurtre

Un lycéen soupçonné d'avoir participé au passage à tabac d'un policier à Belfort vendredi en marge de la mobilisation lycéenne, va déposer plainte pour tentative de meurtre, a indiqué à l'AFP Arié Alimi, avocat de cet adolescent que le policier a tenté d'interpeller avant d'être agressé.

L’Etat attaqué en justice après la mort d’un détenu devenu toxicomane en prison à Besançon

"Il s'est mis à la drogue dure pour supporter des conditions d'incarcération déplorables": la famille d'un détenu considéré comme "vulnérable", mort en prison après avoir consommé héroïne et médicaments, attaque l'Etat devant la justice pour dénoncer les manquements de l'administration pénitentiaire.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi
 16.55C°
partiellement nuageux
le 13/10 à 20h00
Vent
2.77 m/s
Pression
1027 hPa
Humidité
86 %

Sondage