Les deux garçons de 15 ans (et non 16 comme indiqué initialement par le procureur) ont reconnu avoir lancé des cailloux sur les policiers qui encadraient une manifestation lycéenne près du lycée Germaine Tillion, a déclaré à la presse le procureur Paul-Édouard Lallois. Ils ne se connaissent pas et ne sont pas scolarisés dans l'établissement. L'un des deux vit à Besançon, à 80 kilomètres de là, et l'autre, qui a déjà un casier judiciaire, est placé dans un foyer à Montbéliard.
En garde à vue, ils ont expliqué s'être rendus sur place pour "casser du flic" avec "un discours qui s'apparente à une volonté de violences contre les forces de l'ordre de type +Black bloc+", a indiqué le magistrat. Des appels à venir à Montbéliard s'en prendre à la police circulaient sur certains réseaux sociaux, "nous étions en alerte à ce sujet", a-t-il ajouté.
Les deux adolescents seront notamment jugés pour "violences avec armes sur personnes dépositaires de l'autorité publique avec arme et en réunion", par le tribunal pour enfants de leurs villes respectives, en juin et novembre. ils faisaient partie d'un "groupe de jeunes fauteurs de troubles, étrangers au lycée Germaine Tillion", selon le procureur.
Une journaliste touché par un caillou
Le même jour, un journaliste de France 3 qui travaillait sur place a été "insulté" et "touché par un jet de caillou de taille assez importante", selon M. Lallois. Le journaliste a déposé plainte, mais "les auteurs n'ont pas été identifiés", ajoute-t-il.
Un mouvement lycéen, soutenu par les enseignants, a débuté vendredi au lycée Germaine Tillion pour réclamer "un changement de gouvernance" et dénoncer "la vétusté des locaux ». Le mouvement se poursuit et l'académie de Besançon a entrepris une médiation.
Jeudi après-midi, "tout est redevenu calme" devant l'établissement, selon le procureur.
Vendredi, deux autre jeunes de 16 et 18 ans avaient également été interpellés pour des jets d'oeufs et de cailloux sur les policiers, dont deux ont déposé plainte. Ils seront jugés à Montbéliard pour ces faits.
Un enseignant avait été blessé à la tête par un projectile le même jour. Selon le syndicat Snes-FSU, il s'agissait d'un éclat de grenade de désencerclement, une affirmation catégoriquement contestée par le chef de la police. L'enseignant n'a pas déposé plainte.
(AFP)


