Selon le Snes-FSU, interrogé sur les mesures envisagées face à l’épisode de fortes chaleurs, le rectorat aurait dans un premier temps répondu : ”on verra si on passe au rouge”. Désormais en vigilance rouge, l’académie ne disposerait toujours pas, selon le syndicat, de nouvelles consignes générales.
Le Snes-FSU rapporte également les propos tenus par l’administration académique : ”Les personnels font tout leur possible”. Une affirmation que le syndicat juge conforme à la réalité du terrain. Dans les établissements, les équipes mettent en œuvre les moyens dont elles disposent : distribution d’eau, installation de ventilateurs lorsque les budgets le permettent ou encore utilisation prioritaire des salles les moins exposées au soleil.
Une multiplication des signalements
Malgré ces adaptations, le syndicat indique que les malaises se multiplient. Il affirme que près de 80 fiches ont été déposées par les personnels dans le registre santé et sécurité de l’académie depuis le début de la canicule.
Le Snes-FSU estime que l’absence d’anticipation au niveau national a conduit le ministère à renvoyer les décisions au niveau local. Chaque chef d’établissement serait ainsi amené à déterminer les mesures qu’il juge les plus adaptées à sa situation.
Des réponses variables selon les établissements
Cette organisation conduirait à des pratiques différentes d’un établissement à l’autre. Le syndicat cite l’exemple d’établissements situés dans une même ville où certains maintiennent l’ensemble des cours tandis que d’autres annulent les enseignements l’après-midi. Dans un autre cas évoqué, les élèves auraient été installés "sur un parking ombragé", présenté comme l’endroit le plus frais disponible.
Pour le Snes-FSU, cette situation traduit une absence de cadre commun et place les chefs d’établissement en première ligne en cas de difficultés.
La demande d’un cadre départemental
Le syndicat plaide pour une harmonisation des décisions à l’échelle départementale. Selon lui, les inspections académiques devraient être chargées de décider du maintien ou non des cours, ce qui permettrait notamment de simplifier l’organisation des transports scolaires et d’éviter aux chefs d’établissement de solliciter des autorisations au cas par cas.
Le Snes-FSU estime également que l’organisation des examens aurait nécessité davantage d’anticipation. Si un report lui paraît difficile compte tenu des délais, il s’interroge sur les dispositifs mis en place pour les candidats. Des ”pauses fraîcheur” ont ainsi été prévues, mais le syndicat questionne la capacité de tous les établissements à disposer d’espaces réellement adaptés.
Un appel à investir dans les bâtiments scolaires
Le syndicat demande qu’un bilan de cet épisode soit réalisé à la rentrée afin d’en tirer les enseignements. Il réaffirme sa demande d’un vaste programme de rénovation thermique des bâtiments scolaires.
Selon le Snes-FSU, un tel plan représenterait un investissement de 4 à 5 milliards d’euros par an. Le syndicat souligne que cette somme équivaut à "2 % des aides versées aux grandes entreprises en 2023 ou à 1 % du patrimoine de Bernard Arnault".


