Cette nouvelle naissance, qui intervient simultanément à celle d’un Langur de François, "illustre la mission des parcs zoologiques modernes : le maintien de populations de sauvegarde en milieu maîtrisé", tient à souligner la Citadelle de Besançon dans son communiqué. Ces nouvelles naissances "sont en grande partie le fruit de l’implication quotidienne des biologistes, vétérinaires, éthologues et soigneurs de la Citadelle". Une équipe qui "s’inscrit dans un réseau scientifique international visant à garantir la diversité génétique des espèces".

Cette naissance permet par ailleurs "de mettre en lumière les actions menées sur le terrain", rappelle la Citadelle. Depuis 2011, elle "aide financièrement l’association « Impact Madagascar », qui protège les forêts et aide les populations locales à vivre durablement sans nuire à l’environnement".
À quoi sert la reproduction en parc zoologique ?
Le but de ces reproductions en parc zoologique "est de créer une population de sauvegarde", explique le Muséum. Surtout lorsqu’à Madagascar, "la forêt disparaît et le nombre de propithèques a chuté de 80 % en 30 ans". S’il n’est pas encore possible "de ré-ensauvager toutes les espèces issues de parcs zoologiques européens", la Citadelle explique qu’il existe un espoir à Madagascar pour les propithèques couronnés. "La population mondiale de propithèques couronnés en parcs zoologiques peut à terme venir renforcer les groupes de lémuriens en semi-liberté à Madagascar avec l’objectif d’accroître les groupes sauvages via le fruit de leur reproduction".
Bien-être animal et rigueur scientifique
Pour l'établissement, la "réussite de cette naissance est le résultat d’un travail rigoureux de suivi comportemental de la mère et de son petit grâce à un système de vidéosurveillance consultable à distance, 24h sur 24". Ce suivi comportemental est mis en place depuis 2021 avec l’intégration d’éthologues (Akongo, bureau d’études spécialisé dans l’éthologie animale) au sein des équipes du Muséum "permettant d'évaluer et de favoriser l'expression du répertoire comportemental naturel des animaux, condition sine qua non à toute future réadaptation à la vie sauvage".

Le sexe de l’animal n’étant pas encore connu, le bébé propithèque est pour l’instant dépourvu de nom. Le nouveau-né demeure encore très fragile et fait l’objet d’un suivi vétérinaire constant. Compte tenu des conditions hivernales et "afin de respecter son développement", le jeune ne "sera visible du public dans les espaces extérieurs que lors de périodes météorologiques favorables", précise la Citadelle.
Zoom sur le Propithèque couronné
- Statut UICN (Liste rouge) : en danger critique d’extinction.
- État de la population sauvage : perte de plus de 80 % des effectifs en 30 ans.
- Population en parcs zoologiques : 15 individus au niveau mondial (dont 11 en France).
- Présence à Besançon : 5 individus (un couple et trois jeunes).
- Historique : le Muséum héberge l'espèce depuis 2002. La femelle reproductrice actuelle élève ici son 7ème jeune.


