La critique de Thierry : un café avec Franck Mancuso (séries, polar, etc.)

Publié le 14/06/2025 - 17:30
Mis à jour le 14/06/2025 - 17:57

La critique de Thierry • Je vous parlais récemment d'un polar Le passeur qui m’a scotché, jusque dans ses dernières pages. Du suspense, mais pas que... Aussi, ai-je eu envie de partager avec vous une partie de la discussion que j’ai eue avec son auteur, sur ce livre, sur son métier de "faiseur d’histoire", une surprise…

De la PJ au polar

Thierry : La réalité derrière la fiction. Votre expérience de plus de vingt ans à la police judiciaire me semble irriguer chaque page devotre livre, ''Le passeur''. De là à imaginer une tension entre fidélité au réel et liberté de romancier, il n’y a qu’un pas. Est-ce que je me trompe ? Est-ce que le roman vous permet de révéler sur la police ou sur l’humain, plus qu’au travers de vos expériences de scénariste et de réalisateur ?

Franck Mancuso : En fait, lorsque j'ai pensé à écrire un roman, mon idée était simplement d'écrire quelque chose d'original, quelque chose qui sortait des sentiers battus et pas un polar de plus, car il y a suffisamment de bons auteurs dans ce genre.

Je suis donc allé chercher un sujet que j'avais déjà sous le coude pour le cinéma et qui, me semblait-il, répondait au but recherché. En mêlant le polar et la fantastique, je pouvais me faire plaisir tout en étant fidèle à ce qui caractérise pour moi un bon polar, à savoir avant tout la vraisemblance des situations et des comportements.

Gabriel Spaak, flic fracassé : miroir ou contrepoint ?

Thierry : Gabriel Spaak, commandant à la brigade criminelle, est un homme brisé par la perte de sa famille. Ce personnage, à la fois solitaire et obstiné, semble vous tenir à cœur. Qu’est-ce qui vous attire dans ces figures de policiers au bord de la rupture ? En quoi Gabriel vous ressemble-t-il et en quoi pourrait-il être votre opposé ?

Franck Mancuso : La présence de ce flic voulant mettre fin à ses jours à cet endroit et à cet instant était la condition nécessaire de la rencontre avec mon Taxi, et donc de la création du couple qui serait le moteur de mon histoire. Une fois ce tandem original mis en place, mon flic agit comme il l'a toujours fait en tant que flic, avec certainement quelque chose en plus, qui tient de l'interrogation, voire de la sidération.

Comme tout personnage de flic que je crée, il y a un peu de moi chez Spaak. Un peu. En fait, j'essaie toujours de me dire : "toi, quand tu étais flic, dans cette situation, tu aurais fait quoi ?".

Paris : la nuit, la tempête

Thierry : L’intrigue se déroule dans un Paris nocturne, pluvieux, presque fantomatique. Le dernier souvenir d’un auteur se plaisant à faire évoluer ses personnages dans la pluie, la nuit — dans une colère des cieux, il s’agissait de livres de Dolorès Redondo… Elle nous parle d’individus tourmentés et — d’une certaine manière — d’une punition.

La pluie et la nuit, la tempête même, sont-elles des personnages nécessaires au cheminement de Gabriel ?

Franck Mancuso : Ce Paris préapocalyptique est la conséquence de l'ire divine provoquée par les forfaits de l'un des personnages du livre. Comme je mets un pied dans la mythologie grecque, ces manifestations sont l'œuvre de la colère du Dieu des Dieux. Et elles sont très semblables à ce qu'on imagine comme les prémices de l'apocalypse. Cela crée un Paris qui correspond à la situation et qui me plait bien.

Le chauffeur de taxi, apparition ou manipulation ?

Thierry : Le mystérieux chauffeur de taxi, qui surgit littéralement de la nuit, trouble autant Gabriel que le lecteur. Son nom même peut interpeler… Comment avez-vous pensé cette figure ? Est-il un manipulateur, ou le révélateur de l’invisible qui rôde dans votre intrigue ?

Franck Mancuso : Ce Taxi est en fait mon personnage principal. Le flic n'est que le révélateur de quelque chose qui, pour lui, dépasse sa conception du monde qu'il la définit. Et le fait que mon Taxi se fasse appeler Charon n'est évidemment pas un hasard. C'est le nom du passeur des âmes dans la mythologie grecque. Et l'histoire est évidemment une histoire de manipulation.

Créer une atmosphère de suspense : secrets de fabrication

Thierry : Votre roman tient le lecteur en haleine du début à la fin, avec une tension qui ne se relâche jamais. Quels sont, selon vous, les ingrédients essentiels pour installer un suspense efficace ? Avez-vous des rituels ou des techniques hérités de votre expérience de scénariste pour construire cette tension ?

Franck Mancuso : Merci pour le compliment. Je prends.

C'est, je crois, ce que recherche tout auteur. Que le lecteur ait envie de tourner les pages et pas de poser le bouquin au bout de la cinquième.

Sur le fond, écrire un livre ou un scénario est le même job. On a une histoire à raconter. Ensuite, une fois qu'on a son sujet et ses personnages pour le développer, on bosse tous les jours jusqu'à ce qu'on ait quelque chose qui tienne la route. Mon expérience du scénario et de la mise en scène a été un atout évident. Et la lecture s'en ressent, car on m'a souvent dit que c'était écrit de manière très cinématographique. Ce que je prends aussi pour un compliment, car c'est précisément ce que je voulais.

C'est sur la forme que ça change.

Pour ce premier exercice littéraire, il a fallu que je procède à contrario de mes habitudes scénaristiques. Dans un scénario, on est à l'os, on vire tout le gras pour se concentrer sur le strict nécessaire. Des scènes, c'est du temps de tournage, donc de l'argent. Dans un livre, on doit non seulement le garder, ce gras, mais aller le chercher, car le lecteur n'a pas le support visuel qui fait le boulot pour lui. Il doit donc tout imaginer. Le plus facilement et le plus finement possible. Ça, c'est le boulot de l'auteur.

Quant aux ingrédients, je paraphraserais Gabin qui énumérait les trois conditions essentielles d'un bon film : une bonne histoire, une bonne histoire et une bonne histoire.

Si l'histoire est bonne, originale, que les personnages sont forts, et que le style de l'auteur n'arrache pas les yeux, ça devrait le faire.

Et la surprise ?

Oui, c'est vrai... Avec Franck, nous avons parlé de bien d'autres questions, de possibles suites données à cette histoire à rebondissements où nous faisons la connaissance de Gabriel Spaak, etc. Livre, série, film, allez savoir !

Le plus simple, pour vous, est d'aller lire cette discussion dans sa totalité sur mon site internet en utilisant ce lien.

Pas d'abonnement, rien ! Juste le plaisir de lire et de partager.

D'autres livres, articles et infographies sont disponibles sur ce site internet, https://www.thierrybrenet.fr

À bientôt, pour d'autres aventures.

Les visuels, à l'exception de la couverture du livre et de la photographie de l'auteur (deMelania Avanzato), ont été créés par Thierry Brenet à l'aide d'IA génératives (Kling, Reve...)

Culture

Cit’alloween, c’est Halloween à la Citadelle les 31 octobre et 1er novembre à Besançon !

PUBLI-INFO • À parti du 31 octobre et pour deux folles journées, la Citadelle de Besançon passe du côté obscur. Et là, elle va se transformer en un terrain de jeu fantastique. Je dis bien fantastique car vous croiserez des fantômes et créatures bizarres. Animations pour grands et petits, frissons pour tous, sont au programme de ces deux journées… et le temp d’une soirée.

Le Long Ma bientôt à la Saline royale d’Arc-et-Senans ?

À partir du 21 avril 2027, la Saline royale d’Arc-et-Senans accueillera la Compagnie La Machine pour une exposition unique présentant une centaine de dessins originaux et maquettes de machines de François Delaroziere, fondateur de la Compagnie La Machine. Une campagne de financement participatif sera lancée le 1er décembre tenter d’accueil le "Long Ma" au coeur de la Saline royale.

Quand la poésie rencontre Chopin : un concert littéraire à la Maison de Bourgogne Franche-Comté à Mayence

ALLEMAGNE • Le mercredi 11 novembre à 19 heures, le Haus Burgund accueillera un concert caritatif réunissant le pianiste Thierry Rosbach et le poète François Migeot autour des Préludes de Chopin. Une rencontre entre musique et poésie, où les mots répondent aux notes et où les sensibilités artistiques se rejoignent.

Le festival du film " Entrevues Belfort " revient en novembre avec 20 films en compétition

Entrevues Belfort ouvrira sa 41e édition avec l’avant-première du film Le Joueur d’Élie Wajeman, en présence du réalisateur et des comédiens Pio Marmaï et Sarah Le Picard. Du 16 au 22 novembre 2026, le festival réunira également à Belfort vingt films en compétition internationale, des invités d’honneur, des avant-premières et de nombreux rendez-vous autour du cinéma. 

Du découpage de citrouilles au Bal des Fous : la Citadelle de Besançon célèbre Halloween

Les 31 octobre et 1er novembre 2026, à l'occasion d'Halloween, la Citadelle de Besançon propose un week-end d'animations consacrées aux frissons, accessible en famille ou entre amis. Les visiteurs pourront participer à des escape games, jeux et spectacles, accessibles tous les publics. Le samedi soir, le monument ouvrira ses portes à la tombée de la nuit pour un spectacle de feu et une soirée à l'ambiance particulièrement effrayante.

Pint of Science à Besançon en 2027 : parler sciences (facilement) avec des chercheurs dans des bars…

Du 10 au 12 mai 2027, le festival Pint of Science se tiendra à Besançon, comme dans 59 autres villes françaises. Pour cette 14e édition, l’événement invite le public à rencontrer des chercheurs dans les bars, afin de découvrir leurs travaux et d’échanger autour des sciences dans un cadre convivial.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Les données météo sont momentanément indisponibles.

Sondage