Loup : la hausse des tirs autorisés relance la controverse entre État et scientifiques

Publié le 14/01/2026 - 09:35
Mis à jour le 14/01/2026 - 10:45

Plusieurs organisations de protection de la nature réunies au sein du Groupe national Loup ont publié un communiqué mardi 13 janvier 2026 critiquant l’annonce du gouvernement visant à relever le plafond annuel de destruction des loups. Cette prise de position intervient alors que la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a évoqué, parmi d’autres mesures, une hausse du taux maximal de tirs autorisés contre l’espèce.

Photo d'illustration © Libre de droit/Pixabay
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  • Les signataires et membres du Groupe national Loup : Humanité et Biodiversité, France Nature Environnement (FNE), la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), l’ASPAS, FERUS et le WWF.

Les signataires rappellent que la réglementation européenne continue d’encadrer strictement les possibilités de destruction du loup, malgré l’évolution récente de son statut au sein de l’Union européenne. Selon leur analyse, ”le cadre juridique de possibilité de destructions de loups est très clair : malgré le changement de statut récent du loup par l'UE, les États membres doivent garantir que les tirs de loups soient rigoureusement compatibles avec le maintien de la population dans un état de conservation favorable. Toute proposition réglementaire nouvelle doit répondre à cette obligation.”

Ils estiment par ailleurs que cette exigence ne se limite pas à une appréciation nationale, mais doit également être examinée à des échelles plus fines. Le texte précise que ”cet état de conservation doit être apprécié au niveau national mais pas uniquement : il doit l'être aussi au niveau régional et au niveau local, comme le confirment les documents d'orientation de la Commission Européenne ainsi que la Cour de justice de l’Union européenne et récemment le Conseil d'État.”

Des données scientifiques mises en avant

Les organisations s’appuient aussi sur des travaux scientifiques récents. Elles citent notamment une étude menée par le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN), le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et l’Office français de la biodiversité (OFB), réalisée à la demande de l’État. Selon le texte, ”une étude récente menée par le MNHN, le CNRS et l'OFB à la demande de l’État conclut à un risque net de baisse de la population avec le taux annuel de destruction déjà existant (19 % de la population estimée).”

La même étude est invoquée pour alerter sur les effets d’un relèvement du plafond : ”elle souligne aussi qu'un taux de 21 % comme annoncé par la ministre générerait plus de 60 % de risques de faire baisser la population.” Les auteurs du communiqué ajoutent que cette évaluation ne prend pas en compte ”l'aveuglement de l'État sur les destructions illégales.”

Une efficacité contestée des tirs

Le document critique également l’idée selon laquelle l’augmentation des tirs permettrait de réduire durablement les attaques sur les troupeaux. Les organisations estiment que ”la destruction de loups n'a jamais empêché à elle seule la prédation” et rappellent que ”trois décennies de présence du loup ont montré que c'est la mise en œuvre effective des moyens de protection qui permet de prévenir le plus efficacement les dommages.”

Elles dénoncent ce qu’elles perçoivent comme une orientation politique de la gestion de l’espèce, estimant que ”le gouvernement choisit ainsi une gestion politicienne au détriment d'une espèce protégée, sans aucune garantie pour l’élevage.”

Évolution de la population et nouveaux territoires

Contrairement aux déclarations attribuées à la ministre de l’Agriculture, les associations affirment que la population de loups n’est pas en forte croissance. Elles écrivent que ”le loup ne se multiplie pas : au contraire, on constate une stabilisation de la population depuis 4 ans.”

Cette stabilité n’empêcherait toutefois pas une extension géographique de l’espèce. Le texte précise que ”des individus arrivent sur des territoires nouveaux, où les augmentations de dommages les plus importantes sont constatées car la majorité des élevages n'y sont pas encore protégés.” Pour les signataires, cela implique que ”la priorité doit être donnée à l'accompagnement des éleveurs sur ces secteurs pour prévenir les dommages.”

Un appel à revoir la décision

Dans leur conclusion, les organisations estiment que la politique annoncée pourrait entraîner un recul de la population de loups et appellent l’État à reconsidérer sa position. Elles jugent que ”il n'est pas admissible que le gouvernement choisisse délibérément de faire régresser la population de loups” et rappellent que le respect d’un état de conservation favorable demeure la condition encadrant toute autorisation de destruction.

Le texte se termine par un appel politique plus large, affirmant qu’”il est encore temps pour l’État de revenir sur cette annonce précipitée : le loup, pas plus que l’extension de l’usage des pesticides ou la construction de méga-bassines, ne doit être la variable d'ajustement de calculs politiques.”

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