"Les bondieuseries de la diablesse" ou l'autre regard sur des objets religieux...

Publié le 28/08/2014 - 10:10
Mis à jour le 28/08/2014 - 16:39

Vous en avez assez des crucifix sobres, tristes, courants… Ca tombe bien ! Puisque Dominique Froissart expose ses crucifix et autres objets religieux customisés à la boutique Body Factory du 6 septembre au 31 octobre 2014. Cette diablesse à la grande sensibilité et aux influences artistiques rock n’roll et « underground » proposent des objets religieux détournés où le Christ peut être remplacé par Barbie et où les croix firtent avec des plumes aguicheuses. Au diable le blasphème ! Cette artiste franc-comtoise depuis 1997 souhaite montrer sa façon d’aborder sa vision de la religion sans aucune provocation… Rencontre…

maCommune.info : Quel est le concept de votre exposition ? 

Dominique : "En effet, une expo est prévu chez Body Factory avec le vernissage le 6 septembre, je vais y exposer mes Bondieuseries, thème essentiellement autour des "Crucifix" avec quelques "Vierge". Si je dois parler de concept, je dirais, que je veux apporter un autre regard sur la religion et surtout dépoussiérer nos esprits en vivant aussi avec notre époque et notre rapport à la croyance et aux religions quelles qu'elles soient. Je me définie donc, comme habilleuse de Crucifix... "

mC : "Les bondieuseries de la diablesse"... La diablesse c'est vous ?

Dominique : "Les Bondieuseries de La Diablesse, c'est en effet moi 😉 Pourquoi ? Je suis passionnée par les lieux de cultes et ceci depuis mon enfance, j'ai reçu une éducation catholique, je suis allée dans des écoles privées, ma mère m'a imposé le catéchisme MAIS voilà on m'a imposé des choses sans même se soucier, finalement, de mes propres croyances...

Pourquoi la Diablesse ? Et bien, d'avoir été au contact de religieux et de personnes croyantes tout en voyant finalement soit leur interprétation de la Bible, soit de voir leur comportement "à gerber" certaines fois, de part leur attitude, leur action, leur mépris des autres et de la vie, leur critique, leur mode de vie... J'ai toujours trouvé cela assez drôle, car à mon sens, ce sont les personnes dites "croyantes" qui sont les moins tolérantes... Et puis, de vivre, dans une éducation catholique en voyant sous mon propre foyer des choses hallucinantes de bêtises humaines, de plaisir de la chair, de jalousie, d'insultes et autres mépris, j'ai trouvé cela assez Diabolique finalement et j'ai grandi, pas vraiment comme une petite fille "normale" dans une famille "normale" mais j'ai grandi dans Babylone, au contact d'esprits et de personnes mal-faisantes... Alors très naturellement, La Diablesse "Angélique" s'est imposé à moi et puis je peux signer mes oeuvres d'un "D" qui est aussi l'initiale de mon prénom ;)" 

mC : Comment vous est venue l'idée de customiser des "bondieuseries" ?

Dominique : "Alors, j'ai un rapport très particulier à la religion, en tout cas, j'ai certaines croyances, sur le monde et la création du monde, en revanche, je ne porte aucun intérêt à la Croix, je trouve même cela dommage d'être obligé de se recueillir devant une croix pour se trouver en connexion avec l'univers.

Je pense que Jesus Christ a été un grand prophète en son époque, qu'il a sans doute eu la grande "REVELATION", je pense que la Bible est un livre d'histoire et un mode d'emploi pour nous permettre à tous de trouver en nous une résonance avec l'au delà, de ce fait, pour moi le Crucifix, ne représente rien d'autre qu'un support artistique."

mC : Qu'utilisez-vous comme matériaux pour décorer vos bondieuseries ?

Dominique : "Déjà, j'essaie au maximum de travailler avec des objets de récupération, cela va avec mon mode de vie mais aussi avec mes petites finances. Du coup, mes "Crucifix" sont habillés de : strass, de perles, de plumes, d'objets détournés (jouets d'enfant, différents plastiques alimentaires, la nature...) et je travaille les bases soit avec de la bombe, soit avec de la peinture, soit au naturel..." 

mC : Où trouvez-vous les croix, jésus, crucifix et autres matériaux que vous utilisez ? 

Dominique : "Alors mon fournisseur officiel est essentiellement EMMAUS, j'ai aussi beaucoup acheté à l'EMMAUS de Quingey et suite  un superbe article dans l'Est Républicain que j'avais eu en 2012 pour ma toute première expo déjà chez Body Factory, beaucoup d'anonymes m'ont contactés afin de me DONNER des "Crucifix" et chacun de mes "Crucifix" ont une histoire et je sais exactement où, comment et dans quel état d'esprit j'ai pu les habiller." 

mC : Qu'est-ce que tu aimes et/ou n'aimes pas dans les bondieuseries au naturel ? 

Dominique : "J'adore l'art religieux, j'adore les lieux de culte, j'adore l'ambiance mystique qui s'en dégage, j'adore ce silence, j'aime l'idée que nous sommes une expérience sur Terre, que notre enveloppe corporelle est dissociable de notre esprit, que nous ne sommes pas là par hasard, que nous avons tous une mission sur Terre, que nous n'avons pas choisi nos corps par hasard, que nous sommes ici, sur Terre en enfer, qu'il y a une force au dessus de nous et qu'il faut envisager les choses différemment sur la création de l'univers. Je réactualise ce qu'était nos églises, car nos lieux de cultes étaient des lieux vivants, colorés, un exemple, je trouve qu'il n'y a rien de plus beau qu'une Mosquée par exemple, les temples bouddhistes sont des lieux magiques... MAIS ce que je n'aime pas, c'est la manière dont l'Homme a encore cloisonné ses croyances...

De ce fait, pour moi cela est comme une évidence que d'habiller mes "crucifix" et avoir comme support artistique mes "Crucifix" car je ressens pleinement ma création devant cet objet, alors que devant une toile blanche, un crayon et/ou pinceau à la main... je ne trouve pas l'inspiration ;)"

mC : Êtes-vous croyante en Dieu ?

Dominique : "Et bien, je vais répondre à cette question par le fait que je suis Chrétienne par éducation, agnostique par conviction et comme je le disais, pour moi, Jesus Christ ne représente rien d'autre qu'un sage de son époque."

mC : Ne redoutez-vous pas que vos œuvres d'art soient considérées comme blasphèmes par des religieux, pratiquants etc? Vous jouez un peu sur la provocation non ? 

Dominique : "Alors, je ne joue absolument pas sur la provocation, ceci est ma manière d'aborder MA vision de la religion. J'ai d'ailleurs été surprise des retours, positifs, je dirais, des personnes croyantes/pratiquantes qui on pu voir mon travail, car ils ont bien compris ma démarche artistique et même si certains de mes "crucifix" sont plus "provocateurs" la plupart, peuvent être accroché dans une habitation soit comme support de recueil soit comme pièce à part entière artistique. Que les choses soient claires, je veux faire partager mes créations autour des "Crucifix" et donner une vision différente du sacro-saint Jesus.

Chacun de mes états d'âmes sont représentés dans ma façon d'habiller mes "Crucifix" et je sais que cela peut déranger, pourtant n'y voyez rien d'outrageant, de dégradant ou d'irrespectueux... Et si certains y voient un Blasphème, j'en suis profondément désolée, pour eux, d'être étriquée et hermétique à l'Art et à l'intérêt qu'une artiste puisse avoir et apporter comme changement de mentalité sur la religion.

Au contraire, mes "crucifix" peuvent donner l'envie de découvrir et/ou redécouvrir, comme je le disais, la Religion, la Prière, de garder et/ou donner la foi d'une manière plus ludique, plus atypique, plus actuelle et surtout permettre de sortir de ce carcan, car la Religion à mon sens, emprisonne trop les gens et du coup, cela engendre tellement d'horreur au nom de quoi ? au nom de la Foi... J'aime me dire, qu'il faut vivre avec son époque, qu'il nous faut dépoussiérer nos esprits trop formatés..."

mC : Vous exposez à la boutique Body Factory. C'est un choix personnel ? Ce n'est pas un lieu auquel on pense pour exposer...

Dominique : "Pourquoi j'expose à la boutique Body Factory, car Franzz et Alix (propriétaires et gérants) on cru tout de suite à mon projet, ils ont aimé ce que je pouvais leur proposer, j'ai bien tenté d'exposer ailleurs mais on m'a souvent fermé la porte en me disant que mon travail était "sur-fait" et que le sujet avait été largement abordé, ou alors qu'on ne se sentait pas d'exposer mon oeuvre, par risque de représailles de l'Eglise catholique... Bref, des "galeristes" qui n'ont visiblement rien compris à ma démarche et/ou absolument pas entendu mon message... Du coup, pas évident pour une "locale" de ne pas trouver de soutien dans sa propre ville... et via des lieux décalés, underground comme Body Factory, je peux exprimer mon Art, et je remercie Franzz et Alix de croire en moi, ainsi que mon compagnon (qui a participé à la création de certains de mes "crucifix" qui me supporte dans mes délires artistiques et aussi mes petits (j'arrive à entrainer dans mon monde certains esprits ouverts en proposant aussi des ateliers) et je ne suis pas contre un partenariat avec d'autres artistes quelqu'ils soient (photographe, peintre, tatoueur, dessinateur, styliste...)":

mC : Un dernier mot ?

Dominique : "J'ai envie de conclure cet entretien en vous résumant tout ceci, par le fait que, mon intention n'est autre que de sublimer mes "crucifix" en les habillants et vous amener à apporter un autre regard sur cet objet désuet. Citation : "A la chose la plus hideuse mêlez une idée religieuse, elle deviendra Sainte et Pure. Attachez Dieu au gibet, vous avez la croix". Victor Hugo"

Les infos pratiques

  • Tarif expo : Gratuit et entrée libre
  • Tarif "Crucifix": de 50 €  à 1 000 €
  • Vernissage : le samedi 6 septembre 2014 à partir de 18h chez Body Factory - 85 rue Battant à BESANCON 25000
  • Heures d'ouverture : Les mardis et mercredis, la boutique ouvre à partir de 12h30 et les jeudis/vendredis/samedis la boutique ouvre à partir de 14h et fermeture tous les jours 19h
  • Durée de l'expo : de septembre à octobre 2014

Culture

Une expertise judiciaire conclut à l’authenticité d’un tableau inédit de Gustave Courbet

Refusé en 2023 par le Comité Courbet, Deux chevreuils au repos dans un paysage de neige, une œuvre datée de 1866 et redécouverte par le galeriste parisien Johann Naldi*, est aujourd’hui considérée comme authentique par un expert judiciaire, Gilles Perrault. Son rapport s’appuie notamment sur des analyses scientifiques, stylistiques, historiques et documentaires. Cette conclusion intervient dans le cadre d’une procédure judiciaire faisant suite à la vente du tableau aux enchères, en 2022, à Fontainebleau.

Le Nouveau Théâtre de Besançon ouvre sa saison et dévoile ses nouvelles créations

Portes ouvertes, lecture avec Véronique Ovaldé, répétitions publiques et nouvelles créations : le Nouveau Théâtre de Besançon lance sa saison 2026-2027 sous le signe de la rencontre et de la création. Dès le 19 septembre, le public est invité à découvrir les coulisses du théâtre, son nouveau programme et les artistes qui feront vivre la scène bisontine cette année, parmi lesquels Tommy Milliot, artiste directeur du NTB et Juliette Mouteau, artiste bisontine associée.

82e anniversaire de la Libération de Besançon : de la résistance à la bataille armée

En images • La ville de Besançon a été libérée de l’occupation nazie le 8 septembre 1944. Une cérémonie s’est tenue ce mardi en fin d’après-midi avec des véhicules militaires d’époque. Le tout était précédé d’une visite guidée au musée de la Résistance et de la Déportation à la Citadelle sur le thème "Résister, libérer et reconstruire la France".

" Bienvenue aux Étudiants " à l’Université Marie et Louis Pasteur : le programme complet en Franche-Comté

À partir du 10 septembre 2026, l’Université Marie et Louis Pasteur (UMLP) organise une nouvelle édition de son festival "Bienvenue aux Étudiants". Ce rendez-vous de rentrée doit permettre aux étudiantes et étudiants de découvrir leur environnement universitaire, de s’informer et de faciliter leur intégration.

Lumières d’Afrique fête ses 30 ans à Besançon : une édition anniversaire sous tension

Du 7 au 15 novembre 2026, le Festival international des cinémas d’Afrique de Besançon revient avec un 26e édition, après 4 ans d'absence. Plus de 40 films sont annoncés, avec une rétrospective, des compétitions, des avant-premières et des rendez-vous autour des cultures africaines. L’association organisatrice alerte toutefois sur la baisse des financements institutionnels.

" Du Mékong au Doubs " : l’itinéraire d’un moine judoka devenu père et réfugié raconté dans un livre

Dans Du Mékong au Doubs, Christophe Rattanamongkhoun retrace le parcours de ses parents, Simon et Eliane, du Laos à la France. Un récit familial construit à partir de souvenirs, de photographies, de documents et de traces conservées au fil des générations. L’ouvrage est paru le 5 août 2026.

Défilé, musique, musée de la Résistance… Le 8 septembre, la Ville de Besançon commémorera la Libération

Le 8 septembre 1944, après quatre années d’Occupation, Besançon était libérée. Chaque année, la Ville commémore cette date qui constitue un tournant majeur de l’histoire bisontine et rend hommage aux personnes ayant contribué à retrouver la Liberté. Cette année, la cérémonie se déroulera mardi 8 septembre, à partir de 19h, place du 8-Septembre. D'autres rendez-vous sont donnés à travers la ville.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi
 9.54
couvert
le 11/09 à 08h00
Vent
0.72 m/s
Pression
1021 hPa
Humidité
89 %

Sondage