Dans un communiqué publié le 17 mars, l’intersyndicale invite ”l’ensemble des citoyennes et citoyens à se mobiliser lors du second tour des élections municipales, quelles que soient les consignes nationales des différents partis”. L’objectif affiché : ”empêcher l’arrivée au pouvoir des forces d’extrême-droite et de droite radicalisées”. Le texte souligne que, dans plusieurs villes, ces forces politiques sont ”aujourd’hui en situation de conquête des municipalités” et portent ”une conception de la culture profondément éloignée des principes qui fondent le service public de la culture”.
Faire barrage à l’extrême-droite
L’intersyndicale appelle explicitement les électeurs à ”faire barrage au Rassemblement national, à ses alliés et à l’ensemble de ces forces qui portent un projet de repli, d’exclusion et d’atteinte aux libertés fondamentales”. Elle enjoint également les candidats à ”faire preuve de responsabilité en considérant que le barrage à la droite extrême est la seule priorité”.
Le communiqué rappelle les fondements historiques de la politique culturelle française, reposant sur ”un service public de la culture fondé sur la liberté de création, l’égalité d’accès aux œuvres et l’émancipation des individus”. Ce modèle, issu de la décentralisation culturelle, a permis selon les signataires de développer ”un réseau exceptionnel de lieux, d’équipes artistiques et de festivals au service de toutes et tous”.
Cependant, ce modèle est aujourd’hui ”fragilisé”. Les organisations pointent ”les coupes budgétaires qui se multiplient dans de nombreuses collectivités territoriales”, lesquelles ”menacent directement l’activité artistique, l’emploi et la diversité des œuvres”.
Des risques accrus en cas de victoire de l’extrême-droite
Dans ce contexte, l’intersyndicale estime que l’arrivée de certaines forces politiques à la tête des municipalités ”ferait peser un risque supplémentaire et majeur sur les artistes, les professionnels et les publics”. Elle évoque notamment, dans les territoires concernés, des ”atteintes à la liberté artistique”, des ”pressions idéologiques sur les programmations” ou encore une ”remise en cause de l’indépendance des équipes culturelles”.
Sont également mentionnées des ”attaques contre les politiques d’égalité, d’éducation artistique et d’ouverture à toutes les cultures”.
La culture, ”pilier de la démocratie”
Les signataires insistent sur le rôle fondamental de la culture, affirmant qu’”elle n’est pas un luxe ni un marqueur identitaire : elle est un pilier de la démocratie”. Elle constitue ”un espace de dialogue, de confrontation des idées, d’émancipation individuelle et collective” et ”contribue à faire société”.
Dans un contexte plus large de fragilisation des services publics santé, éducation, solidarité, culture, l’intersyndicale appelle à défendre ”le modèle républicain qui fonde notre pacte social : liberté, égalité, fraternité”.
Une mobilisation appelée à se poursuivre
Enfin, l’intersyndicale du spectacle vivant public affirme qu’elle ”restera pleinement mobilisée, aux côtés des artistes, des professionnels et des citoyennes et citoyens, pour défendre les valeurs démocratiques qui rendent possible un service public fort au bénéfice de toutes et tous”.
- Le communiqué est signé par plusieurs organisations du secteur, dont le Synavi, les Forces musicales, le SN3M-FO, le Syndeac, le SFA, Scène Ensemble, la CGT Spectacle, le SCC, le SYNPTAC, le SNAM et le SNMS.


