Pourquoi les agriculteurs manifestent…

Publié le 05/11/2014 - 09:14
Mis à jour le 05/11/2014 - 11:50

Les agriculteurs de la FNSEA, avec les Jeunes Agriculteurs et les Chambres d’agriculture, se mobilisent mercredi pour exprimer à nouveau leur lassitude, dans un climat explosif ravivé par le débat autour du barrage de Sivens. En Franche-Comté, trois actions sont menées sur Besançon Chateaufarine  à 10h, à Vesoul avec un convoi de tracteurs à partir de 10h15 et à Dole également dans la matinée.

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Manifestation à Dole, contrôle des origines au Géant Chateaufarine à Besançon et un convoi de tracteurs à Vesoul vers la place Renet avant un rassemblement devant la Direction départementale des Territoires avec dépôt de fumier, les agriculteurs francs-comtois ont décidé de se mobiliser. "L’action sera à la hauteur de notre colère, donc très grande et très massive. Gardez l'œil ouvert et l'oreille attentive" préviennent-ils.

Les raisons de la colère  : huit revendications

Dès la rentrée, le monde agricole n'a pas caché sa colère. Embargo russe sur les produits alimentaires, effondrement des cours des céréales, revenus en berne et élargissement de la directive nitrates : manque de compétitivité et empilement de contraintes rendent le travail des exploitants "impossible", explique Guy Vasseur, président des Chambres d'agriculture. En France, l'exaspération est allée jusqu'à l'incendie fin septembre d'un centre des impôts et de la Mutualité agricole à Morlaix, dans le Finistère.

"Ce que nous ressentons, c'est autant une crise morale qu'économique", appuie Xavier Beulin, président de la FNSEA. Dépassée par sa base, la FNSEA a depuis tenté de reprendre l'initiative, multipliant les rendez-vous jusqu'à Matignon, et portant huit revendications. Depuis, au moins deux d'entre elles sont tombées. Le gouvernement a enterré sine die l'écotaxe et le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, a procédé au versement par anticipation de 3,4 milliards d'euros d'aides de la Politique agricole commune (PAC).

Craintes de débordements

Mais il reste au moins deux points de rupture : la FNSEA et son allié Jeunes Agriculteurs ne veulent pas du "zonage directive nitrates tel qu'il est annoncé", et ils demandent par ailleurs aux collectivités et à l'État de montrer l'exemple en confectionnant en restauration collective au moins deux plats sur trois à partir de produits français.

La dernière réglementation sur les nitrates (dérivés des engrais azotés) a fait basculer près de 4.000 communes et 63.000 exploitations dans l'illégalité et leur impose des investissements parfois coûteux pour limiter la pollution des eaux. Si dans le Doubs, seules 10 communes sont concernées dans le secteur de Montbéliard et le Lomont ((30 à 40 exploitants concernés), dans d'autres départements, c'est quasiment la totalité des communes qui sont impactées.

Les Chambres d'agriculture se sont, elles, greffées aux actions pour dénoncer la ponction par l'État de 60 millions sur leur budget (700 millions). Mercredi, elles seront "portes fermées" et n'assureront que les urgences. "Dans les milieux agricoles, tout est explosif. Et là, il y a la dégradation des marchés, les règlements où la France en ajoute par rapport à Bruxelles et la goutte d'eau de l'élargissement de la directive nitrates", explique Guy Vasseur.

Nature

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